mar 12
2007Déjà lorsque j’étais en politique, je n’appréciais pas les sondages, surtout lorsqu’ils étaient favorables à mon camp. En effet, lorsqu’ils sont bons, c’est une source de démobilisation chez les partisans de circonstance, qui relâchent un peu leurs efforts en se disant que “c’est gagné”.
Par contre, ce qui est intéressant dans les sondages, c’est la vue d’ensemble sur une longue période, car ils décrivent une “tendance”. On constate alors, soit un effritement, soit une progression et nous donne des éléments de réflexion par rapport à des sujets plus porteurs que d’autres.
Que cela soit en France où j’exerçait mes “talents”, qu’au Québec, je remarque que c’est du pareil au même.
Antagoniste.net a bien compris cela est nous livre régulièrement un très intéressant graphique sur les progressions (ou les régressions) de chacun des principaux partis. Ce dernier graphique est assez parlant d’ailleurs (à voir en cliquant ici).
L’on voit, par exemple, que l’élection d’André Boisclair avait propulsé le PQ à 50% des intentions de vote, ce qui est énorme. Mais, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, le jeu chef péquiste n’a pas su exploiter cette popularité comme il aurait fallu. Certes, on se serait bien douté que le PQ ne pouvait pas rester à ce niveau, mais là, on parle d’un effondrement puisque le PQ est aujourd’hui donné à 29% ! Belle performance !

À l’inverse, depuis un peu plus de six mois, le PLQ reste (relativement) stable, avec une “tendance” à une faible progression. Le parti de Jean Charest étant parti de 25% en juin 2005, pour arriver aux alentours de 33% pour le dernier sondage CROP-La Presse.
Pour ce qui est de l’ADQ, la situation est assez particulière : après un long effritement, le parti de Mario Dumont s’envole, mais depuis très peu de temps. Aux alentours de 12% en octobre dernier, il “culmine” maintenant à 26%…
Voilà donc la tendance : le PQ s’effondre lentement, le PLQ limite la casse mais n’arrive pas à réellement progresser, tandis que l’ADQ semble rassembler les mécontents des deux autres partis. Le problème avec ça, c’est que l’ADQ capitalise sur l’échec des autres, ce qui n’est jamais très bon. Surtout que bien des électeurs seront tentés de “retourner au bercail” au moment du vote.
Pour les projections en sièges, en voici qui sont, bien entendu, à prendre avec beaucoup de réserve :
PLQ : 63 sièges (76 en 2003)
PQ : 46 sièges (45 en 2003)
ADQ : 16 sièges (4 en 2003)
QS et Verts : 0
Serré, serré… comme vous pouvez le constater. La majorité serait gagnée par le PLQ d’un seul siège… rien n’est joué donc.
C’est tout pour aujourd’hui… mercredi, je vous ferais une analyse du “Débat des chefs”, à moins que l’actualité m’oblige à intervenir avant.