juil 08
2008Comme c’est étrange…
Filed Under (Actualité, Canada, Désinformation, Géopolitique, Médias) by Jean-Philippe on 08-07-2008
Tagged Under : Armes de destruction massives, Désinformation, Irak, Médias, Nucléaire, Presse
Quelques 550 tonnes d’uranium concentré, sont arrivés hier au port de Montréal. Cet uranium sera destiné à alimenter les centrales nucléaires ontariennes après traitement par la société Cameco, qui a pris possession de ce stock pour plusieurs millions de dollars.
C’est une transaction on ne peut plus courante, lorsqu’un pays dispose d’un programme nucléaire civil. L’uranium ne poussant pas sur les arbres.
Là où cela devient très étrange, c’est que cet uranium provient d’Irak. Plus exactement du stock du programme nucléaire irakien de Saddam Hussein.
Vous ne trouvez pas ça étrange vous ?… Allons ! Réfléchissez !
Parce qu’en tant que personne bien informée, j’ai bien lu ma propagande… heu… mes journaux d’information, tels que La Presse, Libération, Le Monde, nommez-les ! Et qu’ils m’ont toujours bien dit que les États-Unis (ces sales vilains pas beaux), avaient inventé de toutes pièces, la fameuse argumentation des “armes de destruction massives”. Il y a même eu des livres là-dessus : “les armes de destruction massives n’ont jamais existé, c’est une invention du Pentagone afin de fournir un prétexte à Washington d’envahir l’Irak”.
D’accord, mais alors, comment se fait-il que 550 tonnes d’uranium arrivent à Montréal depuis l’Irak ? Parce qu’entre-nous, avec 550 tonnes d’uranium et une technologie suffisamment avancée, tu peux en faire des ogives nucléaires !

Certes, l’Irak en avait encore pour quelques années avant de maîtriser la technologie. Mais ça ne vous aurez pas dérangé vous, d’attendre qu’ils soient bien prêts eux-autres ? Déjà que le brave Saddam, ce pauvre martyr, avait fait gazer environ 400,000 Kurdes lorsqu’il était au pouvoir (c’est un peu plus que la population d’une ville comme Laval au grand complet), preuve, s’il en est, que le pauvre petit Saddam aimait déjà s’amuser avec son petit nécessaire de chimiste… qu’aurait-il fait avec des engins nucléaires, aussi peu avancés technologiquement soient-ils ? Vous pensez quoi ? Que le jour où il aurait atteint son but, c’est-à-dire de concevoir un arme nucléaire, il se serait dit : “ok ! C’est beau ! On arrête ça là et on va jouer aux dés !”. Vous auriez fait le pari ?
Car outre le fait d’avoir tué 400,000 Kurdes, Saddam a aussi plongé son pays dans dix années de guerre contre son voisin, envahit le Koweït en 1991, envoyé des missiles sur Israël… franchement, je ne vois pas ce que les États-Unis avaient à lui reprocher à ce petit gars là !
En attendant, le Canada réceptionne les reliques des armes de destruction massives irakiennes qui n’ont jamais existées.
Pour en savoir plus :
- 550 tonnes d’uranium irakien dans le port de Montréal (La Presse, Montréal)
- AP Exclusive: US removes uranium from Iraq (Seattlepi.com)
Oui la désinformation est partout, et surtout le manque d’information et les amalgames, surtout lorsqu’il s’agit de technologies complexes.
Le Traité de Non Prolifération autorise tous les pays signataires (dont l’Irak) à développer des programmes nucléaires *civils*, qui n’utilisent pas du tout les mêmes matériaux ni les mêmes technologies que les programmes militaires (qui ont pour but de fabriquer des bombes).
Ainsi, détenir de l’uranium naturel comme celui qui a été revendu là, n’est en aucun cas en infraction avec le TNP (sa non déclaration par contre l’est, je n’ai pas vérifié si l’Irak avait ou non déclaré ce stock à l’époque).
Pour construire des armes de destruction massive il faut maitriser trois technologies essentielles : la production de matériel fissile concentré (et ça se fait à partir de l’uranium naturel utilisé dans les programmes civils, différentes méthodes existent), la maitrise de dispositifs de mise à feu, et enfin le développement de missiles ballistiques longue portée.
Les commissions de contrôle menées par Hans Blix sous l’égide de l’ONU ont conclu qu’aucune de ces trois technologies n’étaient en développement en Irak en 2002/2003. Les américains ont prétendu le contraire, sans preuve.
Et on attend effectivement toujours les preuves.
L’information est utile à la réflexion.
Une petite recherche et l’historique du stock se trouve ici :
“Known Iraqi uranium holdings have been accounted for by the Coalition and the IAEA. In June 2004, a joint IAEA and Coalition team verified the inventory of Iraqi uranium compounds—an inventory comprising both imported material and that indigenously produced prior to 1991 (see figure 4).
* During the 1970s and early 1980s, Iraq bought uranium in various forms from the international market. These materials included about 486 tons of yellowcake, 33,470 kg of “natural” uranium dioxide, 1,767 kg of “low-enriched” uranium dioxide (2.6 percent 235U), and 6,005 kg of “depleted” uranium dioxide from Portugal, Italy, Niger, and Brazil.
Prior to 1991, Iraq also acquired highly enriched uranium for its research reactors from France and Russia—material that was removed from Iraq following the 1991 Gulf war. Following the Husayn Kamil defection in 1995, Iraq admitted that in 1991 it had intended to use this highly enriched fuel as part of a “crash program” to develop a nuclear weapon (see Table 1). (ed note: the difference in tonnage is accounted for in Iraq’s pre 1991 domestic production facilities — see link).”
L’entorse clairement constatée aux règles de l’AIEA en 1991 a conduit à la guerre du golfe 1.
Depuis, rien n’a été trouvé en Irak qui justifiait la 2e guerre, en ce qui concerne les “armes de destruction massive” argument inlassablement répété par l’administration Bush.
Bref, ce stock est clean et bien inventorié depuis les années 1980.
Pourtant, que cela soit les renseignements français ou étasuniens, il a bien été expliqué qu’il existait un programme nucléaire militaire en Irak. Certes, je suis d”accord sur ce point, ils en n’étaient qu’à leurs débuts et ne maîtrisaient pas la technologie…
Mais… comme je le disais plus haut, ça ne t’aurais pas dérangé, toi, d’attendre tranquillement qu’ils se préparent à la maîtriser cette technologie ?
Surtout qu’il y avait des informations selon lesquelles des physiciens russes, sans emploi ou mal payés après la chute de la CEI, étaient tentés par l’argent de Saddam afin de rejoindre les labos de recherche nucléaire… encore une fois, te sentais-tu à l’aise avec ce risque ?
De plus, je ne parle même pas de missile balistique ici. Nous savons, toi et moi, que pour fabriquer un engin nucléaire, l’usage du missile balistique n’est pas obligatoire… l’on parle ici du véhicule et dans ce domaine, le “véhicule” peut aussi bien être une mallette déposée dans une consigne d’un aéroport, qu’une bombe larguée d’un aéronef, qu’un missile de croisière ou même d’un modèle modifié de Scud… le missile balistique n’est que la “Rolls” en matière d’arme nucléaire.
Mais ne te méprend pas, j’étais contre la deuxième intervention en Irak. En tout cas, elle a eu lieue de manière hâtive. Mais même là, je trouve aussi la position inverse un peu simpliste… Saddam, celui qui a lancé son pays dans dix ans de guerre faisant un million de victime, celui qui a tué 400,000 Kurdes… et qui avait pour objectif de fabriquer une bombe nucléaire, même s’il en était encore loin, attendre d’être aux portes d’un nouveau risque nucléaire, je ne pense pas que cela aurait été la solution.
Tu as raison, Jean-Philippe. Il était important que l’on attaque l’Irak parce qu’elle aurait pu nous attaquer dans quelques décennies. Si ce conflit avait conduit à la mutilation, la mort et l’exode de plusieurs milliers de personnes (majoritairement civiles), ton argumentation paraîtrait tout à fait odieuse et issue d’un être dont l’idéologie rend hermétique à la moindre compassion, mais ce n’est heureusement pas le cas.
Je le répète Ian, j’étais contre cette intervention… j’étais, une fois n’est pas coutume, assez d’accord avec la position française…
… par contre, l’exode, la mutilation, la mort de centaines de milliers de personnes a déjà eu lieu en Irak, sans même que Saddam eu besoin de la bombe A :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dictature_de_Saddam_Hussein#Le_massacre_des_Kurdes
Dans le fond, si je t’ai bien compris, nous n’avions qu’à continuer de fermer les yeux et de ce dire : “Bah ! Il peut bien faire ce qu’il veut avec ses Kurdes le Saddam !… S’il a envie de continuer, c’est son droit !”
Juste pour rappel, le simple fait que les États-Unis interdirent le survol du nord de l’Irak par des avions militaires irakiens juste après la guerre de Golfe en 1992 a permis aux Kurdes de ne pratiquement plus subir d’attaques. Tout cela par la faute de ces salops de ricains !
Bref, même en ayant été opposé à l’intervention, je pense que maintenant que cela a été fait, il faut tout de même pas ce dire que c’était mieux sous Saddam !
Je suis heureux que tu aies été contre l’intervention en Irak. En revanche, le fait que tu déduise l’existence d’armes de destruction massive de la simple présence d’uranium dans ce pays me semble un peu léger du point de vue logique.
Je te remercie de m’avoir appris le massacre des Kurdes, je devais être le seul Français à ne pas en avoir connaissance. J’aimerais toutefois que tu m’expliques en quoi le gazage des Kurdes justifie le bombardement de civils irakiens. Pour moi, ces morts ont tendance à s’additionner plutôt qu’à se soustraire, mais à chacun son arithmétique.
Par ailleurs, non tu n’as pas bien compris. Je n’ai jamais dit que Saddam pouvait faire ce qu’il voulait de ses Kurdes, ou alors, cite-moi le passage, ça m’intéresse. Il ne me semble pas non plus que les États-Unis aient mis spécialement en avant le problème Kurde pour justifier leur intervention, mais qu’ils ont plutôt parlé d’armes de destruction massive que l’on n’a toujours pas trouvées (ah, si pardon, l’uranium).
D’après ce que tu me dis toi-même, envahir l’Irak pour aider les Kurdes aurait été inutile puisqu’ils ne subissaient pratiquement plus d’attaque grâce au survol des avions américains. Je tiens d’ailleurs à préciser que l’expression “salops de ricains” est la tienne. Je n’ai absolument aucune animosité envers ce peuple.
Enfin je n’ai jamais dit que c’était mieux sous Saddam. Le point central de mon intervention était qu’on ne peut pas justifier de tuer réellement des gens sous prétexte que ces gens auraient pu peut-être nous tuer. Tu sembles curieusement l’avoir manqué.
J’aimerais, à ton tour, que tu m’expliques pourquoi l’occupation de la France entre 1940 et 1944 justifie que les alliés bombardent les civils durant l’invasion de juin 1944.
Ce qui est “amusant”, c’est que l’on nous dit que c’est scandaleux que l’on intervienne pas au Darfour, au Timor, au Tibet (tant qu’à y être)… mais faudrait savoir, car lorsque l’occident intervient, c’est pas correct ! Bref, on fait rien, c’est un scandale, on fait quelque chose, c’est un scandale !
Pas “spécialement”, mais cela faisait effectivement partie de l’argumentaire étasunien. Tout comme la stabilité de la région (référence à l’invasion du Koweït).
Si je parle de “salauds de ricains”, c’est pas forcément par-rapport à ton discours, mais par-rapport au discours ambiant.
@ Oizodefeu
Pour revenir à l’uranium versus armes de destruction massives, il faut aussi revenir aux bases :
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Osirak
De plus, après avoir discuté avec quelqu’un qui s’y connaît pas mal mieux que toi et moi en nucléaire, il m’a affirmé qu’il n’est pas forcément nécessaire d’enrichir l’uranium pour faire une bombe. Il aurait pu créer des bombes “sales” et même en mettre dans de vulgaires obus, avec une portée de plusieurs dizaines de kilomètres. Un canon de 280 mm par exemple, avec une portée d’une trentaine de kilomètres. Il y a eu d’ailleurs de nombreux tests de ce genre effectués dans les années 60.
Saddam travaillait d’ailleurs sur le projet Babylon, un canon qui était capable de satelliser l’obus et donc, de l’envoyer à de bien plus grandes distances.
Source : http://html2.free.fr/canons/saddam.htm
Maintenant, sur les armes de destruction massives inexistantes…
1. Saddam a utilisé des gaz létaux contre sa propre population, en tuant des centaines de milliers de personnes (est-ce assez “massif” pour toi ?)
2. Le texte que j’ai cité plus haut, montre bien que Saddam souhaitait développer sa propre bombe A.
3. Saddam empêchait régulièrement les inspecteurs des Nations Unies de visiter les sites incriminés… ce qui fût une des multiples causes de l’invasion.
4. La Russie et la France étaient impliquées dans des trafiques en tous genres et parfois très douteux avec l’Irak Source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/actualite/nouvelles/200505/31/001-Irak-petrole-nourriture.shtml (voir les pages suivantes, en particulier sur Charles Pasqua).
Bref, des armes de destruction massives, s’il n’en avait pas, il en a eu (cf le gaz létal)… et qu’il faisait tout pour en avoir de nouveau.
Évidemment que Saddam avait tout cet uranium dans le but d’en faire un potage aux patates, palourdes et uranium et le distribuer à sa population affamée.
Je crois aussi que le fou en Iran tente d’enrichir de l’uranium dans le but de la filer et en faire un excellent cotton d’uranium ou, bien sûr, comme le gobbe la gauche, uniquement pour faire du combustible atomique pour des centrales nucléaires et fournir sa population en énergie. (En passant, est-ce que le fou Iraninen, lui, a des problèmes avec les environnementalistes pour mettre en place sa centrale nucléaire???)
Moi aussi je m’achète un peu d’uranium des fois le vendredi soir et je le fûme! Alors il me vient tout plein d’idées excentriques. Des fois je plane et j’attéris à côté des leaders du Hamas, et je me mets à les écouter et ma foi, je comprend tout. On dirait que tout devient logique dans ma tête. Je comprend pourquoi ils sont des terroristes et alors nous faisons la paix et plus de problèmes!
En passant, du C4 n’est pas une arme en soi. ajoutez-lui un détonateur et là c’est plus pareil. Il en demeure que je me watcherais pas mal si je rencontrait un type qui s’amuse à faire de la plasticine avec du C4. Et vous autres?
Le billet dit ce qu’il dit. Que Saddam avait de l’uranium. On le savait peut-être, mais selon moi ça étaye pas mal la croyance qu’il aurait eu des ADM. C’est facile une fois qu’on a été voir sur place et qu’on a consulté les factures sans rien trouver de juger les intentions. Mais si Saddam était encore à la tête de l’Irak, peut-être qu’on aurait déja reçu une bombe atomique sur New-York. Et là, la gauche aurait chialé que personne n’avait pris de précautions.
Et le pire dans tout ça c’est le gros con de Greenpiss qui chiale que les canadiens ont pas été informés que Cameco a impliqué les canadiens dans la guerre d’Irak en achetant cet uranium…
En parlant de 2eme guerre, Ian, à l’entendre, il aurait fait comme les autres: signer le traité de Munich en ce disant que ce brave moustachu n’allait pas leur faire de mal.
T’aurais fait quoi toi Ian? Car à part l’opposition systématique, j’ose espérer que si tu t’exprimes avec tant de virulence et de moquerie (voir ton premier message), c’est que tu avais la solution en 2003 au problème irakien?
Nous t’écoutons donc.
Jean-Philippe,
J’aimerais, à ton tour, que tu m’expliques pourquoi l’occupation de la France entre 1940 et 1944 justifie que les alliés bombardent les civils durant l’invasion de juin 1944.
J’aimerais plutôt que toi tu m’expliques pourquoi tu fais un parallèle avec la Deuxième Guerre Mondiale, alors que ce conflit a très peu de points communs avec la guerre en Irak. Pour commencer, les alliés essayaient de libérer la France qui avait été envahie par l’Allemagne, alors que ce sont les Américains qui ont envahi l’Irak. Ceci dit, je ne justifierai pas non plus ces bombardements.
Je ne suis pas assez calé pour réagir sur le Darfour, le Timor ou le Tibet, mais j’imagine que l’intervention dans ces régions pourrait prendre une autre forme que le largage d’objets explosifs et douloureux sur la tête de petit civils.
Concernant la stabilité de la région, on ne peut que féliciter les États-Unis. L’Irak n’a jamais été aussi calme depuis leur intervention. Je me demande même si je ne vais pas y partir en vacances cet été.
1. Saddam a utilisé des gaz létaux contre sa propre population, en tuant des centaines de milliers de personnes (est-ce assez “massif” pour toi ?)
Et moi qui pensait que la majorité de la population américaine avait soutenu la guerre en Irak de peur que les armes de destructions massives tombent sur LEUR gueule. Honte à moi.
2. Le texte que j’ai cité plus haut, montre bien que Saddam souhaitait développer sa propre bombe A.
Le souhait peut-être, mais on a trouvé aucune preuve que c’était en cours. Par contre, les morts en Irak sont bien réels.
3. Saddam empêchait régulièrement les inspecteurs des Nations Unies de visiter les sites incriminés… ce qui fût une des multiples causes de l’invasion.
Un autre causes étant par exemple l’usage de documents falsifiés concernant les armes de destruction massive.
4. La Russie et la France étaient impliquées dans des trafiques en tous genre avec l’Irak Source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/actualite/nouvelles/200505/31/001-Irak-petrole-nourriture.shtml (voir les pages suivantes, en particulier sur Charles Pasqua).
Peut-être, mais ça ne prouve pas la présence d’armes de destructions massives en Irak.
Bref, des armes de destruction massives, s’il n’en avait pas, il en a eu (cf le gaz létal)… et qu’il faisait tout pour en avoir de nouveau.
Mais on en a toujours pas trouvé alors que c’était l’argument principal pour aller faire la guerre en Irak.
Mortimer,
Comme je le dis à Jean-Philippe, c’est un peu hors-sujet. Mais je comprends l’envie de faire dévier la conversation quand on est à cours d’arguments sur le sujet en cours.
Un autre grand classique de rhétorique : “propose une solution ou ferme ta gueule”.
Le problème à l’époque était que l’administration Bush souhaitait faire la guerre à L’Irak sous le prétexte qu’il y avait des armes de destructions massives alors qu’il n’y en avait pas. alors comme solution, euh… ne pas déclarer la guerre, par exemple ?
Que cela soit sur LEUR gueule ou sur une autre, le problème reste le même. Quelqu’un qui a des armes qui ont tué 400,000 civils irakiens, tu qualifierais ça comment ? Est-ce que, qualifier des armes chimiques qui ont fait 400,000 morts d’armes de “destruction massives” est un terme exagéré ?
Car les 400,000 morts, ils sont bel et bien là. Ce ne sont ni des “documents falsifiés”, ni même des “suppositions”.
Alors, si un armement chimique, capable de faire des centaines de milliers de victimes ne peut être considéré comme tel, à partir de combien de morts, donc, pouvons-nous parler d’armes de destruction massives ? 500,000 ? Un million ? Rappelle-moi donc cette règle que je semble ignorer ?
Alors on peut bien partir dans des explications interminables, mais les faits sont là : Saddam a massivement tué son peuple (je parlais des Kurdes, mais les Chiites ne sont pas en reste non plus). Alors me dire, maintenant, que les ADM sont une vue de l’esprit, j’avoue que je trouve ça… ordinaire.
“Désolé amis Kurdes, désolé amis Chiites, il n’y a eu aucune perte massive chez vous… circulez maintenant !”
Un ami de l’AFP, qui en est à son 6 ou 7e séjour en Irak, m’a dit que la situation s’était grandement amélioré en Irak. D’ailleurs, je t’invite à lire ce sondage : http://www.abcnews.go.com/images/PollingUnit/1060a1IraqWhereThingsStand.pdf
En bref, en août 2007, 61% des Irakiens considéraient que la sécurité se détériorait. Aujourd’hui, seulement 26% des Irakiens ont cette opinion. Et je te laisse regarder ce que pensent les Irakiens de la présence étasunienne… une majorité d’Irakiens sont d’accord avec la présence US… sans doute un autre document falsifié.
“Mais je comprends l’envie de faire dévier la conversation quand on est à cours d’arguments sur le sujet en cours.”
C’est vrai que tes “arguments” sont convaincants! Un demi million de mort n’étant pas une preuve suffisemment évidente d’arme de destruction massive à tes yeux, tu répètes que des ADM, y’en avait pas! Point final. Débat clos.
En attendant le gochiste, si jamais tu te trouvais dans un pays comme l’Irak et que le dictateur en place tuait ne serait-ce que quelques milliers de personnes, tu serais le premier à geindre pour souhaiter une intervention extérieure! Qu’est-ce que t’en pense le twit? Dans cette situation, tu dirais encore que la solution serait de “ne pas déclarer la guerre”?
C’est quoi ton point de vue là-dessus?
Elle serait-tu encore bonne ta maudite solution?
Sallam mes amis.
Ian fait preuve de moderation. C,est tout a son honneur. Mais comme beaucoup de moderes et de democrates, ils n,ont pas l,experience de la dictature et de la souffrance des peuples. C,est pour cette raison qu,il est facile pour lui de se refugier derriere le pacifisme, il vit dans un pays qui connait la pais, il se sent en securite, pas de menace pour lui et sa famille. Si tu mes de cote les fanatiques, beaucoup d’iraquiens ont ete contents de voir les soldats de la liberte arriver dans leur pays. Il ya beaucoup de probleme encore, mais la france elle c’est construite en 2 jours? Je ne pense pas! Il y a eu beaucoup, beaucoup de guerre avant de connaitre la pais et la liberte.
mais les kurdes c,est different. Ils occupent l,iraq pour faire un pays. C,est une menace pour l,iraq et la turquie. Pas vraiment de bonnes personnes.
Jean-Philippe,
Mon propos n’a jamais été de nier que l’Irak a un jour possédé des armes de destruction massive, ni qu’elle s’en soit servie pour exterminer des centaines de milliers de personnes. Je dis juste qu’elle n’en avait visiblement pas au moment où Bush a invoqué ce motif pour envahir l’Irak. Ce sont des faits que même un sondage indiquant que les Irakiens ont un moral d’enfer ne pourrait réfuter. Penses-tu sérieusement que les motifs des USA étaient purement humanitaires, ou admets-tu quand même qu’il pourrait y avoir des motivations purement économiques dans cette guerre ?
Mortimer,
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_en_Irak#Conflit_diplomatique_.C3.A0_l.27ONU)
Mais ce sont sûrement des gochistes.
Si j’étais dans une dictature, je serais théoriquement très heureux que d’autres pays souhaitent intervenir pour me libérer. En revanche, je ne pense pas que je serais d’accord pour qu’ils bombardent ma ville. C’est sûrement mesquin, mais j’aurais peur que moi-même ou mes proches soient tués. Je préfèrerais effectivement que l’on cherche une méthode plus pacifique. En théorie, c’est la mission d’un truc nommé ONU, mais Bush ne semble pas le juger pertinent.
Ceci dit, je vais m’arrêter là de discuter avec toi car tu perds ton sang-froid, et je n’aime pas qu’on m’insulte.
Amed,
Je me trompes ou tu es en train de justifier le massacre des Kurdes ?
Aucune guerre n’a été menée strictement pour des motifs humanitaires. Et c’est “normal” quelque part… un pays, aussi parfait soit-il, n’engagerait pas son avenir (c’est-à-dire ses propres jeunes hommes), s’il ne tirait pas, quelque part, un certain profit.
Motifs stratégiques (guerre de Corée et Viêt-nam), économiques (seconde guerre mondiale), pétrolières (Koweït, Irak)… même si ce ne sont pas les principales raisons, ces critères entre en ligne de compte.
La non-intervention également. Si la France n’est pas intervenue en Irak, ce n’est pas simplement parce qu’elle voulait protéger la paix, mais qu’elle voulait, avec les Russes, protéger SES intérêts en Irak. La France savait qu’en cas d’invasion, les entreprises françaises seraient balayées d’Irak au profit d’entreprises étasuniennes ou britanniques.
On l’a vu au niveau des champs pétroliers du nord du pays, exploités par les Russes et par la France (Total)… comme par-hasard, les pays qui se sont le plus opposés à l’invasion étasunienne… comme par hasard !
Le but de mes deux commentaires initiaux, non polémiques, étaient bien évidemment de tenter de faire comprendre à l’auteur de ce blog et ses lecteurs, que la possession d’uranium non enrichi, est parfaitement légale et autorisée par l’AIEA, et ne prouve en aucun cas la capacité d’un pays à développer des ADM.
Pour le reste, sans spécialement entrer dans le débat, je vous invite à prendre un peu de recul.
Jean-Philippe, oui tu me parles d’Osirak, coopération franco-irakienne, j’imagine donc que tu connais l’histoire de ce dictateur sanguinaire que tu décris, et que tout l’occident a honni ces dernières années, alors que 25 ans avant il était reçu avec tous les honneurs, tant par la France que par les américains.
Si donc tous les gentils d’aujourd’hui peuvent devenir les gros méchants de demain, pourquoi ne pas attaquer tout le monde selon le principe de précaution que vous utilisez ici ?
Pourquoi la Corée du Nord n’a-t-elle pas été bombardée alors qu’elle détient la bombe pour de vrai, en violation du TNP. Pourquoi l’Iran a-t-il été laissé tranquille jusque là alors que tous les experts bien informés savent qu’ils sont bien plus avancés que l’Irak depuis des années sur le chemin de la bombe. Pourquoi Israel a le droit d’avoir la bombe officieusement mais pas les arabes ? (et je n’ai rien contre Israel, histoire de désamorcer les polémiques totalement inutiles). Pourquoi le Pakistan n’a-t-il pas été attaqué lorsqu’il a développé sa propre bombe ? etc etc etc
On sait également que la CIA a financé par le passé des opérations de déstabilisation en Amérique du Sud, qui ont conduit à des milliers de victimes civiles. Pourquoi ne pas attaquer les Etats Unis et déférer son président devant une cour de justice ? Pourquoi croyez vous que les Etats Unis bloquent depuis des années le processus de création d’une cour pénale internationale.
Mon point ici, mais vous y êtes presque arrivés tout seuls, c’est d’éviter de se draper dans un pseudo moralisme quand il s’agit du droit international et de la guerre.
Peu importe les raisons des uns et des autres pour faire ou pas cette guerre, tout le monde y défend ses intérêts. Quant aux ADM, ce qui est certain, c’est qu’elles n’ont jamais existé en Irak après la 1ere guerre du golfe, et qu’elles n’ont jamais été la véritable raison de la 2e guerre.
Et ce qui est encore plus certain, c’est que ce stock de yellowcake arrivé à Montréal n’est en aucune façon une quelconque preuve d’un programme nucléaire militaire irakien.
oizodefeu : Tu ne comprends rien, décidément. Les Américains peuvent avoir des ADM parce qu’ils sont les gentils, et les Irakiens ne peuvent pas l’avoir parce que ce sont les méchants. Ce n’est pourtant pas compliqué
.
Bonjour.
Il vous manque un certain nombre d’informations qui, pourtant, sont fondamentales pour la bonne compréhension du sujet.
1. La France voulait, coûte que coûte, maintenir Saddam Hussein au pouvoir.
Même si l’aventure koweïtienne a ébranlé les relations entre la France et l’Irak, c’est François Mitterrand qui a insisté, auprès de George Bush père, d’arrêter l’invasion de l’Irak et d’accorder une “seconde chance” à Saddam Hussein.
Le général Norman Schwarzkopf avait pourtant convaincu le Pentagone de poursuivre l’opération “Desert Storm” jusqu’à Bagdad pour en finir, une bonne fois pour toute, avec Saddam.
Devant le refus de Washington, François Mitterrand contactera certains chefs d’Etat des pays arabes proches de la France, impliqués dans la guerre pour leur exposer les dangers de laisser les Etats-Unis s’emparer d’un pays frère. L’Egypte, pays le plus influent de la ligue arabe et qui a engagé 35000 soldats dans l’opération, sert d’intermédiaire et parvient à convaincre la Syrie, le Maroc, la Turquie, les Emirats arabes unis et la Jordanie de faire pression sur les Etats-Unis pour arrêter l’opération. Seuls l’Arabie-Saoudite et le Koweït pour des raisons évidentes ont choisi de ne pas prendre position.
C’est alors que les conseillers du président américain changent de position. Il est hors de question de poursuivre l’opération si les principaux pays arabes s’y opposent. Washington craignant que ces pays fassent pression pour augmenter le prix du baril, de plus, cela enlèverait une partie de la légitimité de cette guerre.
Furieux, George Bush père appelle Mitterrand pour lui faire part de son mécontentement. Bush souhaite avoir des garanties solides. Le président français passe par l’organisation de l’Internationale Socialiste, dont sont membres le parti socialiste français et le parti Baas de Saddam Hussein. Pierre Mauroy, ancien premier ministre et président de l’Internationale Socialiste, obtient une rencontre avec Saddam Hussein à la mi-février 1991, alors que le cessez-le-feu n’est pas encore effectif.
Pierre Mauroy rentre à Paris avec l’assurance que Saddam Hussein ne fera plus de vague. Mais de toute façon, l’affaire est déjà réglée à Washington: devant les intentions de retrait de l’Egypte, du Maroc, du Pakistan, des EAU, d’Oman ainsi que la grande tiédeur de l’Arabie-Saoudite, le Pentagone range ses plans d’invasion de l’Irak dans ses cartons.
Le cessez-le-feu est signé sous réserve que l’Irak détruise ses armes de destruction massives.
La France est convaincue que sans Saddam Hussein la région s’embrasera. De plus, malgré la guerre, il reste un grand nombre d’installations industrielles françaises en Irak. Toujours par l’intermédiaire de l’Internationale Socialiste, Paris maintiendra un contact régulier avec la présidence irakienne. Saddam Hussein, de son côté, est bien heureux de pouvoir conserver un appui, même précaire, avec un pays occidental. En fait, c’est surtout Tarek Aziz, le ministre des affaires étrangères irakien qui sera le principal intermédiaire. Sa modération et son influence auprès de Saddam seront déterminants.
De son côté, la France lorgne depuis longtemps sur les champs pétroliers du nord de l’Irak. Et même si Total est présente là-bas, la France en attend plus et souhaite calmer la situation dans la région au plus vite.
2. L’insurrection irakienne envenimera les relations France-Etats-Unis
La France souhaite un retour au calme, mais c’est l’inverse qui se produit. Mars 1991, début de l’insurrection irakienne. Les Chiites, au sud, et les Kurdes, au nord tentent de faire tomber le régime. Les Etats-Unis y voient une opportunité. Et c’est là que commence une confrontation indirecte entre Paris et Washington.
Washington, qui n’a toujours pas avalé les coups tordus de la France, envoie massivement des armes aux Kurdes dans le nord, mais s’abstient d’aider les Chiites, trop proches de l’Iran. D’ailleurs, l’insurrection Kurde porte un dur coup au régime, alors que la rébellion Chiite finit par être matée. Alors qu’on dit que l’armée irakienne n’est plus, Saddam Hussein fini par opposer un grand nombre de blindés et d’hélicoptères.
De son côté, la France fait mine de jouer les médiateurs à l’ONU. Mais sans avoir de preuves éclatantes, les renseignements britanniques avisent le Pentagone que Paris aurait donné un “coup de main” à Saddam pour venir à bout de la révolte. Dans quelle mesure? Difficile à dire. Mais à la surprise de tout le monde, alors qu’on le pensait à terre, sans armée, Saddam parvient à reprendre en main son pays.
Il s’en suit les massacres de Kurdes et de Chiites. Washington en a vraiment assez et déclenche l’opération “Provide Comfort” pour arrêter l’avancée des troupes irakiennes. À l’ONU, les Etats-Unis déposent une motion pour délimiter des zones d’exclusion au nord et au sud du pays. La France n’est pas chaude à l’idée, mais n’a pas le choix de voter en faveur vu la détresse humanitaire des Kurdes qui font la une des médias.
Mais pour le Pentagone, c’est déjà trop tard. Ils pensaient, grâce à ces zones d’exclusion, donner du répit aux insurgés afin qu’ils puissent poursuivre l’insurrection, mais le mal est fait. Les Chiites sont vaincus une nouvelle fois et les Kurdes rongent leur frein en attendant des jours meilleurs.
3. L’embargo
Avec les zones d’exlusions. L’ONU ordonne un embargo sur l’Irak qui se transformera en “pétrole contre nourriture” en 1995. La France profitera d’ailleurs très largement de ce programme pour revenir en Irak par l’intermédiaire d’industriels.
Là-dessus, Chirac poursuit la politique de Mitterrand. Chirac ayant, à de nombreuses reprises, eu des rencontres avec Saddam Hussein, il n’y a pas beaucoup de différences de vue avec son prédécesseur, malgré le fait que Chirac ne se servira pas de l’Internationale socialiste pour maintenir le contact. D’ailleurs, cela n’est plus nécessaire puisque la diplomatie française est revenue en Irak.
L’administration Clinton regarde le petit manège français d’un très mauvais œil. Car autant Chirac poursuit la politique irakienne de Mitterrand, autant Clinton suit également son prédécesseur. Ainsi, Clinton opérera des centaines de frappes aériennes sur l’Irak, sous prétexte que l’armée irakienne ne respectait pas les zones d’exclusion. Même si certaines fois ces intrusions étaient bien réelles, d’autres fois il s’agissait de simples prétextes pour affaiblir le régime irakien. Cela ira jusqu’au déclenchement de l’opération “Desert Fox” par Clinton, alors que Saddam refuse de coopérer avec l’ONU. Cette opération se fera sans l’accord des Nations Unies par ailleurs.
Commencent une autre rivalité Paris-Washington. Une rivalité qui n’apparaît pas trop en surface, mais qui est bien réelle.
L’administration Clinton, sachant que le “terrain de jeu” sud-américain échappe aux Etats-Unis, investi massivement en Afrique de l’ouest. Des valises remplies de billets verts arrivent dans les mains de dirigeant africains afin qu’ils changent d’allégeance et décident d’avoir des rapports privilégiés avec l’oncle Sam. Et au début, ça fonctionne!
Jacques Chirac, qui a fait reprendre du service à Jacques Foccart (le monsieur Afrique du général de Gaulle), est décidé à ne pas se laisser faire et fera tout pour mettre des bâtons dans les roues aux américains. Mais il faut dire que les américains ne savent pas trop s’y prendre avec les africains et arrivent là-bas comme des cowboys les poches pleines. Jacques Foccart, que certains dirigeants africains appellent affectueusement “Papa”, fera quelques gains sur les américains en Afrique, mais cela ne suffira pas, surtout au Zaïre où pour montrer sa nouvelle allégeance, Laurent-Désiré Kabila, pourtant un francophone, fera passer un message à Paris en s’exprimant aux médias en langue anglaise, du jamais vu.
Bill Clinton compte les points en Afrique, même si cela reste timide, ce qui motivera Jacques Chirac pour ne pas laisser l’Irak tomber aux mains des américains. La France, comme sous Mitterrand, donnera un nouveau “coup de pouce” à Saddam. Ce coup de pouce prend la forme d’armes de l’ex-URSS achetée par la France par différents intermédiaires et envoyés en Irak.
La Russie, qui sert aussi parfois d’intermédiaire dans ces transactions et qui cherche à se reconstruire financièrement y voit un double intérêt: s’établir en Irak et arrêter la progression de l’influence américaine dans la région.
La Russie d’ailleurs, aura encore moins de scrupules à envoyer des armes. On parle de napalm et de phosphore en grand nombre. Nous sommes en 1998, l’Irak est censée ne plus avoir d’ADM, mais à cette époque, l’ONU n’est déjà plus présente dans le pays pour opérer des contrôles.
En France, la cohabitation n’est pas un véritable frein. Même si Jospin n’est pas Mitterrand, il ne faut pas oublier que c’est Hubert Védrine qui est au Quai d’Orsay, un grand Mitterrandien. Le Quai d’Orsay et les réseaux élyséens fonctionneront d’ailleurs de concert au sujet de l’Irak.
Bill Clinton sent bien que la situation lui échappe. L’embargo n’est qu’une farce et il n’y a que la population qui en ressent les effets. À sa demande, l’on ressort d’ailleurs les plans d’invasion de l’Irak trop vite rangés dans les cartons… mais la fin de son mandat approchant et les scandales sexuels l’éclaboussant, finiront par avoir raison du projet de Clinton.
4. Bush fils finira le travail de son père
C’est la continuité. De George Bush père à George Bush fils en passant par Clinton, la position irakienne est la même: il faut faire tomber Saddam et poser un pion sur l’échiquier dans cette région.
Bush junior est vite mis au parfum, surtout que son père s’était chargé de le brifer. Sitôt arrivé à la maison Blanche, Bush demande au Pentagone de rafraîchir le plan d’invasion de l’Irak. Il ne sait pas quand, mais il éliminera Saddam.
Les renseignements britanniques, seuls véritablement implantés en Irak contrairement aux services secrets américains, font des rapports réguliers à Washington. Les informations sont très claires:
- la Russie est un nouveau joueur depuis 1998 dans la région et fournit l’Irak en armes de tout genre, y compris des armes “sales”.
- La France a arrêté ses livraisons d’armes, mais a fournis des pièces de rechange pour des Mirage F1 de l’armée irakienne, cloués au sol depuis des années. Plusieurs appareils seront d’ailleurs remis en état.
- Indépendamment de la Russie (semble t-il en tout cas), l’Irak aurait payé un groupe de chercheurs et de physiciens dans le domaine nucléaire originaires de la Russie, pour rejoindre le programme nucléaire militaire du régime Baas. La transaction aurait été faite par l’intermédiaire de la Suisse, où Saddam aurait encore un compte numéroté qui aurait échappé aux mandats internationaux.
- La Syrie apporte une aide technique pour apporter des modifications aux missiles Scud irakiens.
Les Irakiens devenus beaucoup plus méfiants qu’avant la guerre du Golfe envers les occidentaux et ayant éparpillé les stocks d’ADM et les nouveaux missiles Scud, les renseignements britanniques ne parviennent pas à localiser tous les sites sensibles. Certains seront identifiés, parfois détruit par l’US Air force, mais on est loin du compte.
Certains missiles et armes chimiques sont cachées dans des fermes, des habitations dans des villages fidèles au parti Baas. Ce qui complique même le repérage satellite.
Les Irakiens usent de beaucoup d’ingéniosité pour camoufler le réarmement progressif de leur armée. Les Etats-Unis en sont conscient, ce qui a le don d’exaspérer le nouveau président en place.
Été 2001, la CIA parvient à s’infiltrer enfin et détruit au moins 2 installations d’armes chimiques dans le coin de Tikrit. L’opération est un demi-succès puisque certains agents de la CIA ne parviendront pas à être évacué et seront fait prisonnier par les Irakiens.
Washington sera alors obligée de passer par Paris pour faire libérer les otages. Difficile de dire ce qu’il s’est transiger à ce moment-là, mais tous les agents seront libérés au bout de quelques jours (seul un agent serait mort, suite à ses blessures au moment de son arrestation).
L’Irak devient donc le sujet principal de la CIA. Le Pentagone voulant absolument avoir des preuves convaincantes que Saddam fabrique une arme nucléaire et qu’il y a des armes chimiques en Irak. Cela sera, certainement, l’erreur majeure de la CIA. Car trop occupée par le dossier irakien, la CIA ne consacrera pas assez de ressources à la lutte contre Al-Quaeda, alors que cela faisait partie des priorités sous l’administration Clinton (la CIA avait manqué de peu d’éliminer Ben Laden en Afghanistan en envoyant un missile sur la maison où il s’était établi pour la journée. Malheureusement, Ben Laden était sorti un peu avant l’explosion).
Ainsi, la CIA fût complètement prise à revers lors du 11 septembre 2001.
Ensuite, se fût l’Afghanistan, la chute des Talibans. Mais le problème irakien demeure entier, par contre, la patience de Bush est largement entamée. Incapables de fournir des preuves évidentes d’ADM en Irak, Bush n’en peu plus et préfère l’improvisation, pensant que “l’effet 11 septembre” suffira à rallier à lui la communauté internationale.
C’était sans compter sur la France et la Russie, qui n’allaient pas lâcher leur bel os. Bush n’ayant pas obtenu de bons résultats avec la méthode clandestine de la CIA, demande alors à l’ONU de faire son travail et oblige l’Irak a accepter les inspections.
Une autre farce commence. Les sites “officiels” sont évidemment vierge du moindre agent chimique et les inspecteurs, briffés par les américains et les britanniques, se mettent à courir aux quatre coins du pays à la poursuite de laboratoires clandestins, de roulottes servant à déplacer des Scud. Mais une centaine d’inspecteurs se révèle insuffisant pour la taille du territoire à couvrir, surtout que les Irakiens font de leur mieux pour empêcher les inspecteurs de constater quoique ce soit d’illégal.
23 février 2003. Les inspecteurs des Nations Unies obtiennent des renseignements très précis de la part des américains, Il s’agit d’un dépôt relativement important d’armes chimiques dans la banlieue de Mossoul. 2 hélicoptères de l’ONU décollent de Bagdad, sans aviser les autorités irakiennes (alors qu’ils les informaient d’habitude), et se dirigent vers Mossoul.
Une heure après le décollage, un chasseur irakien cherche à intimider les inspecteurs en manœuvrant de telle manière a géner les pilotes (mais sans ouvrir le feu). Ces derniers d’ailleurs veulent se poser pour ne pas mettre en danger leurs occupants, mais l’alerte est donnée par téléphone satellite et 4 appareils F111 américains (qui étaient en alerte dans le secteur comme par hasard) se portent à la hauteur du Mirage F1 irakien et l’obligent à quitter les lieux. Les F111 escorteront d’ailleurs les inspecteurs pour le reste du trajet.
En arrivant à Mossoul, c’est le bazar intégral. Des militaires irakiens attendent les inspecteurs et font de l’obstruction à leur égard. Les Irakiens tentent d’empêcher les inspecteurs de quitter la zone d’atterrissage. Cela dure près d’une heure. Pendant ce temps, le chef de la mission onusienne dialogue directement avec le secrétaire général des Nations Unies par téléphone. Kofi Annan est furieux et contacte le délégué irakien puis avise le conseil permanent.
Après quelques tractations, les inspecteurs finissent par avoir gain de cause. Mais déjà une information parvient aux oreilles des inspecteurs des Nations Unies: 4 Mil Mi-26, des hélicoptères Russes, ont décollé à proximité du site incriminé une demie-heure auparavant. Aucun marquage sur les appareils.
Arrivés enfin sur les lieux, les inspecteurs ne trouvent absolument rien pour étayer les informations de la CIA, mais il semble que l’endroit servait à stocker quelque chose de bien précis et qu’il avait été soigneusement camouflé dans une ferme. Le peu de documents retrouvés sur place n’ont pas permis de savoir ce qu’il y avait.
L’Irak n’ayant plus aucun hélicoptère de ce genre, on posera des questions au diplomate Russe aux Nations-Unies qui, bien entendu, ne voyait pas de quoi on lui parlait. Plus tard, les inspecteurs ont trouvé un homme qui avait vu des hommes de type “salves”, vider la ferme de son contenu. Mais les hélicoptères n’ayant aucune marque particulière, il était difficile de savoir avec précision d’où ils venaient.
Un avion AWACS qui circulait dans le coin a perdu la trace des 4 Mi-26 dans le nord du pays.
Suite a cette affaire, Bush était acculé au mur. Pas de preuve convaincante et quand il est proche d’en avoir, les Russes les font disparaître comme par enchantement. Pour lui, c’est terminé avec l’ONU. Il est convaincu qu’il perd son temps.
On amène encore les mêmes images satellites qui ne prouvent pas grand chose. Puis fin mars 2003, seulement appuyé par une dizaine de pays, les Etats-Unis envahissent l’Irak.
Bush ordonne alors à Israël de ne surtout pas bouger, quoiqu’il arrive. N’ayant pas le soutien des pays arabes, Bush ne veut surtout pas se les mettre définitivement à dos en permettant à Israël d’intervenir. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.
À 80 kilomètres de la frontière syrienne, en plein pendant l’offensive américaine, un Scud sort d’un entrepôt abandonné, peut-être une autre ferme. La cible est claire: Israël. Il semblerait que le site était surveillé par le Mossad depuis quelques jours. L’agent israélien donne l’alerte et deux F16 de Tsahal foncent sur le site. Par contre, les couleurs israéliennes des 2 avions sont cachées, empêchant les observateurs au sol d’identifier les appareils. Le missile est détruit au sol, avant même qu’il soit activé. Le Mossad fût absolument catégorique, il y avait un puissant armement chimique dans ce missile. Encore une preuve qui s’évapore, mais Israël s’en contrefout totalement. Sa principale tâche étant de protéger son territoire, pas de trouver des preuves pour les Etats-Unis.
5. La Russie récupère ses billes
Sentant la fin de sa présence en Irak proche, la Russie rapatriera son armement chimique et une partie de son armement conventionnel. Les chercheurs russes se sont enfuis par la Syrie, comme beaucoup d’autres personnes et le peu de preuves d’ADM restant furent inexploitables.
Une partie de ces stocks ont tout de même été utilisés. Non pas en Irak, mais en Tchetchénie, de manière officieuse.
La Russie a cessé toute aide à l’opposition irakienne, sachant la cause perdue et ne souhaitant pas continuer à envenimer ses relations déjà précaires avec Washington. La France, depuis 2007 et l’arrivée de Sarkozy, a une attitude beaucoup plus claire sur la question, peut-être aussi parce que la cause est également perdue pour elle, mais aussi parce que la politique étrangère du nouveau président n’est pas la même que ses deux prédécesseurs. Même Kouchner, un mitterrandien, ne compte rien faire pour miner l’effort de la coalition en Irak.
Par contre, il semblerait qu’il reste encore des stocks à découvrir. En effet, les cachettes de Saddam étant si multiples et discrètes que même les Russes ignoraient certains emplacements. D’ailleurs, une unité spéciale de l’armée américaine passe le pays au peigne fin en vue de retrouver au moins une partie de ce stock.
L’existence même de cette unité montre bien que le Pentagone reste convaincu qu’il y avait effectivement des ADM.