Débat des chefs et leçons de morale

Filed Under (Canada, Politique, Québec) by Jean-Philippe on 04-10-2008

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J’ai regardé, après coup, de larges extraits du débat des chefs de cette semaine. En fait, je voulais le regarder intégralement, mais pour être honnête avec vous, j’en ai été incapable ! Je me demande d’ailleurs comment, autant de téléspectateurs, ont pu tenir le coup devant leur télévision… Ça relève de la prouesse !

Mais mon point ne concerne pas la grande persévérance de l’électorat canadien, mais plutôt un mystère beaucoup plus incroyable, beaucoup plus profond que cela.

En écoutant Gilles Duceppe, Jack Layton, Stéphane Dion et comment s’appelle t-elle déjà ? Elizabeth May… Stephan Harper, notre premier ministre, est l’être le plus abject sur Terre (après George W. Bush s’entend). Stephan Harper “couche” avec les compagnies pétrolières, veut envoyer les jeunes Canadiens à la guerre, il est contre les politiques environnementales, il veut faire emprisonner des ados de 14 ans à vie, il est contre la culture et se moque du Québec…

Ça fait déjà beaucoup, mais, admettons deux minutes que tout ceci soit la pure vérité. Admettons…

Si tout ceci est la pure vérité, expliquez-moi donc pourquoi, ce gouvernement minoritaire (je le rappelle juste en passant), est le gouvernement minoritaire qui est resté le plus longtemps en place dans toute l’histoire du Canada ?

Lors de ce débat, il semblait régner un large consensus entre les partis d’opposition. Que cela soit le Bloc, le NPD et le PLC, tous s’accordaient sur le fait que Stephen Harper était un premier ministre néfaste pour le Canada. S’était d’ailleurs presque émouvant de voir autant d’harmonie entre les trois principales formations canadiennes…

Mais pourquoi attendre la campagne électorale pour déballer tout cela ? Si Harper est si néfaste, pourquoi le Bloc et le PLC principalement, ont voté pour le gouvernement à de multiples reprises pour éviter de le faire tomber ?

“Bloquer Harper” au moment des élections, mais le soutenir lorsqu’il est au pouvoir

“Il faut bloquer Harper” parait-il. Mais alors que le Bloc avait l’occasion de passer de la parole aux actes, à plusieurs occasions, Gilles Duceppe a soutenu les Conservateurs en votant avec eux.

Le pire dans tout ça, c’est que si nous sommes en élections, ce n’est pas grâce aux partis d’opposition, mais parce que Stephen Harper l’a demandé ! Expliquez donc la logique qui voudrait, que l’on fasse en sorte de maintenir un gouvernement en place, durant près de trois ans, sachant qu’il serait néfaste pour le pays ?

Car souvenez-vous en, lorsque les Libéraux annonçaient qu’ils allaient s’opposer au gouvernement lors d’un vote déterminant, le Bloc s’arrangeait pour l’appuyer et inversement. Rappelez-vous également de quelques mises en scène à la chambre des communes, où des députés de l’opposition “s’absentaient” juste avant un vote, afin d’éviter qu’il puisse y avoir assez de monde pour renverser le gouvernement, sans avoir besoin de le soutenir. C’est ça qu’ils appellent “démocratie” ? Cette farce de basse-politique, d’hypocrisie électorale qui permet de se fabriquer un semblant de vertu devant les électeurs, tout en servant leurs petits intérêts ?

Elizabeth May : premier prix de l’humour politique

Mais la palme de la grande comédie burlesque de cette campagne, revient sans hésitation à Elizabeth May. En effet, j’ai failli m’étrangler de rire ce matin en buvant mon café, lorsque j’ai découvert, sur le site du Parti Vert du Canada, un communiqué qui m’a mis instantanément de bonne humeur. Voyez plutôt :

Je suis certain que vous ne me croyez pas, alors je vous livre ici le lien vers le communiqué, sur le site officiel du Parti Vert du Canada : Elizabeth May remporte le débat en français.

Ça me rappelle les grandes heures de la Pravda et leur talent incroyable qu’ils avaient, de pouvoir transformer une mauvaise nouvelle en bonne nouvelle. Mais oui braves gens ! Vous l’ignorez, mais c’est Elizabeth May qui a été la plus efficace contre Harper. J’attends d’ailleurs le communiqué selon lequel Elizabeth May est en passe de remporter les élections… à suivre !

En résumé…

En conclusion, cette campagne se révèle intéressante, non pas au niveau du débat, mais plutôt au niveau de ce qu’il y a autour. Déjà, nous découvrons que Harper est un dangereux personnage, mais que l’opposition a fait en sorte de le maintenir au pouvoir durant plus de deux ans et demi !

Ensuite, nous savons maintenant que Harper veut la mort de la culture, parce qu’il a coupé treize programmes de subvention d’une valeur totale de 45 millions, mais qu’il est interdit de parler des augmentations du budget culturel des Conservateurs, de l’ordre de près de 200 millions de dollars. Faut pas en parler, c’est mal !

Maintenant, il faut réaliser une bonne fois pour toute que Elizabeth May est une chef politique redoutable et que si nous ne l’avons pas compris, c’est parce qu’elle est rendu à un niveau d’expression qui nous dépasse.

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Harper et la culture, la réalité des chiffres

Filed Under (Actualité, Canada, Culturel, Désinformation, Québec) by Jean-Philippe on 26-09-2008

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Peu avant le déclenchement des élections, Stephen Harper a promis la suppression de treize programmes de subventions culturelles, totalisant quelques 45 millions de dollars. Parmi les groupes qui ont été touchés par ces réductions, on retrouve l’Institut national de l’image et du son (INIS), qui perd une subvention de 900,000 dollars, sur un budget totalisant quatre millions.

Ces coupures ont provoqué un certain émoi au sein de la communauté artistique et dans les partis d’opposition. Malgré tout, qu’en est-il réellement de la politique culturelle des Conservateurs ? Ont-il la volonté de s’en prendre à la création artistique, comme l’annoncent le Bloc Québécois, le NPD et les Libéraux ? Voyons donc d’un peu plus près, les décisions budgétaires prisent par le gouvernement Harper, depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006 :

- Hausse de 30 millions de dollars du budget du Conseil des Arts du Canada

Le Conseil des Arts verse des fonds directement aux artistes, hors de toute influence partisane. En effet, ce sont des comités d’évaluation formés d’artistes, qui sont chargés de sélectionner les projets qui recevront l’aide fédérale. Cette augmentation de 30 millions, porte le budget total du Conseil des Arts à 180 millions de dollars par année.

D’ailleurs, la première phrase du communiqué du Conseil des Arts annonçant la nouvelle, ne laisse aucune place à l’ambiguïté : “Le Conseil des Arts du Canada qualifie de merveilleuse la nouvelle du gouvernement fédéral selon laquelle l’augmentation budgétaire de 30 millions de dollars, accordée pour 2007-2008 et annoncée dans le budget fédéral en mai 2006, serait maintenue.” (source : Conseil des Arts du Canada).

Est-ce que le syndicat des pleureuses du Club Soda en a fait mention ? Absolument pas ! Pourtant, en 2007, le Conseil des Arts a remis aux artistes la somme la plus importante en cinquante ans d’existence ! Pas mal pour un gouvernement qui veut la peau de la culture !

- Hausse de 133 millions de dollars du budget alloué à Radio-Canada

On le sait, les Conservateurs ne sont pas les plus grands défenseurs de la société publique Radio-Canada. Pourtant, le gouvernement Harper prévoit de verser 1.1 milliards de dollars à la SRC, soit une augmentation de 133 millions par-rapport au budget accordé par les Libéraux en 2005-2006.

Radio-Canada, par ses multiples productions de télé-séries, films, émissions… contribue grandement à la culture québécoise et au maintient de plusieurs milliers d’emplois, que cela soit pour les comédiens, techniciens, journalistes, musiciens… 12% d’augmentation pour la SRC, c’est plutôt pas mal pour un gouvernement qui souhaite plonger le Canada dans l’obscurantisme !

- Hausse de 18 millions de la subvention accordée au Centre national des arts

Le gouvernement Harper a augmenté l’aide accordée au Centre national des arts, en portant la subvention versée à 49 millions de dollars (31 millions accordés précédemment). Cette hausse permettra la mise en chantier d’un important projet de rénovation.
Malgré cette aide, le directeur artistique du théâtre français du CNÀ, Wajdi Mouawad, n’a pas hésité à accuser Harper de mépriser l’art… avec près de 60% d’augmentation à la subvention accordée au Centre national des arts, permettez-moi de dire que ce monsieur Wajdi Mouawad ne manque pas de toupet ! Rappelons, juste en passant, que cet argent vient directement de NOS poches et sert aussi à payer son salaire.

- Hausse de 20 millions en trois ans du Fonds canadien de télévision

Le Fonds canadien de télévision, qui finance de nombreux projets québécois, a vu l’aide gouvernementale passer de 100 à 120 millions de dollars en trois ans. Vingt millions de plus pour des productions qui se vendent parfois aux quatre coins du monde, c’est une attaque flagrante contre la culture !

- Investissement de 25 millions supplémentaires pour le réseau TV5

Le gouvernement conservateur à décidé d’investir 25 millions supplémentaires pour le réseau de télévision francophone TV5. Le réseau Québec-Canada de TV5 recevra 10 millions, quand aux 15 millions restant, ils iront dans le contenu québécois et canadien du réseau TV5 Monde (source : Showbizz.net).

Grâce à cette aide, les artistes et productions québécoises seront encore plus présents à l’antenne et ce, dans plusieurs dizaines de pays à travers le monde. C’est une vitrine de choix pour favoriser l’exportation de nos productions culturelles. Preuve, encore une fois, que le gouvernement Harper souhaite freiner le rayonnement de notre culture à l’étranger.

- Hausse de 9 millions du budget du Musée des Beaux-Arts du Canada

Le Musée des Beaux-Arts recevra quelques 53 millions de dollars cette année, soit une augmentation de 9 millions par-rapport au financement accordé précédemment par les Libéraux. On imagine que ces 9 millions supplémentaires sont destinés à asphyxier l’art et à maintenir les Canadiens dans l’ignorance.

Bullshit artistico-politique

Les conservateurs ont augmenté le budget consacré à la culture

Si l’on se borne à ne compter que ces augmentations, on arrive à un total substantiel de 235 millions de dollars qui sont injectés en plus, dans le milieu culturel canadien. Pour un gouvernement qui veut “tuer” la culture, comme l’annonce le NPD, avouons tout de même que c’est un joli pactole ! Et même si l’on soustrait les 45 millions de coupures, l’augmentation des subventions en faveur de la culture atteint encore 190 millions de dollars.

Est-ce que les artistes qui bénéficieront de ces aides ont remercié le gouvernement, ou même se sont réjouis de l’effort engagé ? Non ! Pour être franc, ils n’en n’ont même pas parlé un seul instant.

Comment donc ne pas voir ici une manœuvre purement partisane ? Comment donc ne pas y voir une réaction purement corporatiste ? Évidemment, les gens de l’INIS ne sont pas ravis, et je peux sincèrement les comprendre, mais est-ce que cela justifie qu’une partie de la communauté artistique, ne puisse éprouver aucune gêne à dire que Harper souhaite la mort de la culture au Canada, alors que près de 200 millions supplémentaires vont servir à favoriser leur milieu ?

Qu’un groupe de pression se forme pour que le gouvernement reconsidère sa décision, cela paraît tout à fait normal, tout comme des syndicats se mobilisent lorsque une entreprise se voit retiré des aides gouvernementales, cela fait partie du débat. Mais ici, c’est une attaque en règle, une véritable campagne haineuse reposant sur un énorme mensonge par omission : les artistes se limitant à parler des compressions budgétaires, sans jamais évoquer les aides supplémentaires engagées pour la culture.

De plus, lorsque le directeur artistique de la troupe Cavalia, Normand Latourelle, annonce que l’abolition de ces aides et une “excellente idée”, je cite, et “que la majorité des programmes visés par les coupures sont désuets, difficiles d’accès, compliqués à administrer et mal adaptés à la réalité de la culture d’aujourd’hui” (source : Vigile.net via Le Devoir), on peut se demander si, effectivement, le gouvernement Harper n’a pas eu raison de vouloir modifier (et non pas supprimer) la destination des aides à la culture.

Car le débat est là. On peut en effet débattre de la manière dont seront utilisées ces aides, mais de prétendre que les subventions sont supprimées purement et simplement, relève de la mauvaise foi la plus crasse. Du combat idéologique sous sa forme la plus primaire, bref, cela devient franchement anti-démocratique.

Mensonges et partisanerie de la part de certains artistes

Quelques artistes influents agissent ici comme le ferait un parti politique. Ce n’est pas pour rien que je les qualifie de “syndicat des pleureuses du Club Soda”. Ils se rassemblent, font campagne, scandant des slogans, produisant une vidéo de propagande, agissant auprès des médias… la seule chose qu’ils ne font pas, c’est de présenter des candidats. Du coup, plusieurs d’entre-eux appellent à voter pour le Bloc, comme par hasard menacé dans ses terres depuis 2006 par… les Conservateurs. Avouez que ça adonne plutôt bien, n’est-ce pas ?

Les coupures budgétaires, du coup, sont apparues comme du pain-béni pour la gauche-souverainiste, qui s’est précipité dessus comme la misère sur le pauvre monde, faisant mousser la nouvelle qui, finalement, est une pure fabrication idéologique.

Du coup, le programme de l’opposition devient très simple : “Pour faire barrage à Harper, voter pour moi !”. Tout un programme ! Les publicités, que cela soit du Bloc, du NPD ou du PLC, se bornent uniquement à “contrer Harper”. Le fond, le vrai débat, tout ça est passé à la trappe. Mais cela n’empêchera pas Gilles Duceppe, sans rire, de se plaindre sur le plateau de “Tout le monde en parle”, des campagnes négatives des Conservateurs ! … Après tout, quitte à se foutre du monde, autant y aller carrément !

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L’Inquisition façon Dion et Duceppe

Filed Under (Canada, Humeur, Politique) by Jean-Philippe on 08-05-2008

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Nous en avons entendu parler toute la journée, le ministre des affaires étrangères du Canada, Maxime Bernier, a été le compagnon d’une dénommée Julie Couillard, elle-même ayant partagé sa vie, il y a quelques années, avec des membres de gang de motards criminalisés.

C’est alors qu’en dignes représentants de la petite Inquisition d’opérette, le duo Stéphane Dion et Gilles Duceppe, nous ont offert un spectacle désolant à la chambre des communes aujourd’hui.

Un duo d’Inquisiteurs, un duo d’hypocrites également. Ainsi, cela faisait des mois que le Bloc Québécois avait eu connaissance des relations, pour le moins spéciales, de l’ancienne compagne du ministre Bernier sans jamais poser la moindre question. Alors, si comme le dit le PLC et le Bloc, il s’agissait tellement d’une question de “sécurité nationale”, comment se fait-il que l’opposition soit restée muette tout ce temps ?

Méchante coïncidence également, que la nouvelle soit parue après l’élimination du Canadien de Montréal, alors que les médias n’avaient plus grand chose à se mettre sous la dent et que le public allait donc être très réceptif à ce genre de nouvelle. Nouvelle qui a été sans aucun doute coulée par l’opposition, pourquoi donc avoir tant attendu si ce n’était pas juste pour se faire du capital politique sur le dos de cette pauvre fille.

Parce que l’important là-dedans, c’est que Julie Couillard n’a AUCUN passé criminel. Que Julie Couillard s’est trouvée dans l’entourage des Hells dans les années 90 et surtout, il n’existe pas le moindre début de commencement de preuve, comme quoi Julie Couillard aurait mis en péril la sécurité du Canada, ou aurait transmis des informations sensibles à un tiers !

Quand je pense que les Duceppe et Dion sont les premiers à s’indigner des exagérations de notre voisin du sud, lorsqu’il s’agit de la vie privée des personnalités publiques. Qu’ils s’offusquent que le passé ou les relations d’individus soient étalé au grand jour… les voilà agir à visage découvert ! Voilà les petits redresseurs de moralité, les pathétiques inquisiteurs en cravate, voilà où on en est rendu : s’en prendre à quelqu’un, par l’intermédiaire d’une ancienne relation, alors que cette dernière n’a, jusqu’à preuve du contraire, absolument rien à se reprocher.

C’est sûr que Maxime Bernier est un clown et qu’à la place d’Harper, je l’aurais renvoyé à ses études, mais certainement pas à cause de son ex-blonde… plutôt à cause de ses maudites gaffes et de son incompétence à diriger un ministère aussi important

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14 milliards de dollars, émoi, émoi, émoi…

Filed Under (Actualité, Canada, Politique, Québec) by Jean-Philippe on 29-09-2007

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Cette semaine, le premier ministre du Canada a tenu à annoncer lui-même la bonne nouvelle : le gouvernement fédéral a accumulé quelque 14 milliards de dollars d’excédent budgétaire. Cette nouvelle n’est pas une surprise en soi. Cela fait désormais une décennie que le Canada recueille plus d’argent, qu’il n’en dépense. Ce qui est un fait unique parmi les pays occidentaux.

Solde financier G7

Depuis dix ans, le Canada réduit sa dette publique (entre autres) et du même coup les intérêts de la dette. Stephen Harper a d’ailleurs profité de cette annonce, pour nous dire que ces 14 milliards de dollars, iront directement au remboursement de la dette, ce qui permettra au Canada d’économiser 700 millions de dollars par année. En somme, 700 millions qui ne seront plus jetés par les fenêtres, mais qui resteront à la disposition d’Ottawa. Pour information, en dix ans, la dette publique du Canada a été réduite de près de 100 milliards de dollars !

Je suis personnellement un farouche partisan de la réduction de la dette. La dette publique sera toujours un boulet pour notre économie. Les intérêts que nous versons, nous, contribuables, est de l’argent perdu. De l’argent dont nous aurions bien besoin pour améliorer le sort du Canada et de nos provinces. Au lieu de cela, les intérêts que nous payons vont directement dans les caisses de banques japonaises, britanniques ou allemandes, en pure perte, en tout cas, pour nous.

Ramenons cela à un budget familial. Rembourser un crédit permettra à une famille de moins payer d’intérêts et donc, lui permettra de consacrer plus d’argent à d’autres fins. Cela est un gage de bonne gestion, cela va de soi.

Que faire de cet excédent budgétaire ?

La question qu’il faut néanmoins se poser est la suivante : est-ce véritablement une bonne idée que de consacrer l’ensemble de cet excédent au paiement de la dette ? C’est une question légitime, je pense, si elle est posée sans arrières pensées partisanes ou démagogiques comme le font les trois partis d’opposition à la chambre des communes (Bloc, Parti Libéral et NPD).

Depuis les dernières élections complémentaires, les trois partis d’opposition, en particulier le Bloc et le Parti libéral en perte de vitesse au Québec, se croient obligés de montrer les dents, afin de se fabriquer une nouvelle virginité au sein de l’opinion publique.

Personnellement, bien que me situant sans ambiguïté à droite, je pense qu’une partie de cet excédent budgétaire devrait aller à l’amélioration de quelques « bobos » dont nous connaissons tous l’existence.

Je salue la nouvelle. Je suis heureux que cet argent servira à payer la dette (que nous devrons payer de toute manière). Mais à la place de Stephen Harper, j’aurai consacré trois ou quatre milliards de cet excédent, à l’amélioration des infrastructures du pays, ainsi qu’à l’amélioration du système de santé. Une petite aide aux provinces n’aurait pas fait de mal et aurait été très populaire au sein de l’opinion publique.

Un pays bien géré est une très bonne nouvelle. Mais un pays bien géré et disposant d’infrastructures solides et modernes, c’est encore mieux !

Une petite aide, en forme de coup de pouce, aux municipalités par exemple, qu’elles réclament depuis des années, aurait été très profitable. Un autre coup de pouce, donné aux provinces, afin d’améliorer le réseau routier n’aurait pas été du luxe. Et les dix milliards restants, consacrés à la dette, aurait permis tout de même de réduire la dette de façon bien confortable.

Gilles Duceppe

Évidemment, pour le Bloc Québécois qui se cherche une utilité depuis la dégringolade du Parti libéral au Québec. Trop souvent montré du doigt comme étant devenu un allié objectif des conservateurs à Ottawa, pense qu’il peut inverser la tendance en redevenant l’éternel agité de la chambre des communes.

Attention, je ne suis pas en train de dire que le Bloc n’a pas d’utilité à Ottawa. Au contraire ! Le Bloc a souvent permis de défendre les intérêts du Québec, malmené par la traîtrise des libéraux, en particulier sous les règnes de Trudeau et de Chrétien. Mais plutôt que d’être une opposition constructive, comme elle l’a été depuis l’arrivée des conservateurs, le Bloc joue aux caniches enragés depuis les derniers résultats électoraux et les récents sondages. Est-ce une bonne façon de faire de la politique ? Je ne le pense pas !

Un vent de panique dans les rangs de l’opposition.

Là, on sent que le PLC et le BQ tentent de provoquer la chute du gouvernement, afin d’aller en élection au plus vite. Le PLC étant trop pressé de se débarrasser de Stéphane Dion après une nouvelle défaite électorale, et le Bloc, inquiet de voir son électorat en région passer du côté des conservateurs.

De mon côté, je salue tout de même le courage de Stephen Harper. En effet, étant donné les signes de plus en plus insistants, d’une élection prochaine, il aurait été très tentant pour Ottawa d’annoncer une baisse d’impôts à la faveur de cet excédent budgétaire. Le genre de nouvelle qui permet de grimper de quelques points dans les sondages. Là-dessus, je le trouve très responsable. Imaginez s’il l’avait fait ! Les partis d’opposition auraient criés à la démagogie, tout en nous parlant de la dette que nous nous devons de rembourser.

Oui, cela sent les élections. Mais cela semble un peu plus venir d’un vent de panique, parcourant les bancs de l’opposition, que d’une réelle réflexion politique. De plus, personne n’ignore l’état des caisses du Bloc et du PLC, réduites au minimum, alors que les conservateurs sont, d’ores et déjà, prêts à affronter une nouvelle joute électorale. Est-ce donc une tentative de baroud d’honneur ? Un moyen d’attirer les adhérents en lançant un signe du genre : « Oui, oui, nous existons ! » ?

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Kyoto : objectifs irréalistes

Filed Under (Canada, Politique) by Jean-Philippe on 28-04-2007

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Pour faire suite à mon précédent billet, voici un reportage de Radio Canada, passé inaperçu durant le mois de février 2007, évoquant les cibles de Kyoto. C’est assez explicite et montre bien qu’en étant raisonnable, le Canada a beaucoup plus intérêt à faire des efforts sans forcément atteindre les objectifs, que de vouloir suivre, coûte que coûte, des cibles totalement inacceptables.


Canada Cibles De Kyoto Inatteingnables
envoyé par mediawatchqc

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Kyoto : l’hypocrisie libérale !

Filed Under (Canada, Politique) by Jean-Philippe on 28-04-2007

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Cette semaine, le gouvernement conservateur de Stephen Harper a déposé son fameux “Plan Vert”, destiné à remettre le Canada sur les rails de la réduction des gaz à effet de serre.

Pourquoi le Canada avait-il besoin de se remettre sur les rails ? Tout simplement parce que depuis 1998, date de la signature du protocole de Kyoto, rien n’avait été fait.

C’est dans des moments comme ceux-là que l’on sent toute la grossière hypocrisie de l’opposition, et surtout du Parti Libéral du Canada sous l’influence de son chef, Stéphane Dion.


À écouter Stéphane Dion, c’est lui le plus “vert” de tous. S’il était au pouvoir, le plan vert serait beaucoup plus agressif et satisferait les exigences de Kyoto… Ben voyons ! Il “oublie” juste de nous dire que lui et ses petits amis étaient DÉJÀ au pouvoir, durant dix ans, et n’ont rien fait. Au contraire, Stéphane Dion et ses amis libéraux ont laissé les émissions de gaz à effet de serre augmenter de 35% par rapport à 1990 !

Il y a deux constats que l’on retrouve chez les personnes objectives et réellement indépendantes :

Tout d’abord, force est de constater, qu’on le veuille ou non, qu’avec ce premier cadre réglementaire que le Canada a connu depuis Kyoto, les conservateurs ont fait plus d’efforts en un an, que les libéraux n’en ont fait en dix !

Ensuite, si le plan des conservateurs est aussi terrible que ça. Si, vraiment, le Canada peut faire mieux après dix ans d’inaction totale, alors, l’opposition a toute la latitude de déposer une motion de défiance et de renverser le gouvernement pour faire appliquer leur plan vert.

Pas d’excuses, ils ont largement la majorité pour le renverser… alors on va voir si leur discours est vraiment sincère, ou s’il s’agit juste de belle bullshit.

Car on ne peut pas reprocher aux conservateurs de ne pas être honnêtes et francs. Tout ce qu’ils font jusqu’à présent, ils l’avaient annoncé durant la campagne électorale… et inversement, toutes les promesses électorales sont ou ont été appliquées depuis leur élection.

Évidemment, cela aurait été assez simple pour les conservateurs de dire qu’ils suivraient le protocole de Kyoto, et de ne rien faire, tout comme Stéphane Dion et les libéraux. Plutôt que de mentir, ils ont préféré dire les choses franchement : le Canada, depuis la signature de Kyoto, a pris du retard. Il est impossible de suivre maintenant les exigences de Kyoto sans mettre à mal l’économie canadienne. Sans aller dans les chiffres apocalyptiques, comme ceux présentés la semaine dernière, il est clair qu’une politique plus agressive, afin de suivre Kyoto à la lettre serait une catastrophe pour notre économie.

Bref, les conservateurs ont déposé un projet qui est un compromis entre les enjeux environnementaux et l’économie.

John Baird, ministre de l’environnement, a eu ce mot qui résume tout : “Il ne faut pas remplacer dix années de mauvaises politiques environnementales par dix années de mauvaises politiques économiques.”

Et il a raison.

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