mar 14
2007Nous l’avons vu ces derniers jours, la campagne opposant le PLQ, le PQ et l’ADQ ne permet pas de dégager de vainqueur, ni même de perdants. Les sondages montrent des tendances, comme j’ai eu l’occasion d’en parler lundi dernier, mais les lignes ont tendance à toutes se rapprocher… À l’heure actuelle, il est impossible de pouvoir prédire ce qu’il va se passer.
C’est aussi pour cela que le “Débat des chefs” revêtait une importance toute particulière. Les trois chefs de partis se devaient de sortir du lot pour espérer prendre de l’avance.

C’est Mario Dumont, le chef de l’ADQ, qui ouvrit le débat… Son discours d’introduction fût remarquable ! Incisif, s’adressant directement à la caméra, il connaissait son discours par-cœur et n’a jamais eu recours à ses notes. À la fin, il interpella directement Jean Charest en le pointant même du doigt, en lui disant qu’il n’avait pas tenu ses promesses… Très habile, sachant que Jean Charest ne pouvait pas répondre. Mario Dumont a marqué de précieux points à ce moment-là.
Malgré tout, je sentais un certain trac, tout comme chez André Boisclair et Jean Charest qui a même bafouillé à deux reprises au moins. Mais à mesure que l’émission avançait, les chefs furent moins tendus.
Jean Charest
Le premier ministre sortant fût d’un calme désarmant… même peut-être un peu trop, à en croire certains commentateurs. Je dois dire, en mettant de côté le volet idéologique, que Jean Charest m’a toujours impressionné lors des joutes électorales. Malgré la pression qui pesait sur ses épaules, malgré le fait qu’il allait être LA cible durant ce débat, Jean Charest a toujours su rester maître de ses émotions et adopta une posture de chef d’état : au-dessus de la mêlée et des querelles partisane. Pourquoi pas !
Le seul moment où Jean Charest était sur le bord de perdre son calme, c’est lorsque Mario Dumont a sorti la note de service du ministère des Transports datant de 2004, dans laquelle on semblait s’inquiéter de la vétusté du viaduc de la Concorde à Laval. Il y avait des éclairs dans ses yeux, mais il ne s’est pas laisser démonter, en répondant assez bien à l’attaque du candidat adéquiste.
Qu’on le veuille ou non, Jean Charest impose le respect et un certain charisme. L’air de rien, cela s’est vu dans l’attitude d’André Boisclair. Alors que le chef péquiste s’entêtait à interrompre sans arrêt Mario Dumont, il fût beaucoup plus respectueux lorsqu’il dialoguait avec le premier ministre. Et les rares fois où André Boisclair tenta d’appliquer la même stratégie avec Jean Charest, le chef du PLQ le remis à sa place, lui répliquant même de manière cinglante : “Arrêtez d’interrompre tout le monde. C’est quoi votre problème ?”.
Jean Charest eu tout le loisir de parler de son bilan et de son programme de façon très habile. C’était celui qui avait le plus à perdre dans ce débat, il s’en est très bien sorti, sans toutefois beaucoup d’étincelles.
André Boisclair
André Boisclair devait absolument relancer sa campagne. Ses débuts à la tête du Parti Québécois furent catastrophiques et reste malmené dans les sondages. Il se devait de regrouper l’électorat souverainiste autour de sa personne afin de conserver un espoir de remporter l’élection.
André Boisclair fût bon. Il montra à tous qu’il connaissait les dossiers, en égrainant des chiffres précis à chacune de ses interventions. De plus, il démontra aussi qu’il maîtrisait les programmes de ses adversaires. André Boisclair fût, en ce sens, efficace.
Mais… Voulant peut-être trop en faire, André Boisclair fût vraiment très agaçant. Tel le petit caniche sans tête qui jappe pour japper, André Boisclair harcela ses adversaires, mais comme je l’expliquais plus haut, surtout Mario Dumont, empêchant ce dernier de s’exprimer et empêchant même parfois André Boisclair d’écouter les réponses à ses propres questions. Ce fût par moment assez pathétiques et les commentaires sont sans appels : cela a énervé les autres chefs de partis et également les spectateurs. Trop, c’est comme pas assez.
Mario Dumont
Comme on l’a vu, il a été excellent dans son introduction, mais également à deux ou trois reprises. Malgré tout, on a senti une nouvelle fois son amateurisme. Certes, l’arrogance de André Boisclair ne l’aida pas beaucoup, mais j’ai bien peur qui soit venu à ce débat comme à celui en 2003, “les mains dans les poches”.
Le “coup” de la soirée fût la présentation de la note de service du ministère des transports. Malgré tout ce que l’on peut entendre à ce sujet, ce fût un coup superbe ! N’importe quel candidat en possession d’un tel document à sa place aurait fait pareil, Jean Lapierre le premier qui a admis qu’une occasion pareille ne se rate pas.
Loin des indignations forcées qui sont de mises dans ce genre de circonstances, l’électeur moyen aura sans doute été touché par la prestation de Mario Dumot, même si le reste du débat ne fût pas vraiment extraordinaire en ce qui le concerne.
En conclusion
Jean Charest a été le meilleur et mérite la note de B+
André Boisclair démontra qu’il été bien en vie, mais son arrogance ne jouera pas en sa faveur : B-
Mario Dumont marquera des points chez la classe moyenne, mais n’est pas parvenu à démontrer qu’il pouvait gouverner : B- également