Êtes-vous un “Twitter snob” ?
Jean-Philippe | 23 juillet 2009J’ai fait une découverte cette semaine. Grâce à l’article paru sur le blogue de Stéphane Guérin, j’ai pu prendre conscience d’une nouvelle maladie, d’un terrible fléau, d’une tare dont personne n’aimerait être affublé : le “Twitter snobisme”.
Mais qu’est-ce qu’être un “Twitter snob” ?
Un “Twitter snob”, c’est quelqu’un qui ne daigne pas appliquer la “règle” de la réciprocité, lorsque certaines personnes l’ajoutent à leur liste. Bref, quelqu’un décide de me suivre sur Twitter, je décide de ne pas le suivre… je suis un “Twitter snob”. Assez terrible n’est-ce pas ?

Évidemment, vous l’aurez compris, il y a beaucoup d’ironie dans mes propos. D’abord parce qu’il n’existe aucune règle de “réciprocité”, et qu’en plus… ben, jusqu’à preuve du contraire, on est encore libre de suivre qui on veut ! Et là-dessus, je partage l’opinion de Stéphane Guérin cité plus haut.
D’ailleurs, dans son texte, il fait référence au billet de Michelle Blanc, concernant Facebook, dans lequel il est écrit : « Que faites-vous lorsque quelqu’un que vous ne connaissez pas vous présente sa carte d’affaires dans la vraie vie? Lui dites-vous non je ne la veux pas ».
Facebook, une carte de visite ?
J’avoue que je trouve déjà la comparaison Facebook/carte de visite, assez tendancieuse. Vous prenez la carte de visite de quelqu’un, vous ne prenez “que” le bout de carton sur lequel vous trouverez ses coordonnées. Il n’y a aucun engagement relié au simple fait d’accepter cette carte. Pour bien du monde, quand il s’agit seulement d’un échange de cartes d’affaires, ils iront rejoindre des dizaines d’autres dans une boîte ou un répertoire, pour les plus chanceuses et pour les autres, finiront dans la fameuse “filière 13″.
Car arrêtons deux secondes l’hypocrisie dégoulinante de politiquement-correct, qui conserve toutes les cartes de visite qu’il reçoit ? Naturellement, on finit toujours par faire un tri entre celles qui serviront, celles qui pourront “éventuellement” servir et celles qui, on le sait en partant, ne serviront à rien ou à si peu.
Facebook, contrairement donc à la carte de visite, est relié à un certain “engagement” : celui d’être un contact actif avec la personne qui accepte l’invitation. Suivant l’activité de cette personne sur Facebook, vous aurez donc l’immense privilège de suivre toutes les informations dont votre nouveau “contact” vous autorisera à voir… et pour la majorité des utilisateurs de Facebook, l’usage des “filtres” n’est vraiment pas généralisé et encore moins sélectif en fonction des contacts (professionnel, privé, famille, amis proches…).
Du coup, suivre les vacances d’untel sur les plages de la Floride, voir les photos de sa blonde en bikini apparaître sur votre fil de nouvelles, découvrir la face du dernier né d’unetelle, ou de lire “Aujourd’hui il pleut encore, quel temps pourri !”… quand cela vient d’amis ou de proches, ça passe encore, mais lorsque cela vient d’une personne que l’on ne connaît même pas, ça devient vraiment ridicule !
Dans mon cas, je refuse systématiquement les invitations de personnes que je ne connais pas en “vrai”, à moins que :
- Nous ayons des “contacts” en commun et que je juge le profil intéressant à suivre
- Un message pertinent ait été joint à la demande de contact
Évidemment, dans le cas de Twitter, je suis beaucoup plus flexible. D’abord parce que l’usage n’est pas le même et ensuite parce qu’il ne donne pas accès à des informations privées.
Mais sans être un gros consommateur de Twitter, j’y vois déjà certaines limites. Car avant tout, il faut savoir faire un choix : soit on suit tout ce qui est publié, mais même avec quelque dizaines de contacts, on peut être facilement accaparé par le nombre et la fréquence des messages (dans mon cas, parfois plus de 400 dans une seule journée !), soit on ne suit que ponctuellement les publications de messages, mais dans ce cas, il faut être bien conscient que l’on passera à côté d’informations qui pourraient s’avérer intéressantes pour nous.
Un flot d’information qu’il faut savoir maîtriser
Et il est là le point ! Il suffit de quelques contacts sur Twitter pour être facilement dépassé par le flot d’informations que l’on reçoit, alors si, en plus, vous ajoutez systématiquement toutes les personnes qui vous suivent, vous n’en sortirez jamais… ou, vous perdrez en efficacité, c’est une évidence !
Car enfin, si vous utilisez Twitter, c’est pour que cela puisse vous aider, non ? Que cela soit en ayant rapidement de l’information, des nouvelles pouvant vous servir dans votre travail, des potins qui pourraient vous intéresser… Que sais-je moi ? Selon vos intérêts, vos passions, vos attentes ! Alors si à vos propres intérêts, vous ajoutez sans discernement ceux des autres, juste le temps que vous passerez à faire le tri, vous fera perdre d’autant votre efficacité, et je ne parle pas seulement de rendement au travail. Des concepts comme Twitter sont censé vous faire gagner du temps ou, au minimum, susciter de l’intérêt… mais tout comme pour Facebook, où se trouve donc l’intérêt de suivre quelqu’un qui parle de ses états d’âme, de la température, ou de sujets qui, de toute manière, ne vous intéresseront jamais… et qu’en plus, vous ne connaissez même pas cette personne ?
Pour Twitter, c’est simple. Je regarde les dernières publications de la personne qui me suit. Les publications ont l’air de “coller” avec mes intérêts, ou il donne de l’information pertinente ? Je la suis ! … Si j’ai un doute, je pourrais toujours l’enlever, dans ce temps-là, c’est un peu comme une probation : je fais un tri aux semaines ou aux deux semaines c’est selon.
Personne qui suit tout le monde (genre 2,000 personnes), mais qui n’est suivie que par 15 individus : c’est louche ! Personne qui s’exprime dans une autre langue que la mienne (et que je ne connais pas), alors que je ne publie qu’en français, c’est louche pas mal également ! Publicité déguisée, vente pyramidale, publication trop systématique d’informations non vérifiées (hoax)… c’est certain que je ne suivrais pas, quel intérêt ?
Partager du temps “virtuellement” avec quelqu’un, que l’on ne fréquenterait pas en vrai ?
Alors ne nous laissons pas influencer par les “gourous” du web, qui nous disent comment penser et “bien” agir sur Internet. Surtout que, comme je viens de l’expliquer, suivre tout le monde revient à perdre en efficacité, le contenu pertinent finissant par être noyé dans le flots d’informations que l’on peut recevoir.
C’est nous, l’usager, qui décidons la manière dont on veut utiliser les outils que l’on peut trouver sur le web, que cela soit Twitter ou Facebook… Vous voulez ajouter tout le monde ? Vous en êtes libres ! Mais cette liberté, par contre, elle, elle est vraiment réciproque, alors je pense qu’il y a de meilleures chose à faire que d’attribuer de grotesques épithètes, à ceux qui choisissent de ne pas vous suivre !
Au lieu de comparer aux cartes de visites, je comparerais plutôt aux groupes sociaux, aux cercles d’amis ou de connaissances. Quand on rencontre quelqu’un qui ne nous inspire pas, avec qui on n’a aucun intérêt en commun… hé bien désolé, mais il y a peu de chance pour que l’on passe du temps ensemble ! Alors pourquoi accepter de passer du temps “virtuellement” avec quelqu’un, alors que dans la vraie vie, on ne l’aurait pas fait ?
C’est tout le paradoxe de la situation !
Donc, ne vous en faites surtout pas, je n’aurais pas la moindre rancune, si vous décidez de ne pas me suivre sur Twitter… de la même façon que je n’en veux à personne de ne pas s’intéresser à mon blogue, alors que je m’intéresse au leur.






Excellents billets ! (le tien et celui de M. Guerin que
GuinnessExcellents billets !
(le tien et celui de M. Guerin que je met direct dans mes flux RSS en période de probation)
Ah, tous ces gourous du web 2.0, un vaste sujet, en aprticulier celui que tu cites. Pourtant, j’essaie, je les lis, je suis leur blogue (en général une semaine ou deux)… Mais au final : que de platitudes et enfonçage de portes ouvertes, de conseils qu’ils ne suivent pas.
Mais bon, c’est la saveur du jour mon bon monsieur ! D’ailleurs ils sont où les supers gourous du web 1.0 ? Là où seront ceux du 2.0 sous peu probablement…
Dans mon entourage plus ou moins proche, j’en ai vu de ces fans des gourous 2.0 qui me prenent presque en pitié lorsque je leur dit que je gère des installations de gros systèmes pour de grosse institutions (oh, le pauvre, il fait pas du waibeu)…
… d’un autre coté j’ai eu de fabuleuses discussions avec des personnes travaillant dans le business web (je pense en particulier à une de nos connaissances communes, appelons-là IQ) durant lesquelles nous avons pu partager des expériences de projets et comment beaucoup de pro du web cherche à “professionaliser” la mise en place de ces derniers.
En bref, le web est un formidable outil (j’excecre de même les “pros de lInformatique” qui regarde de haut le business internet), mais la plupart des gourous du web…
Vraiment un bon billet! Et je te rejoins totalement sur
Marc-André P.Vraiment un bon billet! Et je te rejoins totalement sur les points que tu apportes.
Mais tu sais ce que l’on va te dire? On va te répondre qu’aujourd’hui il existe des “outils” pour trier l’info. Ce à quoi je demande: “Vous la triez comment cette info?”
On me répond: “Je classe en catégories: contacts intéressants, contacts amis et contacts sans intérêts que je ne lis pas, donc, je gagne du temps”.
Il faudra donc que l’on m’explique quelle est la différence entre quelqu’un que l’on ajoute pas, parce qu’il ne nous intéresse pas, et quelqu’un qu’on ajoute, mais qu’on lit jamais!
Mis à part l’hypocrisie sale pour le 2eme cas, je ne vois pas ce que l’on y gagne!
Bonne soirée!
Merci pour vos commentaires ! @ Guinness Y'aurait beaucoup à dire sur
Jean-PhilippeMerci pour vos commentaires !
@ Guinness
Y’aurait beaucoup à dire sur les gourous du web… qui sait, une prochaine chronique ? ;o)
@ Marc-André
Oui… J’ai vu passer des tests concernant ce genre de produits. Moi je fais des groupes avec Nambu (un peu comme Tweetdeck), mais les groupes sont par sujets et non pas par intérêt.
Mais même avec ça, j’essaye de prendre le temps de tout lire, mais il y a bien des jours où c’est difficilement possible.
Intéressant l'aspect engagement de la carte d'affaires vs Facebook. Je
Stéphane GuérinIntéressant l’aspect engagement de la carte d’affaires vs Facebook. Je n’avais pas vu ça de même.
Et merci pour le lien!
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt ton billet, celui de Stéphane
MortimerJ’ai lu avec beaucoup d’intérêt ton billet, celui de Stéphane et celui de Michelle. Je suis tombé en bas de ma chaise lorsque j’ai effectivement vu cette boîteuse comparaison entre Facebook et les cartes d’affaires.
Voyons donc! Une carte d’affaire, c’est une carte d’affaire. C’est un espace physique limité et, comme tu l’as très bien expliqué, qui n’est pas associé en tant que tel à un engagement.
Facebook pousse la limite beaucoup plus loin: on permet à notre interlocuteur de pénétrer dans NOTRE espace. C’est totalement différent et ce, même si l’on “accepte” tout le monde!
Les “prima-donna” du Web me font décidément bien rire. Leur logique ne tient absolument pas debout et ne cherchent qu’à justifier ce besoin croissant de reconnaissance.
Salut! Twitter est un outil intéressant, comme FaceBook, il fait partie
WebconceptorSalut!
Twitter est un outil intéressant, comme FaceBook, il fait partie des belles découvertes dans la catégorie des réseaux sociaux. Malgré tout, la multiplication des réseaux et des outils font que le flot est de plus en plus important, comme tu l’as bien dit, mais aussi que l’information est dupliquée, 1 fois, 2 fois, 10 fois.
Une personne pourra donc donner la même info sur FB, Twitter, FF et autres. C’est une forme de pollution qui est incompatible avec l’efficacité et l’esprit même du web. On peut même comparer cela à une forme de “spam”. Alors quand tu parles de tri, il faut penser aussi à ce genre de choses.
Bien sûr, il n’y a rien qui oblige de suivre le monde sur Twitter! Tout comme c’est aberrant d’accepter tout le monde sur FB! Ca démontre juste que les gens ne savent pas à quoi sert FB et les réseaux sociaux. Si vous souhaitez créer des liens, faites des pages ou des groupes! Les sites et les blogs sont aussi fait pour ça!
Merci aussi de m’avoir fait découvrir le blog de Michelle Blanc, que je ne connaissais pas (je suis Français). Ce que je trouve curieux sur son site, c’est que pour une spécialiste web, elle a de sérieuses lacunes, car rien que sur sa homepage, on a droit à plus de 150 Mo de fichiers vidéo flv qui se download, qu’on le veuille ou non! C’est épouvantable de lenteur!
Alors plutôt que de prodiguer des conseils, elle devrait se concentrer un peu plus sur son blog.
@ Stéphane Bienvenue ! Le sujet reste de toute façon intéressant
Jean-Philippe@ Stéphane
Bienvenue ! Le sujet reste de toute façon intéressant et je ne pense pas qu’il puisse y avoir de réponse toute faite, ou de vérité absolue, sur la bonne façon d’utiliser Twitter ou Facebook. Le débat reste donc ouvert !
@ Mortimer
Content que tu aies retrouvé le chemin de ce blogue !
Je trouve intéressant ton idée d’espace physique limité de la carte de visite. C’est intéressant dans ce cas précis où cet espace n’est pas le même si on le compare à Facebook. On permet une beaucoup plus grande “intrusion” dans le cas de Facebook.
@Webconceptor
Effectivement. Et comme je le disais à Stéphane, le débat est encore ouvert. Oui, je n’avais pas pensé à la “duplication” des messages, mais c’est très vrai, que cela vienne d’une seule et même personne, ou bien de plusieurs personnes, on a tendance à recevoir parfois les mêmes infos. Le fameux “Retweet” n’arrange rien, n’est-ce pas ? Par contre, il faut reconnaître son utilité.
Difficile donc de trouver un “bon” équilibre.
@Webconceptor Et que dire des "gourous" ou pro du web qui
Guinness@Webconceptor
Et que dire des “gourous” ou pro du web qui utilise des outils permettant de dupliquer leurs twits avec leurs statuts Facebook !
Cela participe grandement à la duplication des informations, une duplication stupide et inutile. Comme si Twitter n’était qu’un sous-Facebook completement inutile (si j’ai l’info sur Facebook, quel est l’interet d’utiliser Twitter pour avoir exactement la même…).