Cinq ans !

Filed Under (Carnet de bord) by Jean-Philippe on 30-09-2006

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Ça paraissait encore l’été… un beau grand ciel bleu semblait me souhaiter la bienvenue à Montréal. C’était il y a déjà cinq ans, c’était le 30 septembre 2001.

De cette journée inoubliable, je me souviens d’à peu près tous les détails. Du passage aux douanes, puis aux services d’immigration du Canada et du Québec, de mon arrivée sur le Plateau-Mont-Royal, de la découverte des gens qui allaient devenir mes colocataires durant un mois, des rires que j’ai pu avoir avec eux… mais aussi de la fatigue qui se fît assez vite ressentir.


C’était mon immigration… une immigration sans douleur, sans véritable obstacle et surtout sans aucun regret.

Voilà que cinq années se sont déjà passées. C’est vraiment impressionnant comment tout passe et s’enchaîne si rapidement ! Je ne vois plus le temps passer… l’automne arrive et je m’apprête déjà à vivre mon sixième hiver au Québec !

D’ailleurs, en parlant de saisons, je reste ébloui par les métamorphoses du paysage, qu’il soit naturel ou urbain. Cela est fascinant ! Il y quelques semaines, le thermomètre dépassait les 30°C, et d’ici quelques autres, c’est plutôt les -30°C que nous allons connaître (en tous cas, je le souhaite !).

Et durant ces métamorphoses, j’ai l’impression de changer d’endroit, de changer de ville… hier les festivals s’enchaînaient dans les rues de Montréal, aujourd’hui l’odeur des feuilles mortes embaume la ville entière, demain le silence des tempêtes de neige recouvrira la métropole. J’aime ces changements, j’aime le début de l’automne, j’adore l’hiver sec et froid, j’aime le printemps et le début de l’été… j’aime beaucoup moins cette chaleur humide parfois épouvantable des étés du Sud du Québec !


Je n’ai pas de bilan à vous livrer ici. Je n’aime pas trop parler de moi et je pense que l’heure n’est plus à faire des bilans. Tout ce que je peux dire, c’est que je me sens ici chez moi plus que jamais, et que même si le pays parfait n’existe pas sur cette terre, je me sens bien et épanouis dans cette ville que j’aime !

J’aime ma vie ici, j’aime mes amis, j’aime mon travail… j’aime le calme du Québec et des Québécois. J’aime cette sérénité communicative et cette atmosphère pacifique.

Et si c’était à refaire ? Je le referais sans hésiter une seule seconde !

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Hommage à un génie de l’écriture !

Filed Under (Culturel, France, Hommage) by Jean-Philippe on 28-09-2006

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Lancé sur les routes de la banlieue parisienne au volant de son Aston-Martin, l’écrivain Roger Nimier se tua peu avant d’atteindre ses 37 ans. C’était le 28 septembre 1962, près de Garches.

Roger Nimier (de son vrai nom Roger de la Perrière) est, avec Antoine Blondin, l’écrivain qui m’influença le plus. Il m’ouvrit tout un espace de réflexion, voire même une certaine philosophie de vie, dont je ne soupçonnais pas vraiment l’existence.


Roger Nimier, Antoine Blondin, Michel Audiard, et bien d’autres encore, furent à l’origine du réveil de ma conscience d’anarchiste de droite.

Après de études brillantes (il fut lauréat du concours général de philosophie), il s’engage en 1945 au 2e régiment de hussards. Il est publié pour la première fois en 1948, avec les Épées ; deux années plus tard, ce sont le Hussard bleu, Perfide et le Grand d’Espagne.

La gauche littéraire qualifia la bande à Nimier d’un terme qui restera : les Hussards (inspiré de son deuxième ouvrage). Loin de se sentir insultés, ils reprirent à leur compte l’expression. Avec Blondin et Nimier, Marcel Aymé, Jean Giono, Louis-Ferdinand Céline, Blaise Cendars, Jacques Laurent et Paul Léautaud grossirent les rangs.

De leur lutte contre l’autoritarisme littéraire influencé par Sartre, se créa les fameuses éditions de la Table Ronde (toujours en activité). La Table Ronde fût la première a éditer des auteurs “bannis” par les intellectuels de gauche de l’après-guerre.

Nimier, véritable dandy de la littérature des années 50, apportera un vent de fraîcheur et d’anticonformisme dans une France sclérosé par le communisme et le gaullisme. Et même s’il disparu trop jeune, Nimier laissera quelques excellents ouvrages derrière lui, ainsi que des centaines d’articles et de critiques artistiques.

Roger Nimier participa également à l’écriture du scénario de l’extraordinaire film de Louis Malle : “Ascenseur pour l’échafaud”. Son nom est également associé à un prix littéraire français depuis 1963.

Son complice de toujours, Antoine Blondin, lui fit découvrir deux nobles sports : le cyclisme et le rugby, ainsi que de nombreux bars parisiens. Antoine fût inconsolable lors de la disparition de son ami et lui consacrera un livre émouvant et drôle, “Monsieur Jadis ou l’école du soir.”

[...]« il fallait toujours laisser les bornes derrière soi - non pas pour mesurer le chemin parcouru, mais pour imaginer celui qu’on aurait pu suivre. » (in Histoire d’un amour)


Pour découvrir Roger Nimier :

- Les Épées, roman, Gallimard, 30 août 1948, 213 pages.

- Perfide, roman, Gallimard, février 1950, 221 pages.

- Le Grand d’Espagne, La Table ronde, 24 mars 1950, 240 pages.

- Le Hussard bleu, roman, Gallimard, 28 septembre 1950, 334 pages.

- Amour et Néant, Gallimard coll. Les Essais, XLIX, 31 août 1951, 194 pages.
- Les Enfants tristes, roman, Gallimard, 2 novembre 1951, 331 pages.

- Histoire d’un amour, roman, Gallimard, octobre 1953, 277 pages.

- D’Artagnan amoureux ou Cinq ans avant, Gallimard, hors série, 26 octobre 1962, 283 pages.

- Journées de lectures, préface de Marcel Jouhandeau, Gallimard, février 1965, 274 pages.
- L’Étrangère, préface de Paul Morand, Gallimard, 28 mars 1968, 219 pages.

- L’Élève d’Aristote, éd. établie, introduite et annotée par Marc Dambre, Gallimard, 15 décembre 1981, 285 pages.

- Variétés, L’air du temps (1945-1962), Arléa, 1999, textes choisis par Marc Dambre, 275 pages.

Ainsi que :

- “Au galop des Hussards”, de Fallois, écrit par Christian Millau, 1999, 379 pages.

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Les deux épaissitudes

Filed Under (Canada, Humeur, Québec) by Jean-Philippe on 24-09-2006

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L’encre de Jan Wong est à peine sèche, que la gouverneure générale du Canada se lance dans l’arène de la polémique et s’en prend au manque d’ouverture du peuple québécois sur le reste du Canada. C’est certain que cette intervention va aider à sa cause !

La représentante de la reine Elizabeth II au Canada n’y va pas par quatre chemins : “les Québécois sont tournés vers l’Europe et le reste du monde au détriment du Canada anglais.”

Déjà, le discours fédéraliste change. Alors que l’on reproche d’habitude le manque d’ouverture du peuple québécois, ici, la gouverneure générale reproche sa trop grande ouverture sur le monde ! On aura tout vu !

Le Canada ne s’intéresse à nous que lors des référendum, pour nous dire à quel point ils nous aiment. Mais c’est ensuite pour mieux se foutre de nous en refusant de nous considérer comme une nation, en refusant de considérer notre société comme étant distincte, en refusant de corriger le déséquilibre fiscal, sans parler de l’impasse constitutionnelle dans laquelle le Canada nous a mis sciemment !


Après tout ça, sa majesté Michaël Jean nous reproche de regarder ailleurs, alors que tout a été fait pour que nous détournions le regard du reste du Canada !

Michaël Jean souhaite biser les deux solitudes… mais avec de tels propos, quelques jours après le flots de conneries écrites par Jan Wong, on se trouve en face de deux grandes épaissitudes !

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Quand on touche le fond : TVA et la récupération d’un drame

Filed Under (Humeur, Médias, Québec) by Jean-Philippe on 24-09-2006

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Alors qu’il y a encore des blessés en soins intensifs depuis la fusillade du 13 septembre dernier, alors que le corps de Anastasia de Sousa vient à peine d’être mis en terre cette semaine que TVA n’a pas trouvé meilleur moment pour rebondir sur l’affaire Dawson, en diffusant une entrevue avec la mère de Marc Lépine.

Ne pouvaient-ils pas attendre le mois de décembre ? Ou un autre moment plus approprié ? Non ! Onze jours seulement après la fusillade du collège Dawson, TVA a décidé de parler d’un des événements les plus dramatiques de l’histoire du Québec : la tuerie de l’école Polytechnique qui, je le rappelle, à fait 14 morts, 14 jeunes femmes a qui Marc Lépine a enlevé la vie, le 6 décembre 1989.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, peut-être que certains d’entre-vous ne serons pas aussi choqués que moi, mais je considère qu’il y a de l’abus dans cette histoire ! Je n’ai rien contre Monique Lépine, mais je m’en sacre que “La fusillade au collège Dawson [ait] remué de douloureux souvenirs pour la mère de Marc Lépine” (sic ! Le site de TVA).


L’émission est diffusée ce dimanche, à 22h.

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Avant-goût de saison

Filed Under (Canada, Hockey) by Jean-Philippe on 23-09-2006

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Alors que la pré-saison de hockey bat son plein, voici une publicité hilarante mettant en scène un gardien du Canadien de Montréal, faisant la chasse aux “Maple Leafs”, littéralement “feuilles d’érable”, mais surtout connu pour être le nom de l’équipe de hockey de Toronto.

Désolé c’est en anglais, mais je pense que c’est assez compréhensible pour tout le monde.

Pour les néophytes, Mats Sundin est un attaquant de l’équipe des Maple Leafs.

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Sacré Antoine !

Filed Under (Culturel, France, Hommage) by Jean-Philippe on 23-09-2006

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« Une nuit, dans une boîte, on me pousse vers la table de Sartre. Je trouve un monsieur très gentil qui me dit une phrase insignifiante, et… je lui réponds en lui envoyant une paire de gifles »

Le flâneur de la rive gauche, Antoine Blondin en entrevue avec Pierre Assouline


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L’affaire Wong, vu par Pierre Tessier

Filed Under (Canada, Humeur, Québec) by Jean-Philippe on 23-09-2006

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Pierre Tessier, un blogueur Québécois, donne son avis sur la grosse affaire de la semaine :

« Arrêtons de blâmer les Jan Wong et autres éditorialistes-provocateurs. Et pourquoi pas tous ces autres gens du domaine public, communicateurs, artistes qui font partie de notre paysage pour qu’on les regarde, qu’on les écoute ou qu’on les lise.

Comprenons une fois pour toutes que leur raison d’être est justement de vendre du journal et de la cote d’écoute. Une bonne façon de faire cela est certes d’attirer l’attention. Et faire de la provoc’ est certainement un moyen sûr, en particulier si on froisse des sensibilités ethniques, religieuses ou sexuelles.

Ces gens-là, on les paie pour ça. On les lit et les écoute. On les valorise à dire des niaiseries.

Ne soyons pas surpris quand une niaiserie est un peu plus niaiseuse que les autres.

Surtout si elle soulève une belle tornade de publicité. »

- Voir sur son blog : pierretessier.com

Je partage assez son point de vue… On le sait, la provocation est un gagne-pain pour bien du monde. La seule différence, c’est qu’ils sont d’habitude clairement identifiés : Gilles Proulx, Jean-François (Jeff) Fillion, le “Doc” Mailloux…

Dans le cas de Jan Wong, même si elle est peu connue au Québec (jusqu’à maintenant), nous n’avions pas l’habitude de classer le Globe and Mail dans la catégorie des médias polémistes. Comme quoi tout change.

Comme je l’ai dit à l’antenne de Fréquence Caribou vendredi, toute opinion peut être exprimée, selon moi en tous cas. Là où le bas blesse, c’est dans l’attitude désinvolte du Globe and Mail, qui, sans le dire franchement, cautionne les âneries de Jan Wong. Là c’est plus grave.

Maintenant, même s’il fallait donner notre point de vue, cette affaire prend une ampleur qui dépasse le raisonnable. Jan Wong ne mérite pas une telle publicité.

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