Harper et la culture, la réalité des chiffres

Filed Under (Actualité, Canada, Culturel, Désinformation, Québec) by Jean-Philippe on 26-09-2008

Tagged Under : , , , , , , ,

Peu avant le déclenchement des élections, Stephen Harper a promis la suppression de treize programmes de subventions culturelles, totalisant quelques 45 millions de dollars. Parmi les groupes qui ont été touchés par ces réductions, on retrouve l’Institut national de l’image et du son (INIS), qui perd une subvention de 900,000 dollars, sur un budget totalisant quatre millions.

Ces coupures ont provoqué un certain émoi au sein de la communauté artistique et dans les partis d’opposition. Malgré tout, qu’en est-il réellement de la politique culturelle des Conservateurs ? Ont-il la volonté de s’en prendre à la création artistique, comme l’annoncent le Bloc Québécois, le NPD et les Libéraux ? Voyons donc d’un peu plus près, les décisions budgétaires prisent par le gouvernement Harper, depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006 :

- Hausse de 30 millions de dollars du budget du Conseil des Arts du Canada

Le Conseil des Arts verse des fonds directement aux artistes, hors de toute influence partisane. En effet, ce sont des comités d’évaluation formés d’artistes, qui sont chargés de sélectionner les projets qui recevront l’aide fédérale. Cette augmentation de 30 millions, porte le budget total du Conseil des Arts à 180 millions de dollars par année.

D’ailleurs, la première phrase du communiqué du Conseil des Arts annonçant la nouvelle, ne laisse aucune place à l’ambiguïté : “Le Conseil des Arts du Canada qualifie de merveilleuse la nouvelle du gouvernement fédéral selon laquelle l’augmentation budgétaire de 30 millions de dollars, accordée pour 2007-2008 et annoncée dans le budget fédéral en mai 2006, serait maintenue.” (source : Conseil des Arts du Canada).

Est-ce que le syndicat des pleureuses du Club Soda en a fait mention ? Absolument pas ! Pourtant, en 2007, le Conseil des Arts a remis aux artistes la somme la plus importante en cinquante ans d’existence ! Pas mal pour un gouvernement qui veut la peau de la culture !

- Hausse de 133 millions de dollars du budget alloué à Radio-Canada

On le sait, les Conservateurs ne sont pas les plus grands défenseurs de la société publique Radio-Canada. Pourtant, le gouvernement Harper prévoit de verser 1.1 milliards de dollars à la SRC, soit une augmentation de 133 millions par-rapport au budget accordé par les Libéraux en 2005-2006.

Radio-Canada, par ses multiples productions de télé-séries, films, émissions… contribue grandement à la culture québécoise et au maintient de plusieurs milliers d’emplois, que cela soit pour les comédiens, techniciens, journalistes, musiciens… 12% d’augmentation pour la SRC, c’est plutôt pas mal pour un gouvernement qui souhaite plonger le Canada dans l’obscurantisme !

- Hausse de 18 millions de la subvention accordée au Centre national des arts

Le gouvernement Harper a augmenté l’aide accordée au Centre national des arts, en portant la subvention versée à 49 millions de dollars (31 millions accordés précédemment). Cette hausse permettra la mise en chantier d’un important projet de rénovation.
Malgré cette aide, le directeur artistique du théâtre français du CNÀ, Wajdi Mouawad, n’a pas hésité à accuser Harper de mépriser l’art… avec près de 60% d’augmentation à la subvention accordée au Centre national des arts, permettez-moi de dire que ce monsieur Wajdi Mouawad ne manque pas de toupet ! Rappelons, juste en passant, que cet argent vient directement de NOS poches et sert aussi à payer son salaire.

- Hausse de 20 millions en trois ans du Fonds canadien de télévision

Le Fonds canadien de télévision, qui finance de nombreux projets québécois, a vu l’aide gouvernementale passer de 100 à 120 millions de dollars en trois ans. Vingt millions de plus pour des productions qui se vendent parfois aux quatre coins du monde, c’est une attaque flagrante contre la culture !

- Investissement de 25 millions supplémentaires pour le réseau TV5

Le gouvernement conservateur à décidé d’investir 25 millions supplémentaires pour le réseau de télévision francophone TV5. Le réseau Québec-Canada de TV5 recevra 10 millions, quand aux 15 millions restant, ils iront dans le contenu québécois et canadien du réseau TV5 Monde (source : Showbizz.net).

Grâce à cette aide, les artistes et productions québécoises seront encore plus présents à l’antenne et ce, dans plusieurs dizaines de pays à travers le monde. C’est une vitrine de choix pour favoriser l’exportation de nos productions culturelles. Preuve, encore une fois, que le gouvernement Harper souhaite freiner le rayonnement de notre culture à l’étranger.

- Hausse de 9 millions du budget du Musée des Beaux-Arts du Canada

Le Musée des Beaux-Arts recevra quelques 53 millions de dollars cette année, soit une augmentation de 9 millions par-rapport au financement accordé précédemment par les Libéraux. On imagine que ces 9 millions supplémentaires sont destinés à asphyxier l’art et à maintenir les Canadiens dans l’ignorance.

Bullshit artistico-politique

Les conservateurs ont augmenté le budget consacré à la culture

Si l’on se borne à ne compter que ces augmentations, on arrive à un total substantiel de 235 millions de dollars qui sont injectés en plus, dans le milieu culturel canadien. Pour un gouvernement qui veut “tuer” la culture, comme l’annonce le NPD, avouons tout de même que c’est un joli pactole ! Et même si l’on soustrait les 45 millions de coupures, l’augmentation des subventions en faveur de la culture atteint encore 190 millions de dollars.

Est-ce que les artistes qui bénéficieront de ces aides ont remercié le gouvernement, ou même se sont réjouis de l’effort engagé ? Non ! Pour être franc, ils n’en n’ont même pas parlé un seul instant.

Comment donc ne pas voir ici une manœuvre purement partisane ? Comment donc ne pas y voir une réaction purement corporatiste ? Évidemment, les gens de l’INIS ne sont pas ravis, et je peux sincèrement les comprendre, mais est-ce que cela justifie qu’une partie de la communauté artistique, ne puisse éprouver aucune gêne à dire que Harper souhaite la mort de la culture au Canada, alors que près de 200 millions supplémentaires vont servir à favoriser leur milieu ?

Qu’un groupe de pression se forme pour que le gouvernement reconsidère sa décision, cela paraît tout à fait normal, tout comme des syndicats se mobilisent lorsque une entreprise se voit retiré des aides gouvernementales, cela fait partie du débat. Mais ici, c’est une attaque en règle, une véritable campagne haineuse reposant sur un énorme mensonge par omission : les artistes se limitant à parler des compressions budgétaires, sans jamais évoquer les aides supplémentaires engagées pour la culture.

De plus, lorsque le directeur artistique de la troupe Cavalia, Normand Latourelle, annonce que l’abolition de ces aides et une “excellente idée”, je cite, et “que la majorité des programmes visés par les coupures sont désuets, difficiles d’accès, compliqués à administrer et mal adaptés à la réalité de la culture d’aujourd’hui” (source : Vigile.net via Le Devoir), on peut se demander si, effectivement, le gouvernement Harper n’a pas eu raison de vouloir modifier (et non pas supprimer) la destination des aides à la culture.

Car le débat est là. On peut en effet débattre de la manière dont seront utilisées ces aides, mais de prétendre que les subventions sont supprimées purement et simplement, relève de la mauvaise foi la plus crasse. Du combat idéologique sous sa forme la plus primaire, bref, cela devient franchement anti-démocratique.

Mensonges et partisanerie de la part de certains artistes

Quelques artistes influents agissent ici comme le ferait un parti politique. Ce n’est pas pour rien que je les qualifie de “syndicat des pleureuses du Club Soda”. Ils se rassemblent, font campagne, scandant des slogans, produisant une vidéo de propagande, agissant auprès des médias… la seule chose qu’ils ne font pas, c’est de présenter des candidats. Du coup, plusieurs d’entre-eux appellent à voter pour le Bloc, comme par hasard menacé dans ses terres depuis 2006 par… les Conservateurs. Avouez que ça adonne plutôt bien, n’est-ce pas ?

Les coupures budgétaires, du coup, sont apparues comme du pain-béni pour la gauche-souverainiste, qui s’est précipité dessus comme la misère sur le pauvre monde, faisant mousser la nouvelle qui, finalement, est une pure fabrication idéologique.

Du coup, le programme de l’opposition devient très simple : “Pour faire barrage à Harper, voter pour moi !”. Tout un programme ! Les publicités, que cela soit du Bloc, du NPD ou du PLC, se bornent uniquement à “contrer Harper”. Le fond, le vrai débat, tout ça est passé à la trappe. Mais cela n’empêchera pas Gilles Duceppe, sans rire, de se plaindre sur le plateau de “Tout le monde en parle”, des campagnes négatives des Conservateurs ! … Après tout, quitte à se foutre du monde, autant y aller carrément !

Articles relatifs

De la “supériorité morale” d’une certaine intelligentsia artistique

Filed Under (Actualité, Canada, Culturel, Médias, Québec) by Jean-Philippe on 25-09-2008

Tagged Under : , , , ,

Pierre Duhamel, de l’Actualité, résume assez magnifiquement ce que je pense de cette campagne hargneuse d’une certaine intelligentsia bien pensante :

(…) il y a deux choses qui m’énervent dans cette salve de critiques entendues sur toutes les tribunes. D’abord, il y a cette espèce de supériorité morale dont ils se drapent quand ils se prononcent sur toutes les questions politiques, sociales, environnementales ou culturelles. Certains sont devenus des experts universels et infaillibles. Je ne leur accorde pas cette distinction.

Source : L’Actualité

Le summum aura été la dernière émission de Guy A. Lepage. Même si j’apprécie l’individu et l’émission, nous avons tout de même eu droit à deux heures d’info-pub en faveur du Bloc Québécois et du syndicat des artistes. Même si Stephen Harper se présente à l’émission un jour, ça m’étonnerait que l’on y invite que des sympathisants conservateurs et que l’on passe deux heures à critiquer l’opposition à Ottawa ! Cela ressemblera plus au guet-apens tendu à Mario Dumont, lors de la dernière campagne provinciale.

De plus, l’attitude de Gilles Duceppe atteint des sommets dans le domaine de l’hypocrisie. En effet, ce même Gilles Duceppe, qui se plaint des coupures du gouvernement fédéral dans le domaine de la culture, s’est opposé à l’aide financière du gouvernement du Canada pour les fêtes du 400e anniversaire de la ville de Québec. Faudrait savoir Gilles, tu en veux ou tu n’en veux pas de subventions ?

Parlons maintenant de la lettre ouverte d’Andrée Champagne. Andrée Champagne est sénatrice, mais elle a été aussi comédienne, elle a siégé au conseil d’administration de l’Institut québécois du cinéma et a été vice-présidente et secrétaire générale de l’Union des artistes ! Autant dire qu’elle sait de quoi elle parle…

(…) depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Stephen Harper a augmenté de 20 % les sommes accordées par le régime libéral aux organismes qui œuvrent dans les différents domaines culturels. Cette année, Radio-Canada a reçu 133 millions de plus que sous le gouvernement précédent; son budget est maintenant de 1,1 milliard de dollars.

(…) Parce qu’il tient à ce que l’argent des contribuables soit dépensé à bon escient, de temps à autre, un gouvernement responsable revoit ses différents programmes dans tous les ministères. Il vérifie les coûts encourus pour leur administration, s’assure de leur cohérence et, si nécessaire, prend les décisions qui s’imposent. Oui, certains programmes prendront fin le 1er avril 2009; d’autres, mieux adaptés aux besoins, verront sûrement le jour.

Évidemment, Andrée Champagne ne fait pas partie de l’intelligentsia autorisée à s’exprimer au nom de la culture. Donc, j’imagine déjà qu’on lui trouvera des défauts, comme ses opinions politiques, pour ne pas prendre en compte ce qu’elle avance. Chose, évidemment, que l’on ne fera jamais vis-à-vis des pleureuses du Club Soda… et l’on revient à la citation de Duhamel concernant la supériorité morale de certains individus par-rapport à d’autres.

Articles relatifs

NOTRE culture, c’est de NOS affaires !

Filed Under (Actualité, Canada, Culturel, Politique, Québec) by Jean-Philippe on 19-09-2008

Tagged Under : , , , , ,

Suite aux coupures du gouvernement fédéral dans la culture, le débat pourtant ravivé lors du gala des Gémeaux, s’était subitement essoufflé, faute de soutien populaire. En effet, les Québécois n’ont pas du tout suivi la fronde lancée par les artistes à l’endroit d’Ottawa. Or, suite à une sortie, plutôt maladroite il faut bien le dire, de la ministre Josée Verner, puis suite également, à la diffusion sur YouTube d’un sketch de la part de quelques artistes, il semblerait que le sujet revienne à l’ordre du jour (voir les commentaires sur le blogue de Dominic Arpin, par exemple).

Coupures dans la culture

Au moment de l’annonce des coupures, sur le coup, je pensais à une grossière erreur du gouvernement Harper. La culture, grande fierté de notre nation, peut difficilement survivre dans un marché aussi petit que celui du Québec. Coupures que je voyais au départ comme néfastes et, surtout, kamikazes de la part de Stephen Harper, à la veille du déclenchement des élections. Ce fût donc là ma réaction “à chaud”.

Cependant, en y réfléchissant un peu plus, j’y est vu une véritable aubaine, mais également un symbole !

Que l’on soit souverainiste ou fédéraliste, et comme l’avait proclamé Robert Bourassa, premier ministre libéral le 22 juin 1990, suite à l’échec de l’accord du lac Meech : “le Québec est aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre, capable d’assumer son destin et son développement !”.

Car on le sait, et la vidéo des artistes en colère illustre justement bien le problème, notre culture est différente de celle du Canada anglais. Notre histoire, nos racines, nos chanteurs, nos cinéastes, nos écrivains, nos metteurs en scène… sont bien différents de ce que l’on trouve de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Ce ne sont tout simplement pas les mêmes ! Alors pourquoi devrions-nous remettre dans les mains du gouvernement fédéral du Canada, le destin de notre culture, alors qu’il y a entre-nous autant de différences et d’incompréhensions ?

Pourquoi devrions-nous dépendre d’un système, alors que nous multiplions les efforts pour assumer, nous-même, notre destin dans bien des domaines ? Il y a quelque chose qui m’échappe dans les revendications des artistes, surtout qu’il est de notoriété publique d’être très majoritairement indépendantistes ! Je trouve d’ailleurs cela très ironique de voir autant de souverainistes, louanger les aides canadiennes en faveur de la culture. Personnellement, ça me mets mal à l’aise.

Reprenons donc l’initiative ! Il s’agit là, d’une excellente occasion pour nous, de reprendre en main notre culture, qui est notre richesse, en l’assumant et en l’aidant par nous-mêmes !

Bien-sûr, cela va sans dire, cela devra se conjuguer avec une autre action, celle de résoudre totalement le déséquilibre fiscal. Mais dans les deux cas, c’est au gouvernement du Québec de se réveiller et de montrer qu’il accepte d’agir comme le gouvernement d’une véritable nation ! Et non pas se plaire dans le rôle de “province comme les autres”.

On en veut de l’autonomie ? Prenons-en !

[Mise à jour - 17h30]

Parfois, un dessin vient à point pour expliquer un propos. Il se trouve que Ygreck, dessinateur pour le Journal de Québec, vient de publier une illustration qui va assez bien avec le sens (d’une partie) de mon billet… Je vous laisse juger par vous-même.

Source : Ygreck.ca

Articles relatifs

Zone-Critique : le retour !

Filed Under (Culturel, Québec, Site à voir) by Jean-Philippe on 14-09-2008

Tagged Under : , , ,

Après des mois (oui, oui, des mois) d’essais-erreurs, de gossage, de tests de thèmes Wordpress et autres, je suis (enfin !) arrivé à bout de cette troisième version de Zone-Critique ! Et je peux vous dire que ça n’a pas été facile, car jusqu’à assez récemment, je n’étais pas du tout convaincu du résultat.

Mais voilà que je suis tombé sur un thème Wordpress parfait pour ce que je comptais faire : un blogue qui ne ressemble pas trop à un blogue, un web-magazine qui ne ressemble pas trop à un web-magazine… quelque-chose situé entre les deux, agréable à regarder, clair et qui demande un minimum de travail de gestion.

Zone-Critique

Certes, après les déboires que j’ai eu avec la Centrale Internet, qui a “perdu” une grande partie de mes 200 articles et brèves, ne vous attendez donc pas à y trouver l’ensemble des publications des anciennes versions. Dans le fond, c’est une excellente façon de repartir sur de bonnes bases. Faut voir le bon côté des choses.

Évidemment, entre la Grenouille Givrée, LNHabs et maintenant, Zone-Critique, je ne sais pas trop si je vais pouvoir maintenir un rythme égal de publication sur les trois sites… je me fais peut-être (certainement), des idées.

En tous cas, je vous invite à découvrir Zone-Critique v3.0 et d’y laisser vos commentaires et suggestions. Je vous invite aussi à regarder et à écouter la fabuleuse musique de Ian Kelly, un chanteur-compositeur montréalais, sur la vidéo disponible en haut à droite. Il a un talent incroyable et l’ensemble de son album mérite son achat !

Articles relatifs

WarGames 2 : The Dead Code

Filed Under (Culturel) by Jean-Philippe on 29-07-2008

Tagged Under : , , , , , , , , ,

Ceux de ma génération se souviennent certainement du film “WarGames”. Non pas qu’il faille le considérer comme un chef-d’œuvre du cinéma, mais plutôt qu’il s’est rapidement installé au rang de “référence” incontournable, pour tout “nerd” qui se respecte. N’oublions pas, enfin, que ce film fût un gros succès au box-office, cinquième meilleures entrées en salle en 1983, année où la compétition fût rude avec des films tels que “Le retour du Jedi” et “Flashdance”.

WarGames : l’original

“WarGames”, c’est aussi le film qui fît connaître Matthew Broderick. Le film qui lancera véritablement sa carrière et qui lui “collera” durant de nombreuses années

Nous sommes en pleine guerre froide. Les Soviétiques ont envahis l’Afghanistan quatre ans plus tôt, l’OTAN et le Pacte de Varsovie déploient leurs missiles en Europe et chacune des deux superpuissances s’efforce à maintenir ce que l’on a qualifié “d’équilibre de la terreur”.

D’un même temps, l’informatique domestique fait son apparition. Les ordinateurs sont alors très dispendieux, mais ils deviennent un peu plus raisonnables dans leurs tailles. Les mythes circulent alors de plus belle : l’ordinateur simplifiera nos vies, ils travailleront presque à notre place et quelques autres choses dans le même genre.

À l’heure donc où le “facteur humain” est destiné à être éclipsé par l’informatique, le haut-commandement de la défense de l’Amérique du Nord (NORAD), décide de remplacer son personnel à la mise à feu des missiles à têtes nucléaires, dans leurs différents silos, par des ordinateurs. C’est en tous cas, la situation de départ imaginée dans le film de John Badham.

Un super-ordinateur, du nom de WOPR, sera chargé de centraliser les ordres de lancement, tout en simulant toutes les situations possibles de scénarios de troisième guerre mondiale, afin d’établir un plan de riposte adéquat, en cas d’agression armée de la part des forces du Pacte de Varsovie.

Pendant ce temps, un adolescent facétieux, pour qui les systèmes informatiques n’ont pas beaucoup de secrets, tente de pirater le serveur d’une compagnie de jeux. Cependant, croyant avoir réussit à pénétrer le serveur, il se connecte, sans le savoir, au WOPR et effectue une simulation de “Guerre thermonucléaire globale” avec lui, croyant qu’il s’agissait d’un simple jeu.

Cette intrusion occasionne une véritable panique au NORAD, qui ignore qu’une telle simulation est générée par WOPR. Voilà en gros l’histoire de ce premier opus.

Bien entendu, l’on pourrait discuter longuement du réalisme de “WarGames”. Cependant, l’ayant visionné une nouvelle fois il y a quelques jours, je trouve qu’il a très bien vieillit. Certes, les disquettes 5”1/4 (voire même peut-être 8”), la voix nasillarde du synthétiseur vocal de l’ordinateur de l’adolescent, l’interface uniquement en mode texte des ordinateurs, sont autant de signes révélateurs qui trahissent l’âge de “WarGames” (et le mien par la même occasion)… mais le scénario, globalement, se tient.

On sent qu’il y a eu un véritable effort pour ce film, dans son budget et dans sa recherche de références crédibles. Par exemple, la défense étasunienne disposait d’un ordinateur, baptisé BURGR (WOPR dans le film, évoque le nom d’un hamburger à la mode chez Burger-King). L’ordinateur utilisé par Matthew Broderick est un IMSAI 8080, couplé avec un écran 12” et des systèmes de sauvegarde fonctionnant effectivement à l’époque. Le système de classification du risque “DEFCON” de la défense étasunienne, existe dans la réalité, il est d’ailleurs toujours en vigueur. Pour la petite histoire, l’état DEFCON 2 fût atteint durant la crise des missiles soviétiques à Cuba et, plus récemment, DEFCON 3 fût atteint le 11 septembre 2001.

N’oublions pas également, la gigantesque salle de commandement de NORAD, imaginée par les concepteurs (n’ayant pu pénétrer dans la véritable salle pour s’en inspirer), fût le décor le plus onéreux à l’époque (un million de dollars).

Mais voilà que pour fêter les 25 ans de la sortie du film, les studios de la MGM décidèrent de produire, non pas une suite en tant que tel, mais un film entant censé s’inspirer de l’original.

WarGames 2 : la (très) pâle copie

Dans “WarGames : The dead code”, les terroristes ont remplacé l’armée rouge, les missiles de croisière ont remplacé les missiles balistiques, les gaz toxiques et bactériologiques ont pris la place des têtes nucléaires. Évidemment, en un quart de siècle, le monde a changé et cela méritait une petite “mise à jour”, mais encore faut-il que le scénario tienne la route !

Car même si “WarGames” dans sa version originale n’était pas sans reproche, l’intrigue était bonne, le scénario accrocheur et il était assez facile de se laisser emporté par l’histoire. Dans “WarGames 2″, nous avons droit à une accumulation d’incohérences, de fourre-tout pseudo-technologique… bref, le scénario a été clairement écrit par des incultes en matière d’informatique et de nouvelles technologies, qui s’en font une idée superficielle et très simpliste.

L’intérêt du film ? Il n’y en a peu, à part peut-être le fait de retrouver quelques acteurs canadiens et québécois (Colm Feore, Maxim Roy, Claudia Ferri) et de voir la ville de Montréal, qui a servit de lieu de tournage pour une grande partie du film. À part ça, n’attendez rien de “WarGames : The dead code”.

C’est un film assez ridicule, au moins autant que la “salle de commandement” du film, qui est censé être le cœur du système de défense, mais qui ressemble plus à une salle de conférence situé dans un demi sous-sol de banlieue. Il est clair que la MGM n’a pas misé beaucoup sur ce film.

Enfin, il y a les références ridicules, voire même pathétiques en ce qui concerne le film de Stanley Kubrick “2001 : L’odyssée de l’espace”, alors que l’ordinateur tente de lire sur les lèvres des personnages afin d’apprendre ce qu’ils disent de lui, vague référence également à “l’œil” rouge de HAL, que l’on retrouve sur l’ordinateur RIPLEY.

Il y a aussi deux références assez évidentes au film original. Tout d’abord le professeur Falken qui est de retour, mais a perdu en cours de route sa crédibilité, ainsi qu’une référence à la “Guerre thermonucléaire globale” qui n’échappera pas au connaisseur.

Ce n’est peut-être pas le pire film de “série B” qui existe, loin s’en faut, mais il ne mérite vraiment pas de pouvoir être comparé au film de John Badham. Un simple divertissement, sans plus, digne des soirées cinéma de TQS.

Le film est disponible uniquement en sortie DVD depuis aujourd’hui et, chose assez curieuse, s’est retrouvée sur les réseaux de téléchargement P2P depuis plus d’un mois… y compris en version française. Il y a eu comme une fuite quelque part…

Pour en savoir plus :

Articles relatifs

Cruising Bar 2 sur Facebook

Filed Under (Culturel, Internet) by Jean-Philippe on 13-06-2008

Tagged Under : , , , , ,

Presque vingt ans après la sortie du premier film, voici que l’on commence à entendre parler d’un des événements les plus attendus au Québec : l’arrivée de “Cruising Bar 2″ sur nos écrans le 27 juin prochain.

J’avais adoré le jeu de Michel Côté, que je considère comme l’un des meilleurs acteurs québécois, qui avait su interpréter avec brio, quatre personnages si différents dans leur pathétisme. Souvenez-vous du “Paon”, du “Lion”, du “Ver de terre” et du “Taureau”… et bien les revoilà en grande forme pour de nouvelles aventures !

Pour ceux qui ne connaissent pas “Cruising Bar”, il s’agit d’une comédie mettant en scène Serge un timide intellectuel (le ver de terre), Patrice un drogué survolté (le lion), Jean-Jacques un riche snob (le paon) et Gérard un homme marié aux tendances très kitsch (le taureau), qui sortent, chaque samedi soir, afin de faire de nouvelles conquêtes féminines.

Maintenant, savez-vous que vous pouvez devenir amis avec les personnages du film ? Si cela vous intéresse, et si vous êtes un usager de Facebook, allez retrouver Patrice Lelion, Serge Le Verdeterre, Gérard Le Taureau ainsi que Jean-Jacques Le Paon.

Et pour vous mettre en appétit, voici la bande-annonce du film…

Source via le groupe Facebook : Cruising Bar 2

Articles relatifs

Indiana Jones IV : le film de trop !

Filed Under (Culturel) by Jean-Philippe on 08-06-2008

Tagged Under : , , ,

Si l’on donne un nom particulier à une suite de trois films, c’est, dans le fond, peut-être afin de prévenir leur auteur que la limite est atteinte, qu’il n’est pas nécessaire de poursuivre et que l’on a fait le tour du sujet. En y pensant bien, la “trilogie” des Indiana Jones était bien comme elle était. Trois bons films divertissants, tous axés sur le combat du bien contre le mal, de la liberté contre les prétendants à la domination incarnés par les forces nazies… c’était clair, drôle et bien conçu.

Mais après avoir regardé le quatrième opus “Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal”, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir perdu mon temps. Et dire que j’aime le genre, que j’ai adoré les premiers films mettant en scène l’aventurier-professeur d’archéologie… pour ce qui est du crâne de cristal, cela ressemble à une véritable farce !

Évidemment, il y a les effets-spéciaux… l’atomisation du faux-village dans le désert du Nevada, ainsi que la scène de fin sont de belles réalisations techniques. Mais si l’on met cela de côté, le film reste d’un vide absolu. Une histoire sans queue ni tête nous amenant bien au-delà du film fantastique, mais en pleine science-fiction ! Et franchement, même si j’adore la science-fiction, je n’avais pas vraiment envie de la retrouver dans un Indiana Jones !

Bref, après tant d’années à patienter, voici donc un film a jeter à la corbeille. Dommage…

Articles relatifs

Page 1 de 512345»