Le refus d’intégration… en France

Date 1 mars 2008

Je suis assez régulièrement les interventions du philosophe français Alain Finkielkraut. Un penseur brillant, qui n’a pas peur de prendre à rebrousse-poil les défenseurs de la pensée unique et du politiquement correct.

Il n’est pas le seul à dénoncer cette façon que certains “biens-pensants”, ont d’imposer une obligation de repentance à l’Occident. En effet, si des immigrants ne s’intègrent pas, ne réussissent pas, c’est PARCE QUE le pays ne fait pas les efforts qu’il faut. C’est PARCE QUE, le pays n’accueille pas de la bonne façon ses immigrants. C’est UNIQUEMENT de la faute du pays d’accueil.

Dans le discours pseudo-progressiste, pseudo-humaniste d’une certaine gaugauche française, le mal ne peut venir que de nous-même.

Mais voilà. JE suis, moi aussi, un immigrant. Et même si je sais bien que je ne pourrais pas me comparer à un immigrant maghrébin, par exemple, il reste que si mon immigration avait échoué ici, si je n’étais pas parvenu à trouver un emploi ici, serais-je venu à la conclusion qu’il fallait que je brûle la voiture de mon voisin, que je saccage le bus qui passe dans mon quartier pour changer mon sort et rejeter la faute de ma non-intégration sur cette société d’accueil qui semble me rejeter ?

Comme le dit Finkielkraut, ce ne sont pas LES immigrants, ce ne sont pas LES musulmans, mais plutôt DES immigrants qui ne veulent pas qu’on leur apprenne la vérité historique de la condition de leurs semblables, ou de leurs ancêtres, ce qu’ils veulent, c’est une revanche sur l’Occident. Malgré les milliards qui ont été déversés depuis 25 ans dans les banlieues françaises, que cela soit par la gauche ou par la droite, ces gens-là ne veulent pas des valeurs de l’Occident.

Comment se fait-il que des immigrants des banlieues font l’effort de s’en sortir et, réussissent même à s’en sortir, alors que d’autres vont détruire ce que la république leur apporte en aide : écoles, gymnases, bus, commerces subventionnés ?

Je vous invite à écouter attentivement les propos de Alain Finkielkraut. Pour ma part, il résume très bien ce que je pense du malaise français.

Articles relatifs

12 commentaires to “Le refus d’intégration… en France”

  1. Jean-Philippe said:

    Évidemment, j’attends vos réaction face à ce sujet brûlant… il est certain que là, il ne s’agit pas de se laisser endormir par les médias de la masse, les faiseux de la nouvelle morale crypto-égalitariste. Surtout que le discours de Finkielkraut reçoit aussi quelques échos chez certains partisans de la gauche républicaine… inutile donc de créer un faux débat d’hypocrites entre l’acceptation des immigrés et un discours prétendument “fasciste”.

  2. Un Monde Ailleurs said:

    Bonjour,

    Je suis surprise de lire aussi peu de commentaires à la suite d’un article aussi limpide !… En même temps, Française vivant en France, je me dois de constater que les Français n’aiment certainement pas (ou n’osent pas ?…) prendre clairement position. Curieux comme ce sujet n’est plus “politiquement correct” dans notre hexagone. Le bon ton, le bien-pensant comme souligné ici, est effectivement à la flagellation collective. Mais pourquoi ?!…

    J’ai vécu en dehors de mes frontières de naissance, et je n’attendais pas que mon pays hôte me prenne en charge. J’ai des amis musulmans, parfaitement intégrés, et même fiers d’avoir réussi en France. Eux se disent gênés, embarrassés, par tous ces médias qui insistent tant sur leurs compatriotes qui “subissent” une mauvaise intégration.

    Comme vous l’indiquez, une intégration peut être un accueil favorable mais doit aussi être une volonté personnelle délibérée de bâtir de nouvelles bases, de nouvelles racines pourquoi pas, sur un sol étranger. Et en cas de difficultés, pourquoi condamner non seulement “la république” (= l’état français) mais aussi tous les Français en vandalisant, agressant, brûlant vif parfois ?!…

    Alors merci pour cet article, merci d’exprimer ici ce que tant de Français pensent là-bas. Et pourtant, ce ne sont pas nos politiques qui nous y aident !…

  3. mat said:

    Pour ma part, je trouve ton analyse très simpliste. Je ne me gène pas pour te le dire, toi qui m’accuse de faire des copier coller d’article de journaux et de faire des analyses simplistes sur Sarkozy. Ton billet est justement un copier coller du discours d’Alain et de Nicolas.

    C’est drôle car tu me compare à un gauchiste bien pensant, moi qui suis de droite, mais en désaccord avec ces idées.

    Réduire le problème de l’immigration en France à l’immigrant un point c’est tout?

    Créer un ministère de l’immigration ET de l’identité nationnale? SUPER!

    Tu oublies de parler du racisme ambiant à Paris qui est très présent et ommets de parler du fait que 5 millions de personnes ont voté pour le FN en 2002 (et pour Sarkozy en 2007).

    JE suis aussi un immigrant, et en France qui plus est, et j’ai moi-même été victime de racisme et je suis QUOTIDIENNEMENT spectateur de racisme, je me suis fait dire “Si tu n’aimes pas la France casses toi”.

    Aujourd’hui je suis allé au Palais de justice, un Africain qui venait voir sa fille faire sa prestation de serment et qui est passé devant moi au contrôle de sécurité, sans faire sonner le portique anti métal, a fait l’objet d’une fouille au détecteur anti métal a la main. Je le suivais, j’ai fait sonné le portique et je n’ai même pas été fouillé. J’ai la chance d’être blanc.

    Savais tu que quand tu es magrebin ou africain, il est très difficile de trouver un appartement dans le centre de Paris ou un boulot de cadre dans certaines grosses compagnie du CAC? Savais-tu que quand tu es black et que tu te fais controler sans billet de bus dans un bus tu peux te retrouver en prison? Demande à SuperGab, ça lui est arrivé…

    Pour ma part, j’ose croire que la société française à un rôle à jouer et est en PARTIE responsable de la difficulté d’intégration des immigrants. Je ne dis pas que les immigrants n’ont aucune responsabilité dans leur intégration, bien au contraire, mais je crois vraiment que la société française à ses responsabilités.

    Tu oublies aussi de dire combien de fois tu te fais contrôler quand tu es black ou quand tu es d’allure magrébine.

    Affirmer haut et fort que tout a été fait et tenté, que des milliards ont été dépensés quand tu ommets de parler de l’état de délabrement des cités, véritables guettos des temps modernes.

    Certes, certains jeunes issus de l’immigration sont des voyous qui méritent une bonne fessée, mais plusieurs, sont victimes de racisme sans raison et sont catalogués comme étant des voyous car ils sont jeunes et colorés.

    Ton discours me choque.

    C’est ça la droite décomplexée?

    “Mais voilà. JE suis, moi aussi, un immigrant. Et même si je sais bien que je ne pourrais pas me comparer à un immigrant maghrébin, par exemple, il reste que si mon immigration avait échoué ici, si je n’étais pas parvenu à trouver un emploi ici, serais-je venu à la conclusion qu’il fallait que je brûle la voiture de mon voisin, que je saccage le bus qui passe dans mon quartier pour changer mon sort …”

    reduire la non intégration des immigrants aux quelques voyous, mineurs, qui se defoulent sur les bus?

    Cest aussi débile que reduire les musulmans à l’extrémisme sachant que moins d’1% des musulmans sont extrémistes.

    Pour terminer, même si tu avais raison, et que la non-integration des immigrants serait de leur faute, serait-ce une raison pour les laisser ne pas s’integrer et ne pas chercher à bien les integrer?

    En fait ton discours, selon moi, il met de l’huile dans le feu.

    Cela dit, tu as tout à fait le droit de dire ce que tu penses et je t’encourage à continuer de le faire.

  4. mat said:

    J’ajouterais que ceux qui brulent des chars sont des francais pour la plupart, faudrait comprendre ça aussi…

  5. Jean-Philippe said:

    @ Mat
    Hey ! Tu fais dur toi ! …

    C’est drôle car tu me compare à un gauchiste bien pensant, moi qui suis de droite, mais en désaccord avec ces idées.

    Où est-ce que je parle de toi ? Où est-ce que je te cite ? … Môônsieur Mat, faudrait tout de même pas te prendre pour le centre du monde connu. Je ne fait aucune référence, ni aucune allusion à toi… maintenant, tu peux bien te croire de droite, regarde, même Sarkozy se croit de droite. En fait, tu as beaucoup plus de points communs avec lui, que moi.

    Réduire le problème de l’immigration en France à l’immigrant un point c’est tout?

    Comme À CHAQUE maudite fois, tu NE LIS PAS ce que j’écris. C’est fatiguant !!! … Je ME cite : “Comme le dit Finkielkraut, ce ne sont pas LES immigrants, ce ne sont pas LES musulmans, mais plutôt DES immigrants”.

    Voilà, “DES” immigrants, ce qui veut dire, en français, “certains”. Ce que j’ai dit, mais que tu n’as pas lu, c’est qu’il est aussi idiot de se sentir entièrement responsable de la situation, que de rejeter la faute sur l’ensemble des immigrants.

    Tu oublies de parler du racisme ambiant à Paris qui est très présent et ommets de parler du fait que 5 millions de personnes ont voté pour le FN en 2002 (et pour Sarkozy en 2007).

    Même la gaugauche n’a pas ce genre de discours démagogique et puéril. Si 12% des Français vote pour le FN, cela ne signifie pas que 12% des Français sont racistes ! Crisse ! … regarde les votes dans les banlieues ! Dans certains coins, le FN fait le tiers des voix ! Je ne te parle pas de Neuilly là, mais de banlieues difficiles. Pourrais-tu immaginer, triple buse, qu’il puisse AUSSI être question d’un vote de contestation AVANT d’être un vote racial ? …

    Moi, j’ai vécu dans le Nord… À Tourcoing, PS, RPR et FN faisaient 30% des voix. Crois-moi, y’avait pas 30% de racistes… Puis je le connais bien cet électorat, j’ai fait des campagnes politiques dans cette région.

    Puis comparer l’électorat FN avec celui de Sarkozy est de la pure crétinerie ! Voyons ! Sois sérieux deux minutes, ce genre d’argument bancal ne te donne aucune crédibilité.

    … pour le reste, je n’ai pas de temps à perdre. Il me semblait pourtant que tu avais clos le débat ! …

  6. Jean-Philippe said:

    @ Un Monde Ailleurs

    Merci pour ton commentaire.

    Cela me rappelle un ami, d’origine Marocaine, engagé en politique à mes côtés, qui me racontait qu’il avait souvent honte du comportement de certains de ses compatriotes. Lui avait élevé dans un profond respect de la France et des Français. Par exemple, il parlait régulièrement l’arabe à la maison, mais son père n’a jamais hésité à lui administré des baffes lorsqu’il s’exprimait autrement qu’en français à l’extérieur.

    Évidemment, le comportement anti-français de certains immigrants finissent par déteindre sur ceux qui, comme lui, font des efforts. C’est un peu comme la sale réputation des Français à l’étranger… et même ici au Québec. Le comportement de quelques abrutis finit par atteindre l’ensemble d’une communauté. Mais il ne faut jamais oublié que, au final, nous sommes jugés sur notre comportement.

    Des relations difficiles, on en a tous vécu… et c’est sûr que les préjugés font partie de la vie. Mais au-delà des préjugés, nous allons être jugés sur nos actes à un moment donné.

    Aucune immigration n’est facile. Mais ce n’est pas au pays d’accueil à s’adapter à nous, le pays ne nous a pas attendu pour exister et pour se développer. Le respect d’un passé, d’une histoire, d’une identité sont les pierres angulaires à une bonne intégration… même si l’on vit un rejet de prime abord. Mon ami Marocain est maintenant avocat… car ses actes ont été plus forts que les préjugés.

    La France, comme le Québec, sont des terres d’immigration. Hier, les Polonais, Espagnols et Italiens ne l’ont pas eu facile, mais qui, aujourd’hui, fustige encore ces immigrants ? Ils sont devenus Français par la sueur et par l’effort… d’autres, ceux que je dénonces ici, ne VEULENT pas faire partie de cette société… ils ne sont peut-être que 5%, mais ces 5% font beaucoup plus de mal au reste de leur communauté qu’à la France… et ça, eux comme Mat, ne l’ont toujours pas compris.

  7. Marc said:

    Il est rare de trouver autant de franchise et de bon-sens ces temps-ci. Je ne me fatiguerais pas à tenter de raisonner Mat, tant son discours semble deja tellement empreint par la penée unique. J’espère au moins qu’il ne croît pas avoir inventé ce qu’il nous écrit ! C’est du flan, un discours éculé depuis 30 ans. Un discours à côté de la plaque, un discours qui a favorisé le Front National, tentant de rendre “tabou” le sujet de l’immigration.

    Le problème de la France, c’est la colonisation. Les éternels donneurs de leçons nous font la morale et nous font porter le blâme de la colonisation. Une colonisation qui a débuté bien avant même l”époque de nos grands-parents. Mais qu’importe, les moralisateurs nous en tiennent pour responsables. Parlez une seule fois d’immigration et l’on vous parlera de la colonisation ! C’est simple, clair et précis : l’immigration, c’est juste le problème des Français, pas celui des immigrants. Amen.

    Ma fille, pourtant âgée que de 13 ans, c’est déja fait insultée de “sale blanche” de “face de craie”. On lui a dit qu’elle se ferait baisée, comme ils baisent la France… 13 ans bordel !!!! Vous trouvez ça normal peut-être ? Vous n’appelez pas cela de la “racaille” vous ? Comment qualifiez-vous ces crétins de 20 ans, qui s’en prennent à nos enfants ? Qui insultent de “putes” celles qui ne portent pas le voile ? C’est normal dans le pays des “libertés” ?

    La France a fait des erreurs, tout comme bien des pays, mais nous faire croire que la faute ne revient qu’à nous, c’est nous prendre pour des cons !

  8. mat said:

    JP : Tu m’as déjà dit que j’etais un gauchiste, pi ca me fait rire, tu parle toujours de la gaugauche bien pensante …

    Tsé cpas a cause quon est ouvert desprit quon est communistes ou gaugauche bien pensant. Moi jsuis de droite mais pas daccord avec certaines idees de la droite comme ce que tu dis dans cet article… En tout cas je vois pas c quoi le but et ou tu veux en venir.

    Ne pas admettre qu’il y a du racisme et que les francais jouent à lautruche avec limmigration, que la societe francaise à son role à jouer, c completement cave.

    Evidemment, les immigrants doivent sortir du communautarisme et tout mais en meme temps faut aussi faire bouger les choses de votre coté, et aussi accepter le fait que mohammed qui est né en France est aussi Francais que toi.

    @ Marc

    On parle d’integration de l’immigration vous parlez de voyous. Tous les voyous ne sont pas des immigrants et tous les immigrants ne sont pas des voyous.

    C’est une partie du probleme, quand vous parlez de limmigration vous parlez des voyous… Ca mele un peu deux choses à ne pas meler pour regler les problemes.

    Parle moi de penser unique, à part moi, je cherche où est le débat et l’ouverture… La penser unique c’est vous qui l’avez… tout le monde est d’accord avec JP, il a raison à 100%!

    tu dis -> “La France a fait des erreurs, tout comme bien des pays, mais nous faire croire que la faute ne revient qu’à nous”

    J’ai dit -> “Pour ma part, j’ose croire que la société française à un rôle à jouer et est en PARTIE responsable de la difficulté d’intégration des immigrants. Je ne dis pas que les immigrants n’ont aucune responsabilité dans leur intégration, bien au contraire, mais je crois vraiment que la société française à ses responsabilités.”

    LIS MOI BORDEL

    Ce que je veux dire c’est que le probleme nest pas si simple et la societe francaise a son role à jouer dans l’integration des immigrants.

  9. Jean-Philippe said:

    @ Mat

    Encore une fois : OÙ vois-tu que je parle de toi dans ce texte ??? Je ne t’ai même jamais cité sur mon blogue ! Crisse que tu as la tête dure ! … Maintenant donc, à chaque fois que je vais parler de la gaugauche tu vas te sentir viser ? … Dégonfle un peu ton ego gamin, tu ne fais nullement partie de mes préoccupations.

    Autre chose, ai-je dis qu’il n’y avait pas de racisme en France ? NON ! Je n’ai jamais dit une chose pareille ! Alors, s’il te plaît, arrête donc de délirer et de m’attribuer des propos que je n’ai jamais tenu ! C’est bien de dire à Marc de te lire, mais tu devrais en faire autant… lire, et surtout, comprendre !

    Fin de la discussion avec toi. Ça ne mène à rien. Vu que tu es incapable de faire ce que tu dis (c’est-à-dire clore le débat), je vais le faire pour toi !

  10. mat said:

    lol

    tu peux bien me parler d’égo.

    Le débat est super facile avec toi, en fait tu fuis le débat et tu mem méprise en insinuant que je ne suis pas de ton niveau intellectuel!

    je sais pas pour qui tu te prends, mon dernier commentaire etait loin detre agressif

    Encore une fois aucune réponse, que des attaques à deux balles, comme tu veux CHAMPION, jte laisse tranquille, tu es TROP fort, ou pas assez….

    Tu admets juste ce que je voulais te faire admettre, la France a bien un role a jouer dans la non-integration des Francais.

    Adios pauvre type

  11. mat said:

    Tu admets juste ce que je voulais te faire admettre, la France a bien un role a jouer dans la non-integration des Francais. -> Tu admets juste ce que je voulais te faire admettre, la France a bien un role a jouer dans la non-integration des immigrants

  12. Dia said:

    Moi aussi je suis venu ici… moi je vous le dit carrément pour que mes enfants ne subissent pas ce qu’était devenu la fwance. où plutôt pour qu’ils ne s’y adaptent pas !
    Bon ce ci étant dit, vous permettez que je cite Debord :

    —————————————————————–
    Tout est faux dans la « question des immigrés », exactement comme dans toute question ouvertement posée dans la société actuelle ; et pour les mêmes motifs : l’économie — c’est-à-dire l’illusion pseudo-économique — l’a apportée, et le spectacle l’a traitée.

    On ne discute que de sottises. Faut-il garder ou éliminer les immigrés ? (Naturellement, le véritable immigré n’est pas l’habitant permanent d’origine étrangère, mais celui qui est perçu et se perçoit comme différent et destiné à le rester. Beaucoup d’immigrés ou leurs enfants ont la nationalité française ; beaucoup de Polonais ou d’Espagnols se sont finalement perdus dans la masse d’une population française qui était autre. Comme les déchets de l’industrie atomique ou le pétrole dans l’Océan — et là on définit moins vite et moins « scientifiquement » les seuils d’intolérance — les immigrés, produits de la même gestion du capitalisme moderne, resteront pour des siècles, des millénaires, toujours. Ils resteront parce qu’il était beaucoup plus facile d’éliminer les Juifs d’Allemagne au temps d’Hitler que les maghrébins, et autres, d’ici à présent : car il n’existe en France ni un parti nazi ni le mythe d’une race autochtone !

    Faut-il donc les assimiler ou « respecter les diversités culturelles » ? Inepte faux choix. Nous ne pouvons plus assimiler personne : ni la jeunesse, ni les travailleurs français, ni même les provinciaux ou vieilles minorités ethniques (Corses, Bretons, etc.) car Paris, ville détruite, a perdu son rôle historique qui était de faire des Français. Qu’est-ce qu’un centralisme sans capitale ? Le camp de concentration n’a créé aucun Allemand parmi les Européens déportés. La diffusion du spectacle concentré ne peut uniformiser que des spectateurs. On se gargarise, en langage simplement publicitaire, de la riche expression de « diversités culturelles ». Quelles cultures ? Il n’y en a plus. Ni chrétienne ni musulmane ; ni socialiste ni scientiste. Ne parlez pas des absents. Il n’y a plus, à regarder un seul instant la vérité et l’évidence, que la dégradation spectaculaire-mondiale (américaine) de toute culture.

    Ce n’est surtout pas en votant que l’on s’assimile. Démonstration historique que le vote n’est rien, même pour les Français, qui sont électeurs et ne sont plus rien (1 parti = 1 autre parti ; un engagement électoral = son contraire ; et plus récemment un programme — dont tous savent bien qu’il ne sera pas tenu — a d’ailleurs enfin cessé d’être décevant, depuis qu’il n’envisage jamais plus aucun problème important. Qui a voté sur la disparition du pain ?). On avouait récemment ce chiffre révélateur (et sans doute manipulé en baisse) : 25 % des « citoyens » de la tranche d’âge 18-25 ans ne sont pas inscrits sur les listes électorales, par simple dégoût. Les abstentionnistes sont d’autres, qui s’y ajoutent.

    Certains mettent en avant le critère de « parler français ». Risible. Les Français actuels le parlent-ils ? Est-ce du français que parlent les analphabètes d’aujourd’hui, ou Fabius (« Bonjour les dégâts ! ») ou Françoise Castro (« Ça t’habite ou ça t’effleure ? »), ou B.-H. Lévy ? Ne va-t-on pas clairement, même s’il n’y avait aucun immigré, vers la perte de tout langage articulé et de tout raisonnement ? Quelles chansons écoute la jeunesse présente ? Quelles sectes infiniment plus ridicules que l’islam ou le catholicisme ont conquis facilement une emprise sur une certaine fraction des idiots instruits contemporains (Moon, etc.) ? Sans faire mention des autistes ou débiles profonds que de telles sectes ne recrutent pas parce qu’il n’y a pas d’intérêt économique dans l’exploitation de ce bétail : on le laisse donc en charge aux pouvoirs publics.

    Nous nous sommes faits américains. Il est normal que nous trouvions ici tous les misérables problèmes des USA, de la drogue à la Mafia, du fast-food à la prolifération des ethnies. Par exemple, l’Italie et l’Espagne, américanisées en surface et même à une assez grande profondeur, ne sont pas mélangées ethniquement. En ce sens, elles restent plus largement européennes (comme l’AIgérie est nord-africaine). Nous avons ici les ennuis de l’Amérique sans en avoir la force. Il n’est pas sûr que le melting-pot américain fonctionne encore longtemps (par exemple avec les Chicanos qui ont une autre langue). Mais il est tout à fait sûr qu’il ne peut pas un moment fonctionner ici. Parce que c’est aux USA qu’est le centre de la fabrication du mode de vie actuel, le cœur du spectacle qui étend ses pulsations jusqu’à Moscou ou à Pékin ; et qui en tout cas ne peut laisser aucune indépendance à ses sous-traitants locaux (la compréhension de ceci montre malheureusement un assujettissement beaucoup moins superficiel que celui que voudraient détruire ou modérer les critiques habituels de « l’impérialisme »). Ici, nous ne sommes plus rien : des colonisés qui n’ont pas su se révolter, les béni-oui-oui de l’aliénation spectaculaire. Quelle prétention, envisageant la proliférante présence des immigrés de toutes couleurs, retrouvons-nous tout à coup en France, comme si l’on nous volait quelque chose qui serait encore à nous ? Et quoi donc ? Que croyons-nous, ou plutôt que faisons-nous encore semblant de croire ? C’est une fierté pour leurs rares jours de fête, quand les purs esclaves s’indignent que des métèques menacent leur indépendance !

    Le risque d’apartheid ? Il est bien réel. II est plus qu’un risque, il est une fatalité déjà là (avec sa logique des ghettos, des affrontements raciaux, et un jour des bains de sang). Une société qui se décompose entièrement est évidemment moins apte à accueillir sans trop de heurts une grande quantité d’immigrés que pouvait l’être une société cohérente et relativement heureuse. On a déjà fait observer en 1973 cette frappante adéquation entre l’évolution de la technique et l’évolution des mentalités : « L’environnement, qui est reconstruit toujours plus hâtivement pour le contrôle répressif et le profit, en même temps devient plus fragile et incite davantage au vandalisme. Le capitalisme à son stade spectaculaire rebâtit tout en toc et produit des incendiaires. Ainsi son décor devient partout inflammable comme un collège de France. » Avec la présence des immigrés (qui a déjà servi à certains syndicalistes susceptibles de dénoncer comme « guerres de religions » certaines grèves ouvrières qu’ils n’avaient pu contrôler), on peut être assurés que les pouvoirs existants vont favoriser le développement en grandeur réelle des petites expériences d’affrontements que nous avons vu mises en scène à travers des « terroristes » réels ou faux, ou des supporters d’équipes de football rivales (pas seulement des supporters anglais).

    Mais on comprend bien pourquoi tous les responsables politiques (y compris les leaders du Front national) s’emploient à minimiser la gravité du « problème immigré ». Tout ce qu’ils veulent tous conserver leur interdit de regarder un seul problème en face, et dans son véritable contexte. Les uns feignent de croire que ce n’est qu’une affaire de « bonne volonté anti-raciste » à imposer, et les autres qu’il s’agit de faire reconnaître les droits modérés d’une « juste xénophobie ». Et tous collaborent pour considérer cette question comme si elle était la plus brûlante, presque la seule, parmi tous les effrayants problèmes qu’une société ne surmontera pas. Le ghetto du nouvel apartheid spectaculaire (pas la version locale, folklorique, d’Afrique du Sud), il est déjà là, dans la France actuelle : l’immense majorité de la population y est enfermée et abrutie ; et tout se serait passé de même s’il n’y avait pas eu un seul immigré. Qui a décidé de construire Sarcelles et les Minguettes, de détruire Paris ou Lyon ? On ne peut certes pas dire qu’aucun immigré n’a participé à cet infâme travail. Mais ils n’ont fait qu’exécuter strictement les ordres qu’on leur donnait : c’est le malheur habituel du salariat.

    Combien y a-t-il d’étrangers de fait en France ? (Et pas seulement par le statut juridique, la couleur, le faciès.) Il est évident qu’il y en a tellement qu’il faudrait plutôt se demander : combien reste-t-il de Français et où sont-ils ? (Et qu’est-ce qui caractérise maintenant un Français ?) Comment resterait-il, bientôt, de Français ? On sait que la natalité baisse. N’est-ce pas normal ? Les Français ne peuvent plus supporter leurs enfants. Ils les envoient à l’école dès trois ans, et au moins jusqu’à seize, pour apprendre l’analphabétisme. Et avant qu’ils aient trois ans, de plus en plus nombreux sont ceux qui les trouvent « insupportables » et les frappent plus ou moins violemment. Les enfants sont encore aimés en Espagne, en Italie, en Algérie, chez les Gitans. Pas souvent en France à présent. Ni le logement ni la ville ne sont plus faits pour les enfants (d’où la cynique publicité des urbanistes gouvernementaux sur le thème « ouvrir la ville aux enfants »). D’autre part, la contraception est répandue, l’avortement est libre. Presque tous les enfants, aujourd’hui, en France, ont été voulus. Mais non librement ! L’électeur-consommateur ne sait pas ce qu’il veut. Il « choisit » quelque chose qu’il n’aime pas. Sa structure mentale n’a plus cette cohérence de se souvenir qu’il a voulu quelque chose, quand il se retrouve déçu par l’expérience de cette chose même.

    Dans le spectacle, une société de classes a voulu, très systématiquement, éliminer l’histoire. Et maintenant on prétend regretter ce seul résultat particulier de la présence de tant d’immigrés, parce que la France « disparaît » ainsi ? Comique. Elle disparaît pour bien d’autres causes et, plus ou moins rapidement, sur presque tous les terrains.

    Les immigrés ont le plus beau droit pour vivre en France. Ils sont les représentants de la dépossession ; et la dépossession est chez elle en France, tant elle y est majoritaire. et presque universelle. Les immigrés ont perdu leur culture et leurs pays, très notoirement, sans pouvoir en trouver d’autres. Et les Français sont dans le même cas, et à peine plus secrètement.

    Avec l’égalisation de toute la planète dans la misère d’un environnement nouveau et d’une intelligence purement mensongère de tout, les Français. qui ont accepté cela sans beaucoup de révolte (sauf en 1968) sont malvenus à dire qu’ils ne se sentent plus chez eux à cause des immigrés ! Ils ont tout lieu de ne plus se sentir chez eux, c’est très vrai. C’est parce qu’il n’y a plus personne d’autre, dans cet horrible nouveau monde de l’aliénation, que des immigrés.

    Il vivra des gens sur la surface de la terre, et ici même, quand la France aura disparu. Le mélange ethnique qui dominera est imprévisible, comme leurs cultures, leurs langues mêmes. On peut affirmer que la question centrale, profondément qualitative, sera celle-ci : ces peuples futurs auront-ils dominé, par une pratique émancipée, la technique présente, qui est globalement celle du simulacre et de la dépossession ? Ou, au contraire, seront-ils dominés par elle d’une manière encore plus hiérarchique et esclavagiste qu’aujourd’hui ? Il faut envisager le pire, et combattre pour le meilleur. La France est assurément regrettable. Mais les regrets sont vains.

    Guy Debord 1985

    [Rédigées en décembre 1985, ces notes furent communiquées à Mezioud Ouldamer, qui publiera en novembre 1986 aux éditions Gérard Lebovici « Le cauchemar immigré dans la décomposition de la France »]

Laissez un message

XHTML: Vous pouvez utiliser : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>