Le front avancé du Liban

Filed Under (Géopolitique) by Jean-Philippe on 08-08-2006

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En ce début d’août où les Français scrutent la météo pour connaître le temps de leur journée de vacances, ce sont de toutes autres considérations qui poussent Israéliens et Libanais à lever les yeux vers le ciel. Du firmament peut surgir à chaque instant la mort comme depuis des mois dans les kibboutz de Galilée ou des confins de Gaza, comme depuis trois semaines au Liban, comme dimanche dernier à Cana. Dans ce village où les Arabes situent le miracle des noces de Cana, l’aviation israélienne a apporté le sang et le deuil. Tout le monde, y compris en Israël, est consterné par tant de souffrances infligées à un si grand nombre d’innocents.

En France, l’émotion est peut-être plus vive qu’ailleurs. Car notre pays entretient une relation d’amitié très profonde avec le Liban, qu’elle a de tout temps protégé, comme avec Israël dont la sécurité, comme l’a rappelé Jacques Chirac dans un entretien au journal le Monde, est un élément sur lequel, pour nous, aucune concession n’est possible… Il est douloureux de voir des amis en venir à se faire tant de mal.

Mais l’émotion et le chagrin ne doivent pas faire oublier d’où vient ce mal. Depuis des mois, on l’a dit, le Hamas à partir de Gaza et le Hezbollah à partir du Sud-Liban font pleuvoir sur Israël des roquettes aux effets meurtriers et dévastateurs. Ses habitants vivent dans la peur. Israël, pourtant, s’était retiré de Gaza, évacuant ses colonies de peuplement. Il y a quatre ans, il avait abandonné sa zone de sécurité au Liban Sud. De leur côté, les États-Unis et la France ont obtenu l’an dernier le retrait des troupes syriennes du Liban et la tenue d’élections libres dans ce pays après l’assassinat de Rafiq Hariri. La résolution 1559 des Nations unies, votée à leur initiative, prévoit le désarmement des milices, notamment du Hezbollah. Tout semblait donc réuni pour que les négociations reprennent en Palestine et que le Liban, rétabli dans sa pleine souveraineté, redevienne cette Suisse du Moyen-Orient qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être.

C’était inacceptable pour les fanatiques religieux dont le poids politique se mesure à la haine qu’ils nourrissent à l’encontre de l’Occident. Ceux qui avaient dansé dans les rues le 11 septembre 2001 ne pouvaient envisager sans effroi une telle perspective de paix. La paix au Proche-Orient était inopportune aussi pour la Syrie qui cherche à se venger du camouflet infligé par la France et les États-Unis. Elle n’entrait pas non plus dans les plans de l’Iran qui, en attendant de se doter de l’arme atomique, veut montrer sa force dans la région.


Au lieu de l’apaisement attendu, ce fut donc l’escalade du terrorisme, financée et armée par la Syrie et l’Iran, jusqu’à l’enlèvement d’un jeune militaire franco-israélien par le Hamas et de deux autres soldats de Tsahal par le Hezbollah.

Israël pouvait-il laisser faire ? Dans cette partie du monde, la modération est prise pour de la lâcheté. Pouvait-il s’en remettre à la communauté internationale pour lui rendre justice ? L’inefficacité de la Finul, la force des Nations unies chargée de surveiller la frontière du Sud-Liban, et l’incapacité de l’Onu à faire respecter la résolution 1559 montraient la vanité d’une telle attente. Autant la détermination de l’Onu semblait vacillante, autant celle des ennemis d’Israël était évidente. Au demeurant, l’Histoire a appris à Israël que l’on ne vient jamais en aide à ceux qui hésitent à prendre en main leur destin.

Ce fut donc la riposte militaire que l’on sait. Disproportionnée, ont dit certains. Mais quelle proportion doit prendre une riposte face à une menace qui s’affiche comme radicale et à des ennemis qui s’abritent derrière les populations civiles ? Le président de l’Iran, Ahmadinejad, n’a-t-il pas déclaré qu’Israël devait être rayé de la carte ? Israël ne pouvait pas attendre que les fusées, qui dès maintenant tombent sur Haïfa, atteignent demain Tel-Aviv avec des charges plus meurtrières, chimiques ou nucléaires, et une précision plus grande.

Face à une simple menace, lorsque l’URSS avait installé ses fusées à Cuba, le président Kennedy avait risqué la guerre mondiale. Et quand l’Europe avait été à portée des missiles russes, elle n’avait pas hésité à accepter sur son sol des fusées américaines, provocant la crise des “euromissiles”. On imagine ce qui se serait produit si la menace soviétique avait connu un début d’exécution ! Aurait-on alors eu une riposte “proportionnée” ?

L’horreur des souffrances imposées au peuple libanais devrait forcer la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour faire respecter la résolution de l’Onu sur le désarmement des milices. La France, par ses liens historiques dans la région, peut jouer un rôle de premier plan.

Est-il sage de s’y risquer ? Oui, parce que le Liban, pays multiconfessionnel, est aux avant-postes de cette guerre de religions déclarée par les fous de Dieu à tous ceux qui dans le monde croient encore possible de vivre ensemble avec des opinions et des croyances différentes dans le respect des uns et des autres. Reconstruire la société de tolérance que fut le Liban est pour la France autant un devoir de mémoire qu’un défi pour l’avenir.

Olivier Dassault,
Valeurs Actuelles“, Paris, le 4 août 2006.

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Les Libanais contre le Hezbollah

Filed Under (Géopolitique) by Jean-Philippe on 07-08-2006

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À lire la presse et à regarder la télévision, les Libanais se seraient rangés derrière “Le Parti de Dieu”, mieux connu sous le nom de “Hezbollah”. La désinformation orchestrée par la diaspora Palestinienne et les militants Chiites de l’étranger fonctionne à plein régime. Le mouvement du Hezbollah, responsable de centaines de morts chez les Occidentaux, essaye de se poser en victime ! Un comble !

Pire encore ! À l’aide d’Imams intégristes et d’associations islamistes radicales, le Hezbollah parle au nom du peuple Libanais, alors que la réalité est toute autre !


Dans le quotidien francophone libanais “L’Orient-Le Jour”, la dénonciation du Hezbollah est sans équivoque :

Pour le Hezbollah, l’heure de vérité a sans doute sonné
Perspective - Le parti chiite appelé à faire un choix entre les calculs régionaux à portée communautaire et les impératifs de l’équilibre libanais
« L’heure est à la solidarité. Nous discuterons après … » Tel est le leitmotiv que le Hezbollah ne cesse de nous asséner depuis l’opération qu’il a lancée contre le nord d’Israël le 12 juillet, déclenchant ainsi le déchaînement dévastateur de l’aviation israélienne. La manœuvre frôle le cynisme. Elle est, à la limite, insultante à l’égard de l’opinion libanaise et des milieux politique locaux : rien de plus facile en effet que de prendre de manière unilatérale l’initiative d’entraîner le pays dans une aventure militaire aux retombées incalculables et de dire, une fois le fait accompli imposé à toute la population, qu’il est inopportun de dénoncer « dans les circonstances présentes » une telle décision à caractère autocratique.

Michel TOUMA - L’Orient le Jour - LIBAN


Le Hezbollah devra s’expliquer devant les Libanais
Le charismatique chef du Parti Socialiste Progressiste libanais, Walid Joumblatt, a dénoncé la « surenchère » pratiquée par le Hezbollah et souligné que ce dernier « devra s’expliquer devant les Libanais » sur son comportement. Il a également accusé la Syrie de vouloir « remettre la main » sur le Liban.

Entrevue publiée dans le quotidien français Le Figaro.


Un autre extrait du quotidien “L’Orien-Le Jour”, dans lequel Élie Fayad pose le vrai problème de la crise libanaise :

Schizophrénies galopantes
L’État, la démocratie, l’économie, la vie au Liban sont une nouvelle fois menacés. Le Hezbollah, en solitaire, fait son œuvre de justicier ; Israël presse un bouton et en l’espace de quelques heures, des infrastructures vitales du pays se retrouvent réduites en cendres.

Ce ne sont pas seulement deux soldats israéliens qui ont été pris en otages ; c’est le Liban tout entier, sa volonté de vivre, de prospérer, de se construire, d’édifier pacifiquement sa démocratie.

Le justicier siège au gouvernement et à la table de dialogue. C’est, désormais, une anomalie qui ne peut plus se perpétuer, à aucun prix.

Car le vrai problème ne réside pas uniquement dans la riposte militaire israélienne, quelle qu’en soit la terrifiante ampleur. Il est bien plus profond. Il touche à l’existence même d’un État libanais constamment défié, de l’intérieur comme de l’extérieur, dans ses prérogatives les plus naturelles et notamment sa souveraineté. Même si l’État hébreu avait décidé de ne pas riposter et de négocier pour récupérer ses soldats, cet aspect du problème pour le Liban serait resté entier.

Élie FAYAD - L’Orient-Le Jour - LIBAN

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Manipulation journalistique

Filed Under (Désinformation, Géopolitique) by Jean-Philippe on 06-08-2006

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Une photo de Beyrouth publiée par l’agence de presse Reuters est en train de soulever une grosse polémique… D’après de nombreux experts indépendants, cette photo a été grossièrement retouchée avec le logiciel photoshop !

En effet, il semblerait que de la fumée aurait été rajoutée avec un logiciel de retouche numérique pour accentuer l’impression de dégâts.

Apparemment, la qualité de la retouche serait vraiment de mauvaise qualité. Reuters a reconnu les faits, s’est excusé et a suspendu le photographe à l’origine de la photo. Reuters prend très au sérieux cet acte qui est “strictement contre la politique éditoriale de la compagnie”.

Le photographe mis en cause est également celui qui a couvert le drame de Cana il y a quelques jours.



La photo en cause

Autre manipulation de l’agence Reuters :


A Lebanese woman wails after looking at the wreckage of her apartment, in a building, that was demolished by the Israeli attacks in southern Beirut July 22, 2006. REUTERS/Issam Kobeisi (from Yahoo News)


A Lebanese woman reacts at the destruction after she came to inspect her house in the suburbs of Beirut, Lebanon, Saturday, Aug. 5, 2006, after Israeli warplanes repeatedly bombed the area overnight.(AP Photo/Hussein Malla) (from Yahoo News)


Il est clair qu’il s’agit de la même personne : mêmes habits, même visage, mêmes cicatrices. Pourtant, à lire la nouvelle, la première photo à été prise le 22 juillet et la deuxième, le 5 août, alors que, manifestement, les deux photos sont tirées du même événement.

Et la photo termine sur le site d’une des chaînes de télévision et de radio les plus réputées au monde !


Via : http://drinkingfromhome.blogspot.com/

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Les sales méthodes du Hezbollah

Filed Under (Désinformation, Géopolitique) by Jean-Philippe on 23-07-2006

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Pour faire suite à l’article de Guy Sorman, voici un extrait du blog des membres des Forces Libanaises…

Hezbollahs Filthy Methods

For the past 11 days, we have seen Israel bomb all sorts of targets and I am sure most of us were wondering why would Israel bomb a certain factory or a construction yard or a truck..

If we can for a moment turn off all the local and international channels who have nothing to do but show little dead children and dismembered bodies that touch the viewer to a certain degree that it would blind them, and think about the reasons behind those hits.

From a military point of view, you have a fully equipped army, ranked in the top 5 armies in the world fighting against a guerrilla militia with absolutely no info on its fighters, weapons and locations.

Even though the Israeli army is way superior in terms of weapons, technology and size than Hezbollah, its war must be a very cautious and tactical one since its fighting a guerilla militia.

We have seen Israel for example hitting a tissue factory in a small village in the south. The reason for that would be Hezbollah move around with a missile in a truck, park near a factory and fire a rocket then flee. The origin of the rocket being the factory, Israelis respond by hitting it.

A witness to a similar action went on TV and urged Hezbollah fighters to stop coming into his village to shoot rockets and then run away since the village is being destroyed.

Same for the truck that was carrying civilians and that became very suspicious when it was not allowed to enter the UN offices.

Fighting a guerrilla is very hard and knowing that they could shoot from anywhere, we should expect attacks on unusual places.

Innocent people are dying this is true, but I believe the way Hezbollah is operating and its filthy methods in infiltrating villages and using them as launch positions is causing all those casualties.

Of course Israelis have hit bridges recklessly during the day killing innocent civilians trying to cross the bridge, but its war and you always have victims.

On the other hand, the party thats hitting civilians randomly and threatening innocent lives is Hezbollah who is launching rockets with no sense of direction whatsoever. I have seen rockets land on balconies, small cafes, walls… anything but military targets.

Finally, I heard that Hezbollah has accepted that the government negotiate on the prisoners fate today, therefore I hope that they realized they haven’t achieved anything except self destruction politically and militarily and most of all the destruction of Lebanon and putting it in economical ruin for the next 5 years.

Regards,



Bachir Gemayel, symbole de la résistance libanaise

Source de l’article : A Lebanese Forces Blog

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Liban, vérités dérangeantes

Filed Under (Actualité, Géopolitique) by Jean-Philippe on 22-07-2006

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Agacé et lassé par le matraquage médiatique, littéralement imbibé par la pensée-unique, que l’on nous sert dans la presse ou à la télévision, j’avais envie de vous parler de ce qu’il se passe au Liban… Finalement, j’ai trouvé ce texte de Guy Sorman qui explique, bien mieux que j’aurai pu le faire, ce que je pense de la situation actuelle.


Liban, vérités dérangeantes

Être solidaire avec le Liban, c’est très bien. Mais de quel Liban parle-t-on ? À l’origine, c’est une colonie française découpée dans l’Empire ottoman, en même temps que la Syrie et l’Irak. ( La diplomatie française en 1920 a inventé deux Etats , le Liban et la Yougoslavie : ce qui explique un attachement , parfois au-delà du raisonnable, pour ces deux concepts ) .

Ce Liban devait doter les Chrétiens du Proche-Orient d’un Etat. Mais après l’indépendance , les musulmans sont rapidement devenus majoritaires au Liban tandis que les Chrétiens continuaient à contrôler l’économie et la politique ; ce qui conduisit à une guerre civile jamais terminée. Il se trouve aujourd’hui plus de Libanais en exil - ou diaspora- en France, aux Etats-Unis, en Amérique latine, en Afrique de l’ouest qu’au Liban même. Ce pays vidé de ses élites est devenu la proie de son voisin syrien -qui n’a jamais reconnu sa légitimité- et plus encore des milices : ces mercenaires vivent de la guerre , mais aussi de trafics d’armes et de drogues. Dans les années 1970, le sud-Liban est ainsi devenu le repaire de l’OLP dirigé par Yasser Arafat ; lorsque les soldats israéliens, soutenus par des milices chrétiennes, sont entrés au sud-Liban pour en chasser Arafat , les Libanais accueillirent ces Israéliens en libérateurs , pas en envahisseurs.

L’Hezbollah n’a fait que remplacer l’OLP , dans les mêmes lieux ; sans aucun doute , bien des Libanais haïssent l’Hezbollah financé par l’Iran autant qu’ils rejetaient l’OLP. Les Israéliens ne sont plus accueillis en libérateurs (il reste trop peu de milices chrétiennes pour cela) mais ce ne sont pas des envahisseurs non plus. Pour emprunter une image douteuse à Nicolas Sarkozy, l’armée israélienne passe le sud-Liban au Karcher. Avec l’assentiment des grandes nations : pour la première fois depuis la guerre des Six jours, en 1967, le gouvernement français n’a pas condamné l’attaque israélienne.
Ainsi « nettoyé », le Liban recommencera-t-il à exister ?

Paradoxalement, la démocratie ne facilitera pas la restauration : le Liban étant une collection de tribus, la politique y est le moyen de favoriser les intérêts de la tribu plus que de poursuivre un intérêt national. C’est aussi le cas de l’Irak.

La difficulté d’implanter la démocratie au Proche-Orient tient, non pas à l’Islam, mais au caractère tribal de ces nations.

Mais il n’existe pas d’alternative à la démocratie dans le monde arabe : ce sera toujours mieux que le despotisme qui d’Alger au Caire ou à Damas enferme ces peuples dans la pauvreté. Les intégrismes islamistes, Hezbollah ou Hamas , s’expliquent moins par la lecture du Coran que par l’échec économique du monde arabe : l’islamisme radical est moins un enfant de l’islam qu’un bâtard des tyrannies Proche-orientales qui ont privé ces peuples de futur. Pour ceux que ce sujet spécifique intéresse , je me permets de renvoyer à mon enquête “Les enfants de Rifaa, musulmans et modernes ” , publié cette année en Livre de Poche.

Guy Sorman, 22 juillet 2006

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