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Montréal à… (re)découvrir

Jean-Philippe | 18 mai 2008

Profitant de leur anniversaire d’arrivée au Québec, Isabelle et Christophe en ont profité pour réhabiller leur blogue. Si vous ne les connaissez pas encore, je vous invite grandement à leur rendre visite…

Depuis leur arrivée à Montréal, ils nous livrent leurs impressions sur leur société d’accueil, les bons comme les mauvais côtés. Découvrez également leur album de photos ainsi que leurs vidéos.

Bon anniversaire à vous deux et bravo pour la qualité de votre blogue !

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L’Airbus A380 à Montréal

Jean-Philippe | 12 novembre 2007

Ce fût l’événement de la journée ici, à Montréal. Les médias avaient largement relayé l’information, alors que les premiers curieux et passionnés s’étaient amassés prêt de l’aéroport international de Dorval, dès 6 heures ce matin, alors que l’A380 venait à peine de quitter Paris. Bien évidemment, ce fût également un peu l’effervescence dans les locaux de Bombardier aéronautique.

Une chance pour nous, nos bureaux se trouvent en plein dans l’axe de l’aéroport de Dorval, et nous voyons déjà, tout au long de la journée, des dizaines d’avions passer au-dessus de nos installations.

Vers 11 heures, l’information a été passée selon laquelle, le paquebot du ciel allait bel et bien nous survoler. Au départ, il était question de 12h45, puis, finalement, c’est aux alentours de 12h15 que nous avons pu voir ce bel oiseau. Armé de mon cellulaire, je suis sorti en quatrième vitesse afin de prendre ces deux clichés.

A380 en approche

L’on voit bien, sur cette première photo, l’approche de l’appareil depuis le boulevard Marcel-Laurin à Ville St-Laurent. Ce qui nous a tous étonné, c’est son silence. En effet, nous avons l’habitude de “sentir” le survol de certains appareils, bien plus petits que l’A380, alors que l’approche de celui-ci c’est fait vraiment discrètement.

A380

Il s’agissait donc d’une sorte de vol inaugural transatlantique pour cette nouvelle génération d’Airbus, mais pas sa première présence au Québec. En effet, au moment des essais de certification, l’A380 était déjà venu l’année dernière, en plein hiver, se poser dans le nord québécois afin de tester l’avion sous des températures extrêmes.

Demain, l’A380 prendra la direction d’Orlando en Floride, puis reviendra à Montréal jeudi prochain, pour un dernier passage. Dernier avant un bon moment, semble t-il, puisqu’il n’est pas encore question pour Air France, qui s’est porté acquéreur de douze appareils, d’en attribuer sur la ligne Paris-Montréal. Mais le président d’Air France Canada souhaite qu’en à lui, le voir en opération régulière vers Montréal à plus ou moins long terme.

A380 autoroute

Pour l’anecdote enfin, pas moins d’une vingtaine d’entreprises québécoises ont participé à la conception et à la fabrication de l’A380.

Crédit photo pour le troisième cliché : Cyberpresse.

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A380, Airbus, Aviation, Canada, France, Montréal, Québec
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De retour "cheu nous" !

Jean-Philippe | 21 juillet 2007
Mon Boeing était “bleu de mer”, comme dans la chanson de Charlebois. Hier, vers 19h30, les roues du 767 se sont posées sur la piste détrempée de l’aéroport de Montréal.

Cela faisait près de quatre ans que je n’avais pas été en France. Et je dois vous dire très franchement, cela ne me manquait pas vraiment.

Certes, j’adore Paris et j’ai apprécié les quelques heures passées dans la capitale, la bonne bouffe de bistro arrosée d’une Leffe. J’aurai aussi beaucoup aimé aller à Lille, ma deuxième ville d’adoption après Montréal, mais je ne pense pas que ma famille aurait vraiment apprécié que je leur fausse compagnie, alors que nous ne nous sommes pas vus depuis plusieurs années. Serait-ce cela que l’on nomme “obligations familiales” ?


Évidemment, il était temps que je retrouve ma Normandie natale. Me recueillir sur la tombe de mon grand-père que je n’ai pas vu partir, constater que les gens changent, tout comme on m’a trouvé changé. Retrouver mes vieux réflexes français, en faisant attention où je pose mes pieds afin d’éviter certains désagréments olfactifs.

Cela m’a tout de même fait du bien, de passer une semaine sans internet (ou presque). Cela n’a pas dû trop se voir sur mon blogue, j’avais préparé quelques billets à l’avance, en les “post-datant”.

Quoi dire d’autre ? … À part que le temps est pourri dans la moitié nord de la France, tout comme à Montréal. Que je me plais toujours beaucoup plus ici au Québec, qu’en France. Cela doit d’ailleurs se voir un peu, puisque personne ne m’a demandé si je comptais revenir y vivre, contrairement aux autres fois. Jean, un bon ami de la famille, continue à me dire sans relâche (il le fait depuis qu’il a su que je m’installais au Québec) que j’ai bien fait de quitter la France et qu’à mon âge, il aurait fait pareil… même ma mère n’a rien trouvé à lui répliquer. C’est pour dire !

Sacré Jean… tout un numéro celui-là ! Ancien pilote de chasse dans l’armée, il a longtemps travaillé dans l’aéronautique. Alors quand il a su que je travaillais pour Bombardier, il a commencé à me raconter des tas d’histoires sur ses amis Canadiens de chez Canadair, qu’il rencontrait lors des salons de l’aéronautique du Bourget. Il en a tellement fait dans sa vie, il a tellement voyagé, un vrai baroudeur, qu’il nous fait toujours passer d’excellents moments à nous raconter ses aventures. En tous cas, j’ai bien été content de le revoir !

Mais me voilà de retour… dans cette ville de Montréal que j’adore ! Je vais maintenant essayer de profiter des quinze jours de vacances qu’il me reste, avant de retrouver ma petite routine quotidienne.


Sinon, en vrac :

- Zoom Airlines : très correct pour le prix. Service à bord sans faute. Évidemment, comme pour tout vol nolisé, les espaces pour les jambes sont étroits.
- Aéroport Charles-de-Gaulle, T3 : ce terminal est vraiment pourri. Attente de 1h30 pour passer la sécurité, obligé de prendre un bus pour se rendre à l’appareil, pas de climatisation…
- Aéroport de Dorval : les nouveaux aménagements sont excellents. Peu d’attente, aussi bien à l’embarquement qu’au débarquement. J’ai passé les douanes en 15 minutes et les bagages sont arrivés très rapidement.
- Les Français : peut-être grâce aux vacances estivales, j’ai vu peu de râleurs. Par contre, ils sont toujours aussi nerveux au volant !
- Note pour plus tard : ne jamais dire du bien de vins non-français à des Français de France !

- Le Vieux-Rouen est toujours aussi magnifique…

- … le “6e pont” de Rouen est d’une profonde laideur, mais un prodige technologique.

- Ça fait bizarre d’entendre les “Pin-Pon” des voitures de police.

- Les nouvelles Peugeot sont vraiment bien, par contre, les Renault sont de plus en plus laides, c’est vraiment effrayant ! Citroën : bof, bof… J’ai bien aimé la nouvelle Lancia Ypsilon de ma mère, j’aurais d’ailleurs jamais imaginé dire du bien d’une Lancia !

- Les télé-séries françaises sont vraiment à chier !

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Comment internet a changé ma vie

Jean-Philippe | 10 juillet 2007
Si propice aux superlatifs, notre époque nous habitue à voir fleurir des termes forts et souvent exagérés, prenant même la forme de slogans, comme influencé par le monde de la publicité et des médias.

Ainsi, combien de fois par semaine entendons-nous parler de “révolution” ? Même le lecteur de nouvelles se prend au jeu et se permet de mettre l’emphase sur une découverte ou encore une invention qui, à l’entendre, devient une véritable révolution.

En d’autres temps, il fallait attendre bien des années entre chaque “révolution”. En d’autres temps, il fallait faire tomber des têtes ou inventer la machine à vapeur pour en arriver là. Aujourd’hui, tout devient extraordinaire, unique, incroyable.

Certes, le rythme des avancées technologiques n’a jamais été aussi élevé, mais est-ce que nos vies se sont tant métamorphosées ?

Car pour moi, une “révolution”, c’est avant tout un événement ou une invention qui modifie profondément notre façon de vivre et ce, de manière généralisée.

C’est en cela que lorsque je regarde ma vie d’avant et d’après 1995, je me dis qu’internet a révolutionné ma vie !


Avant qu’internet fasse partie de mon quotidien, lorsque je cherchais un mot, j’ouvrais mon dictionnaire. Lorsque je voulais magasiner quelque part, je me déplaçais. Lorsque je voulais un catalogue, je le demandais par téléphone et, avec de la chance, je le recevais par la poste quinze jours plus tard. Lorsque je voulais voyager, ou juste prendre le train, j’allais dans une agence de voyage ou à la gare. Lorsque je voulais écrire à la famille ou à des amis, j’achetais une carte postale. Lorsque je voulais avoir des nouvelles, j’attendais l’heure de diffusion à la télévision ou je sortais acheter le journal…

Depuis le temps, pour tout cela et pour bien d’autres choses, je m’assois devant mon ordinateur et cela prend quelques minutes.

Un événement m’échappe ? J’aimerai en savoir plus sur l’histoire d’un pays, d’un conflit ou sur une personnalité ? … J’ouvre Wikipédia et en quelques minutes, j’apprends l’essentiel de ce qu’il faut savoir !

Mais internet a modifié de façon encore plus profonde mon existence.

En 1999, en clavardant sur un site de discussion québécois, je découvre tout un monde que j’ignorais, ou presque. À l’époque, le Québec ne signifiait pas grand chose… Quelques images me venaient en tête. Des images beaucoup plus issues du fantasme populaire, que de la réalité vraie : les bûcherons, l’hiver, Robert Charlebois, et les images de mon enfance, celles de cette fabuleuse émission “La chasse au trésor”, coproduite par la France et le Canada.

En 1999 donc, je découvre qu’il y a une vraie vie de l’autre côté de l’océan… Lentement, je lie des amitiés (virtuelles s’entend) avec des inconnus, mais des inconnus tellement sympathiques !

Un an plus tard, je décidais de passer un mois et demi au Québec… ce fût une véritable révélation ! Je me suis retrouvé, ici, dans un pays que j’ignorais quelques mois auparavant.

En juillet 2001, par internet, je réservais mon billet “aller simple” Paris-Montréal après cinq mois de démarches afin de devenir immigrant… le 30 septembre, je débarquais à Montréal pour de bon.

Aujourd’hui, avec un blog et une vie “virtuelle” bien développée, je fais ce que j’aime faire : écrire, découvrir, apprendre… et ce, grâce à internet.

Alors oui, internet a changé ma vie ! Alors oui, internet est une vraie révolution, dans le sens que cette invention va bien au-delà du simple gadget de communication.

Internet m’a fait franchir 6,000 km d’océan et contribue encore aujourd’hui à me faire découvrir bien des espaces…

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"Je me souviens", la devise du Québec

Jean-Philippe | 17 avril 2007

Un lecteur de mon blog, m’a donné l’idée de rédiger une tentative d’explication de notre devise : le fameux “Je me souviens”. Cette devise, qui peut apparaître simple au premier abord, est recouvert d’un épais mystère teinté d’une vieille controverse. Explications.

C’est en 1978, soit deux ans après la retentissante victoire des souverainistes aux élections générales, que le ministère des Transports décida de modifier l’inscription présente sur les plaques d’immatriculation.

Jusque-là, nous pouvions y lire une très touristique “La belle province”, alors qu’à compter de 1978, le slogan fût remplacé par la sulfureuse devise “Je me souviens”.



Une plaque de 1973

Parti souverainiste au pouvoir aidant, cela fût interprété comme un signe de défiance envers l’autorité canadienne. En effet, il apparaissait clairement que le Québec préférait se souvenir de ses origines françaises, que de son attachement à la fédération. Notez que figurait sur la précédente inscription, l’allégeant terme de “province”.

Honnêtement, même s’il est très clair que le gouvernement de l’époque souhaitait se débarrasser de l’encombrant terme “province”, je ne pense pas qu’il s’agissait nécessairement d’une quelconque défiance envers le Canada.

D’ailleurs, la devise en tant que telle, existait bien avant l’arrivée des souverainistes au pouvoir. Elle orne les armoiries du Québec depuis 1939, et fût même apparue en 1883 ! Preuve que l’irritabilité des fédéralistes n’a ironiquement pas de mémoire, elle !

Mais d’où vient la devise ?

C’est en 1883 donc, que l’architecte québécois Eugène-Étienne Taché, proposa un dessin de la façade du Palais législatif de Québec (il s’agit en fait de l’actuel hôtel du Parlement). Sur le fronton, il avait reproduit les armes de la province, ainsi que la devise “Je me souviens”. À partir du moment où le contrat fût signé avec le gouvernement (soit le 9 février 1883), nous pouvons dire que cette devise pris un caractère très officiel, étant donné que l’inscription ornerait dorénavant l’édifice institutionnel le plus important au Québec.

Pour l’anecdote, les armoiries présentes actuellement sur le Parlement (photo ci-bas), ne sont pas celles dessinées par Taché, mais ont été modifiées dans les années 1960, suite à des réparations effectuées sur la façade. Les autorités profitèrent des travaux pour y placer les armoiries officielles, telles que établies en 1939.



Les armoiries à l’entrée du Parlement de Québec

Maintenant, reste à savoir si Eugène-Étienne Taché était le véritable auteur de cette devise, et si tel n’est pas le cas, d’où venait son inspiration ?

L’inspiration poétique, mais improbable…

En 1978, une lette envoyée au “Montréal Star” par Hélène Pâquet, descendante de Eugène-Étienne Taché, expliqua que la devise est en fait incomplète et serait tirée du poème suivant : “Je me souviens/Que né sous le lys/Je croîs sous la rose.”

Cependant, les propos de Hélène Pâquet vont à l’encontre de ce que pouvait dire Étienne-Théodore Pâquet, gendre de Eugène-Étienne Taché près de 40 années auparavant. Pour lui, le pays tout entier devait saluer l’esprit de synthèse de Taché, qui a réussit, en trois mots, à résumer l’histoire et les traditions du peuple Québécois. Il souhaitait que Taché puisse être autant considéré que Routhier et Lavallée, les auteurs de “Ô Canada”.

De plus, jamais personne n’a pu prouver l’existence du poème cité par Hélène Pâquet, surtout qu’il en existe une autre variante, comme altérée par la rumeur : “Née dans les lis, je grandis dans les roses”.

Cependant, on peut trouver un début d’explication dans la confusion ainsi créé, sur une médaille-souvenir datant de 1908. Cette médaille, gravée à l’occasion du troisième centenaire de la fondation de la ville de Québec, porte l’inscription suivante : « Dieu aidant, l’oeuvre de Champlain née sous les lis a grandi sous les roses ». L’on voit donc d’où semblerait venir ce “fameux” poème fantôme, mais cette gravure fait mention de la ville de Québec (fondée par Champlain), et le “Je me souviens” est bel et bien absent.

Mais ne pensez pas y voir là, de toutes façons, l’origine de la devise du Québec. Car comme l’écrit Gaston Déchênes, Taché “était un héraldiste accompli qui savait qu’on ne peut concevoir des armoiries avec une devise de douze mots”. Là-dessus, les spécialistes sont d’accord, “Je me souviens” ne fait pas partie d’un quelconque poème, même si la rumeur populaire y voit un aspect plutôt sympathique.

Après la poésie, la chanson !

Pour Conrad Laforte (ethnologue et bibliothécaire Québécois) auteur du “Catalogue de la chanson folklorique française”, Taché s’est inspiré de la chanson populaire “Un Canadien errant”, écrit par Antoine Gérin-Lajoie en 1842.

Dans le texte du “Canadien errant”, l’on peut y lire :

“Si tu vois mon pays,
Mon pays malheureux,
Va dire à mes amis
Que je me souviens d’eux.”

Contrairement au poème de Hélène Pâquet, dont on ne retrouve trace nulle part, la chanson “Un Canadien errant” a le mérite d’exister bel et bien (et le “Je me souviens” d’y être présent). Maintenant, difficile à dire si cette chanson est la véritable source d’inspiration de l’architecte du Parlement. Là non-plus, rien ne permet de le confirmer.

Edith Fowke, dans le “Penguin Book of Canadian Folk Songs”, évoque la révolte des Patriotes de 1837-1838, à la suite de laquelle, des Canadiens-Français furent emprisonnés, déportés ou pendus. Ceux qui échappèrent aux autorités britanniques furent contraint à l’exil aux États-Unis. Leur destinée aurait donc été une inspiration pour Antoine Gérin-Lajoie. À partir de 1842, les Canadiens-Français chantèrent “Un Canadien errant” de l’Acadie aux Territoires du Nord-Ouest.

L’inspiration historique

De son côté, Pierre-Georges Roy pense que “les mots [que la citation] contient sont une heureuse conception puisqu’ils disent clairement le passé, le présent et le futur de la seule province française de la Confédération canadienne”.

Ceci est à mettre en parallèle avec ce qu’aurait dit le juge Jetté, en 1890, évoquant les sentiments des Canadiens-Français lorsque le drapeau français réapparut sur le fleuve en 1855 : « Oui, je me souviens, ce sont nos gens ». Mais là aussi il faut rester prudent, car il n’existe à ce jour aucune preuve tangible de l’exactitude des termes employés par le juge.

Une devise liée au parlement

Jacques Rouillard, Professeur au département d’histoire et responsable du programme d’études québécoises de l’Université de Montréal, écrivait dans Le Devoir en 2005, un début d’explication.

(…) “le sens de la devise doit être interprété comme un texte introduisant à l’Hôtel du Parlement lui-même, que Taché conçoit comme un « témoin » de l’histoire du Québec, un lieu de mémoire destiné à illustrer de manière symbolique l’identité du Québec. L’ornementation générale de l’Hôtel du Parlement devient la clef pour saisir la signification de la divise.”

Par contre, Jacques Rouillard semble totalement s’égarer, lorsqu’il y voit « la reconnaissance envers la Grande-Bretagne pour nous avoir accordé la liberté politique ». Cette thèse a été largement écartée par Gaston Déchênes, qui a sans aucun doute, une plus grande expertise et connaissance sur le sujet.

Christian Gagnon, dans Le Devoir, répond d’ailleurs à Jacques Rouillard de belle façon : “Dans certains milieux canadiens-anglais, on ne manque pas une occasion de soutenir d’autres mensonges voulant que les Filles du Roy aient été des prostituées, les premiers colons de Nouvelle-France, d’anciens bagnards, Dollard-des-Ormeaux, un voleur de fourrures, et les Canadiens-français anti-conscriptionnistes, des lâches. Dans le cas du « Je me souviens », il serait apprécié que nos universitaires ne se fassent pas les courroies de transmission de cet autre exercice de désappropriation et de détournement de sens des symboles historiques nationaux de notre peuple, comme ce fut le cas pour l’hymne « Ô Canada », la feuille d’érable et le castor”.

Mais là où Rouillard à raison, c’est dans l’intention de créer un sanctuaire de la mémoire, de l’histoire et de l’identité d’un peuple. La présence des statues, que cela soit de Britanniques, de Français et d’Amérindiens (un cas unique sur des édifices parlementaires canadiens) sur le pourtour du Parlement, évoque une sorte de “Panthéon” des personnages ayant influencé le Canada-Français.

Pourquoi faire compliqué ?

Effectivement, pourquoi donc faudrait-il que cette devise soit incomplète ? Si cela avait été le cas, Taché aurait eu très largement le temps de l’évoquer, de l’écrire, ne serait-ce que dans les correspondances qu’il entretenait avec les autorités, au moment de la conception de son projet.

Encore là, Gaston Déchênes résume très bien ma pensée : “La devise « Je me souviens » invite tout simplement à… se souvenir notamment de ce que la décoration de la façade de l’Hôtel du Parlement évoque. En ce sens, la devise du Québec est ouverte et ne comporte pas de jugement de valeur (contrairement à l’autre devise où plusieurs ont vu les bienfaits de la Conquête [ndlr : les "fameuses" roses]).”

Voyons donc cette devise, surtout celle présente sur le Parlement, comme un témoin de l’histoire du Québec. À notre devoir de mémoire.


Sources utilisées pour cet article :

- André Pépin et son site sur les plaques d’immatriculation du Québec

- Gaston Deschênes, La devise “Je me souviens” sur le site de L’Agora.

- Jacques Rouillard, “Se souvenir de qui, de quoi ?”.

- “Un Canadien errant”, par L’encyclopédie canadienne.

- La chanson “Un Canadien errant” (paroles et fichier midi).

- “Je me souviens”, sur Wikipédia

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Dix ans sur la toile !

Jean-Philippe | 15 janvier 2007
Attendant patiemment que l’unique image du site, se décide enfin à apparaître dans la fenêtre de mon navigateur Netscape 3.0, je me souviens de la fébrilité que j’ai éprouvé, en cette journée de janvier 1997, lorsque j’ai mis en ligne la première page de mon site personnel. Fond gris, texte bleu foncé et une pauvre petite image en Gif, voilà ce que je pouvais me permettre, à l’époque, comme originalité.

Derrière l’écran de mon PowerMac 7200 (paix à son âme), de ma connexion 28,8 qui était pratiquement de la haute-vitesse pour 1997 (en tous cas en France), voilà que je suivais un peu une mode dont je me moquais auparavant, qui consistait à créer un site personnel !


En ce temps, je considérais l’internet comme un outil et juste comme un outil. Trouver le numéro de téléphone de la pizzeria d’à côté, voir les horaires des trains Paris-Rouen ou Paris-Lille, trouver des informations (toujours) pertinentes… bref, m’aider dans mon travail et dans ma vie.

J’avais découvert et utilisé internet pour la première fois en décembre 1995. Je me suis alors senti comme un enfant devant une boutique de bonbons : un clic de souris et me voilà aux États-Unis, un autre clic et hop, je me retrouve en Allemagne… c’était presque magique. Mais il ne fallait pas trop s’attarder, en 1995, pour 150 francs (disons 25$ can.), je ne bénéficiais que d’une dizaine d’heures de connexion par mois et, tenez-vous bien, d’un hébergement de pages internet tout à fait colossal de 150Ko !

En même temps, je devais développer un site internet associatif (et oui déjà !). Ce fût donc très rapidement que je dû me plonger dans ce nouveau monde virtuel. Livres sur le HTML, revues spécialisées qui commençaient à être publiées, forums de discussion sur internet… bref, les balises HTML n’avaient plus de secret pour moi. Faut dire qu’à l’époque, tout cela restait très basique et donc, pas vraiment compliqué.

On “programmait” à l’aide de SimpleText (le notepad du Mac), on passait quinze minutes à télécharger la page via FTP, en angoissant un peu puisqu’il était pas vraiment possible de voir ce que notre travail pouvait donner “en vrai”.

C’est d’ailleurs aussi pour cela que j’avais créé un site personnel. Fatigué de rendre le site associatif indisponible à cause d’une erreur de programmation HTML, j’avais pris un espace sur “Chez.com”, un hébergeur gratuit, afin de pouvoir faire des tests sans que cela gêne personne.

Puis, petit à petit, j’ai fait ce que déjà des centaines de milliers de personnes faisaient : je commençais à construire ma page personnelle.

Il n’y avait pas grand chose… je parlais de ce que j’aimais : mes télé-séries préférées, mes artistes favoris… c’était du gros fouilli, sur des pages longues comme mon bras qui mettaient deux heures à se charger (bon, j’exagère, mais à l’époque, il n’y avait pas grand chose d’instantané sur le net !).

Début 2000, j’ai délaissé mon site (qui resta cependant actif), pour m’occuper de plusieurs autres projets. Je me suis vraiment bien amusé sur le net à cette époque. J’avais créé un site de discussion en ligne, un forum… ça fonctionnait relativement bien, mais après une mésentente entre concepteurs, le projet est un peu tombé à l’eau.

En 2001, j’immigre au Québec et je profite de l’occasion pour refaire mon site. J’y mets mes chroniques qui parlent de mes nouvelles expériences, je quitte Chez.com puis iFrance pour rejoindre Free qui me propose un large espace pour pas une cenne.

Puis, voilà la mode des “blogs” arriver. Au début j’étais assez perplexe, et comme pour les sites personnels, je commençais à suivre la tendance. Et voilà que mon site moribon retrouva une seconde jeunesse !

Il y a un an, je décidais de passer chez un hébergeur professionnel qui me proposait un espace colossal. Et voilà ! … les visiteurs que j’avais un peu perdu lors de la migration ici reviennent et vous êtes maintenant près de 200 visiteurs à passer du temps sur mon blog.

Bonne fête à mon site ! Bon dixième anniversaire !

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Vers un changement de cap…

Jean-Philippe | 8 janvier 2007

Dans la vie, rien n’est jamais coulé dans le béton semble t-il. Il y a à peine sept ans, je n’aurait pas imaginé quitter la France pour aller vivre au Québec… aujourd’hui, je n’imagine pas vivre ailleurs qu’à Montréal…

Non, je n’essaye pas de vous parler un changement de destination migratoire, il s’agit en fait d’un petit “teaser”, juste avant l’annonce officielle d’un appréciable changement dans mon existence.

Un changement de cap…


Comme dirait mon ami Christophe, “Stay tuned !”

PS : je serai reconnaissant à ceux qui ont eu vent la nouvelle, de ne pas tout dévoiler tout de suite… faisons marcher le suspense ! Mais disons que j’ai laissé ici un petit indice…

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