mar 12
2007Mario Dumont à "Tout le monde en parle"
Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 12-03-2007
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Poursuivant ma série de “carnets de campagne”, parlons ici de la performance de Mario Dumont, chef de l’ADQ (Action démocratique du Québec) à l’émission de Guy A. Lepage hier soir.
Le début de l’entrevue se déroule très bien pour le chef adéquiste. Il semble confiant, maître de la situation et même convaincant dans son discours. Malheureusement, il a dû penser que l’exercice allait être facile et qu’il n’avait pas besoin de trop se préparer.
Après tout, il ne s’agit que d’une émission de divertissement… Après tout, André Boisclair n’avait pas eu droit à des questions particulièrement difficiles, en tout cas pas de gros pièges, pas d’acharnement sur les erreurs du candidat au poste de premier ministre.

Un tort, sans doute, puisque le traitement auquel Mario Dumont a eu droit n’avait rien de comparable avec celui réservé, il y a une semaine, à André Boisclair… Étrange…
Et voilà que Diane apporte le tableau noir avec le chiffrage des promesses électorales des trois principaux partis. Les colonnes pour le PLQ et le PQ sont remplies, alors que celles de l’ADQ sont vides.
À partir de là, toute la confiance de Mario Dumont s’envole. Le chef adéquiste refusant de donner des chiffres, disant qu’il réservait cela pour la fin de la campagne. En fait, Mario Dumont attend le dépôt du budget fédéral… après tout, ce n’est pas fou vu que le Québec n’est ni indépendant, ni autonome.
Certes, il s’est assez mal défendu. Mais d’un autre côté, peut-on concevoir qu’un candidat attende de connaître les montants de toutes les recettes (comprendre : l’argent qu’Ottawa redonnera au Québec), avant d’avancer des promesses ? Ça peut se débattre, mais ça peut se comprendre aussi !
Mais là, j’ai du mal à comprendre l’acharnement qui a suivi contre Mario Dumont. Certes, il aurait dû au moins donner une estimation, une fourchette de dépense globale. L’erreur aura été de ne rien donner, ou presque… mais revenons-en ! Nous savons tous bien que tous les beaux chiffres avancés par le PQ et le PLQ ne sont pas réalistes et qu’aucun gouvernement n’a tenu ses promesses en terme de dépenses. Faut-il reparler de la Gespésia ? Du métro de Laval ? Des différents dérapages budgétaires qui gonfle le gouffre de la dette publique ? Allons ! Arrêtons de rêver !
Malgré tout, Mario Dumont s’est repris plus ou moins ensuite, mais on l’a senti affecté par cet épisode.
Il a eu droit à quelques applaudissements lorsqu’il a parlé des ressources naturelles du Québec, ce qui a du lui faire un petit velours… il pourra se reprendre pour mardi, à condition qu’il prenne le débat des chefs vraiment au sérieux, et pas comme en 2003 où il se vantait de ne pas se préparer pour le débat. Ça s’est vu, et il s’est planté.
Malgré tout, à mi-campagne, il fait beaucoup mieux qu’en 2003… Il y a quatre ans, l’ADQ s’était effondré bien avant cela.
Je gage que Guy A. va chercher aussi à mettre Jean Charest dans l’embarra la semaine prochaine, sauf que Jean Charest a beaucoup plus de répondant et de répartie que le chef de l’ADQ…
Dans tout ça, où va le débat ? Mario Dumont a tenté d’exposer une nouvelle façon de gérer l’état, Guy A. s’est contenté de jouer le “running gag” autour du tableau noir… Il nous a habitué à mieux.