Où l’on reparle du droit de grève

Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 27-11-2007

Tagged Under : , , , ,

Le syndicat des chauffeurs d’autobus et de métro de la Société de Transport de Montréal (STM), a brandi l’éternelle menace de l’emploi du “droit” de grève. Et oui, encore ! Car même si ce n’est pas le même syndicat qui avait déclenché la précédente (en mai dernier), alors que les bébés-gâtés de l’entretient nous avait pris en otage durant quelques jours, cette énième manifestation de l’irresponsabilité syndicale risquerait bien d’être la dernière…

Devant le ras-le-bol quasi-généralisé au sein de la population, devant les pressions de l’opposition officielle à Québec, le gouvernement pourrait bien interdire, purement et simplement, le droit de grève dans les transports en commun ! Alléluia !

Autobus STM

Bien-sûr, les petits privilégiés braillards des syndicats de la STM vont nous dire que le transport sera tout de même assuré durant les heures de pointe (environ 8h par jour), mais ils n’ont pas encore pris conscience que 25% de la population ne travaille pas à des horaires 8h-17h. Ils n’ont pas pris conscience que les personnes âgées, qui doivent se rendre à l’hôpital ou à la clinique n’attendent pas les heures de pointe pour tomber malades. Ils n’ont toujours pas pris conscience que là où l’on demande d’abandonner la voiture, pour des motifs écologiques, il faut au moins que le transport en commun puisse être disponible tout au long de la journée (au moins !).

Le gouvernement compte donc étendre la loi sur les services essentiels aux transports collectifs, au même titre que pour les pompiers, les policiers et le personnel médical. Le droit de grève serait remplacé par l’arbitrage, ce qui n’est pas si mal, compte-tenu du fait que les pompiers ont obtenus une superbe convention collective grâce à cela.

Les syndicats de la STM ne se sont pas rendus compte qu’à force de tirer sur la corde, elle allait finir par leur péter dans la face. Et ça risque de faire mal !

Articles relatifs

Entente de principe à la STM

Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 25-05-2007

Tagged Under : , ,

Il y a un peu plus d’une demie-heure, nous apprenions qu’une entente de principe avait été conclue entre la STM et le syndicat des employés d’entretien.

Devant l’incompréhension généralisée des Québécois, mais aussi devant le mur dressé par la STM, la ville de Montréal, le gouvernement et l’opposition officielle, il ne restait pas beaucoup de marge de manœuvre au syndicat.


Après quatre jours de grève donc, le travail devrait donc reprendre normalement dans les heures qui suivent, après un vote en assemblée générale.

Le syndicat des employés d’entretien semble donc avoir compris qu’il est allé trop loin cette fois, et qu’il devenait urgent de faire marche arrière avant de ne pas s’aliéner totalement la population et surtout, les usagers des transports collectifs montréalais.

Cependant, le mal est fait et il faudra déployer beaucoup d’énergie afin de convaincre les Montréalais d’utiliser un peu plus les transports collectifs, à la place des véhicules individuels plus polluants.

Articles relatifs

Fini de niaiser !

Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 23-05-2007

Tagged Under : , ,

Cédant aux pressions de l’ADQ, le gouvernement Charest décide de mettre ses culottes et lance un ultimatum, visant à un règlement du conflit de travail à la STM, sous 48 heures.

Le syndicat du personnel d’entretien de la STM va peut-être finir par se rendre compte qu’ils sont allés beaucoup trop loin.

Alors qu’aucun de leurs acquis n’était menacé, qu’aucune baisse de salaire n’était à prévoir, ni réduction d’effectif, le syndicat a décidé de se mettre en grève mardi dernier. Paralysant une partie de l’activité montréalaise.

Certes, les services essentiels sont maintenus (6h à 9h, 15h30 à 18h30, 23h à 01h), mais l’on sent bien que personne ne comprend les raisons de cette grève.


On le sait tous bien, la situation de la STM n’est pas réjouissante. Un déficit de 22 millions de dollars, des rames de métro devenues obsolètes qui tombent en panne de plus en plus souvent, un achalandage qui ne décolle pas comme il le faudrait… par contre, des employés d’entretien qui gagnent en moyenne 50,000$, avec un niveau de secondaire 5, avec la sécurité de l’emploi, des fonds de pension très généreux. À voir juste les conditions accordées aux employés d’entretien, on pourrait croire qu’ils travaillent dans une entreprise ultra-profitable, avec des carnets de commandes remplis pour les dix prochaines années ! Mais non… il s’agit juste d’une société publique, qui paye des employés avec l’argent des clients du réseau de transport et des contribuables Québécois.

Je pends le métro… J’ai toujours pris le transport en commun. Que cela soit à Lille, Paris, ou Montréal depuis plus de cinq ans. Je vois les gens qui le prennent le matin avec moi… La première rame de 5h30 est remplie d’ouvriers, de petits employés qui s’en vont à l’usine, ou sur les chantiers. Certains n’ont même pas de quoi se payer un sac à lunch et transportent leur bouffe dans un sac d’épicerie.

Tous ne sont pas à plaindre (comme je ne suis pas à plaindre), mais avouez que la majorité des clients des transports ne sont pas les mieux nantis.

Alors avec un trou de 22 millions, si la STM plie et accède aux demandes injustifiées de ce syndicat d’irresponsables, où croyez-vous que la STM ira chercher l’argent ? … Dans les poches des clients bien-sûr !

Déjà que le service mérite d’être grandement amélioré. Déjà que la STM prévoit changer 300 et quelques voitures de métro (investissement plus que nécessaire, croyez-moi !). Déjà que la ville de Montréal souhaite promouvoir le transport collectif… Voilà que ces petits écœurants décident de plomber le navire encore un peu plus !

Pas d’augmentations de salaire l’année prochaine, puis une augmentation de 2% chaque année par la suite. Voilà ce que proposait la STM… Qu’est-ce qu’il y a d’inacceptable là-dedans ? Qu’est-ce qui justifie l’application de la grève ?

La grève, c’est une situation de crise. L’ultime moyen légal afin de résoudre une situation grave de conflit entre employés et employeurs… À aucun moment, le syndicat des employés d’entretien n’a pu justifier leur sortie. Bien incapable de répondre aux interrogations des médias et de la population face à cet abus de pouvoir caractérisé.

Mais c’est terminé ! La récréation est finie ! … Le syndicat semble avoir oublié que le 26 mars, 65% des Québécois ont voté pour des partis s’opposant au laisser-aller social-démocrate et que l’opposition officielle est décidée de mettre fin aux prises d’otages des syndicats.

Lundi, si rien est fait, une loi spéciale sera votée pour contraindre les preneurs d’otages à reprendre le travail. Je dis bravo !

Bravo ! Mais profitons-en pour revoir l’ensemble du problème et, pourquoi pas, faire comme en Suède en procédant à un appel d’offres pour le transport collectif. Cela permettra de faire des économies et d’améliorer le service.

Au travail !

Articles relatifs

Cette bande d’ignorants !

Filed Under (Carnet de bord) by Jean-Philippe on 25-03-2006

Tagged Under : , , ,

Thomas Sowell, professeur à l’université Stanford nous parle de la bande de crétins qui s’opposent aux CPE en France :

« Student riots in Paris remind us that education at elite academic institutions is not enough to teach either higher morals or basic economics. Not on their side of the Atlantic or on ours.

Why are students at the Sorbonne and other distinguished institutions out trashing the streets and attacking the police ?

Because they want privileges in the name of rights, and are too ignorant of economics to realize that those privileges cost them jobs. »

Articles relatifs

Vers un "service minimum" en France ?

Filed Under (Carnet de bord) by Jean-Philippe on 17-06-2005

Tagged Under : , , ,

“Le « service garanti » en cas de grève dans les transports publics en Ile-de-France a été adopté aujourd’hui par le Conseil d’administration du Syndicat des transports d’Ile-de-France, la gauche votant contre, a annoncé Denis Baupin (Verts), vice-président du STIF.” (Le Figaro, Paris)


Assez incroyable je dois dire ! Il y aura maintenant un “service minimum” dans les transports publics parisiens en cas de grève ! J’avoue être bluffé !

Évidemment, la gôôche si encline à défendre les privilèges des employés de la fonction publique plus que les pauvres travailleurs pris en otage à chaque grève, s’est opposée à cette mesure. Pourtant, il est clair que c’est dans l’intérêt de tous de pouvoir, librement, se rendre à son travail… ne serait-ce que pour subvenir à ses besoins ! Le droit de grève, peut-être, mais le droit de travailler et d’aller et venir et aussi une liberté fondamentale !

En décembre 1995, les syndikats avaient paralysé, durant tout un mois, l’ensemble des transports “publics”… métros, autobus, trains régionaux… Rien que pour me déplacer dans Paris, cela m’a coûté plusieurs centaines de francs cette fumisterie ! Qui a payé ? Moi bien sûr ! Sinon, il est clair que je ne l’aurai pas conservé longtemps ma job !

Cela n’est un mystère pour personne, la majorité actuelle au pouvoir en France est très inspirée par ce qu’il se passe ici au Québec.

Ainsi, à chaque grève, la “commission sur les services essentiels” peut être saisie afin d’obliger (ou non) les grévistes à assurer un “service minimum”. Lors d’une récente grève des transports montréalais, le service était pratiquement normal aux heures de pointe. On se sent beaucoup moins pris en otage par des petits intérêts somme toute, assez catégoriels dans ses cas-là !

Maintenant, reste à savoir si les syndikats français appliqueront véritablement la loi… Rien n’est moins sûr !

Articles relatifs

État de siège

Filed Under (Carnet de bord) by Jean-Philippe on 11-07-2002

Tagged Under : , ,

Dans notre existence, nous n’avons pas souvent l’occasion de vivre une aventure. C’est pourtant bien ce qui m’arrive depuis vendredi après-midi, projeté bien malgré moi au beau milieu d’une tragédie syndicalo-comique.

Si vous résidez au Québec, vous ne pouvez pas ignorer la nouvelle : la compagnie de transport de fonds Sécur est en grève, ou plutôt, les quelque 900 agents syndiqués de la province. Restent les cadres et le personnel administratif à poursuivre le travail et à effectuer certaines tâches effectuées d’habitude par les employés syndiqués. Cela provoque aussi quelques bouleversements au niveau organisationnel : quarts de 12 heures de travail (08h-20h ou 20h-08h), passage des lignes de piquetage en autobus escorté par la police de Montréal et par une agence de vigiles, repas pris sur le lieu du travail et même mise à disposition d’une psychologue pour prévenir certains tracas.

Bref, la compagnie qui représente 80% des parts de marché au Québec est aux petits oignons avec nous. Surtout que depuis le rejet massif, ce mercredi après-midi, des propositions patronales par l’assemblée générale des syndiqués, il y a de fortes chances pour que le conflit s’éternise ! Rassurez-vous, contrairement à certaines informations farfelues, la grande majorité des guichets automatiques sera approvisionnée normalement. Il n’y a que les clients commerciaux qui souffriront de la grève.

Ce qui est étonnant tout de même, c’est le calme relatif de l’action. Bien sûr il y a les insultes, en vrac un petit florilège : « sales scabs ! », « pourris », « salauds ! »… Bien-sûr il y a quelques téméraires qui agitent quelques pancartes devant les blindés qui sortent deux fois par jour, mais on est très loin de la violence des conflits sociaux « à la française ». Vendredi soir, lorsque je suis sorti du travail à 3 heures du matin (après 20 heures passées au bureau), il a suffi d’un agent de police pour garder en respect les 6-8 grévistes postés devant l’une des entrées ! En France, une compagnie de policiers anti-émeute ne suffit parfois pas à retenir quelques grévistes déchaînés souhaitant « bouffer du patron ».

A l’intérieur, côté briseurs de grève comme on dit, l’ambiance est très conviviale. Je découvre des personnes que je ne connaissais pas, et l’on échange quelques impressions, quelques blagues pendant les heures de lunch. On dit souvent que les liens se rapprochent durant les moments de crise et j’ai souvent constaté que c’était vrai. Malgré tout, cela contribue aussi à créer deux clans : les grévistes et les non-grévistes. Deuxième défaut à cela : avec de tels horaires, j’ai dû mettre de côté mon autre activité professionnelle. Par chance, mon activité de concepteur de sites internet n’est pas trop prenante ces temps-ci et je suis, de plus, travailleur autonome.

Chronique parue sur le site immigrer.com en juillet 2002

Articles relatifs

Page 1 de 11