"Je me souviens", la devise du Québec

Filed Under (Carnet de bord, Culturel, Québec) by Jean-Philippe on 17-04-2007

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Un lecteur de mon blog, m’a donné l’idée de rédiger une tentative d’explication de notre devise : le fameux “Je me souviens”. Cette devise, qui peut apparaître simple au premier abord, est recouvert d’un épais mystère teinté d’une vieille controverse. Explications.

C’est en 1978, soit deux ans après la retentissante victoire des souverainistes aux élections générales, que le ministère des Transports décida de modifier l’inscription présente sur les plaques d’immatriculation.

Jusque-là, nous pouvions y lire une très touristique “La belle province”, alors qu’à compter de 1978, le slogan fût remplacé par la sulfureuse devise “Je me souviens”.



Une plaque de 1973

Parti souverainiste au pouvoir aidant, cela fût interprété comme un signe de défiance envers l’autorité canadienne. En effet, il apparaissait clairement que le Québec préférait se souvenir de ses origines françaises, que de son attachement à la fédération. Notez que figurait sur la précédente inscription, l’allégeant terme de “province”.

Honnêtement, même s’il est très clair que le gouvernement de l’époque souhaitait se débarrasser de l’encombrant terme “province”, je ne pense pas qu’il s’agissait nécessairement d’une quelconque défiance envers le Canada.

D’ailleurs, la devise en tant que telle, existait bien avant l’arrivée des souverainistes au pouvoir. Elle orne les armoiries du Québec depuis 1939, et fût même apparue en 1883 ! Preuve que l’irritabilité des fédéralistes n’a ironiquement pas de mémoire, elle !

Mais d’où vient la devise ?

C’est en 1883 donc, que l’architecte québécois Eugène-Étienne Taché, proposa un dessin de la façade du Palais législatif de Québec (il s’agit en fait de l’actuel hôtel du Parlement). Sur le fronton, il avait reproduit les armes de la province, ainsi que la devise “Je me souviens”. À partir du moment où le contrat fût signé avec le gouvernement (soit le 9 février 1883), nous pouvons dire que cette devise pris un caractère très officiel, étant donné que l’inscription ornerait dorénavant l’édifice institutionnel le plus important au Québec.

Pour l’anecdote, les armoiries présentes actuellement sur le Parlement (photo ci-bas), ne sont pas celles dessinées par Taché, mais ont été modifiées dans les années 1960, suite à des réparations effectuées sur la façade. Les autorités profitèrent des travaux pour y placer les armoiries officielles, telles que établies en 1939.



Les armoiries à l’entrée du Parlement de Québec

Maintenant, reste à savoir si Eugène-Étienne Taché était le véritable auteur de cette devise, et si tel n’est pas le cas, d’où venait son inspiration ?

L’inspiration poétique, mais improbable…

En 1978, une lette envoyée au “Montréal Star” par Hélène Pâquet, descendante de Eugène-Étienne Taché, expliqua que la devise est en fait incomplète et serait tirée du poème suivant : “Je me souviens/Que né sous le lys/Je croîs sous la rose.”

Cependant, les propos de Hélène Pâquet vont à l’encontre de ce que pouvait dire Étienne-Théodore Pâquet, gendre de Eugène-Étienne Taché près de 40 années auparavant. Pour lui, le pays tout entier devait saluer l’esprit de synthèse de Taché, qui a réussit, en trois mots, à résumer l’histoire et les traditions du peuple Québécois. Il souhaitait que Taché puisse être autant considéré que Routhier et Lavallée, les auteurs de “Ô Canada”.

De plus, jamais personne n’a pu prouver l’existence du poème cité par Hélène Pâquet, surtout qu’il en existe une autre variante, comme altérée par la rumeur : “Née dans les lis, je grandis dans les roses”.

Cependant, on peut trouver un début d’explication dans la confusion ainsi créé, sur une médaille-souvenir datant de 1908. Cette médaille, gravée à l’occasion du troisième centenaire de la fondation de la ville de Québec, porte l’inscription suivante : « Dieu aidant, l’oeuvre de Champlain née sous les lis a grandi sous les roses ». L’on voit donc d’où semblerait venir ce “fameux” poème fantôme, mais cette gravure fait mention de la ville de Québec (fondée par Champlain), et le “Je me souviens” est bel et bien absent.

Mais ne pensez pas y voir là, de toutes façons, l’origine de la devise du Québec. Car comme l’écrit Gaston Déchênes, Taché “était un héraldiste accompli qui savait qu’on ne peut concevoir des armoiries avec une devise de douze mots”. Là-dessus, les spécialistes sont d’accord, “Je me souviens” ne fait pas partie d’un quelconque poème, même si la rumeur populaire y voit un aspect plutôt sympathique.

Après la poésie, la chanson !

Pour Conrad Laforte (ethnologue et bibliothécaire Québécois) auteur du “Catalogue de la chanson folklorique française”, Taché s’est inspiré de la chanson populaire “Un Canadien errant”, écrit par Antoine Gérin-Lajoie en 1842.

Dans le texte du “Canadien errant”, l’on peut y lire :

“Si tu vois mon pays,
Mon pays malheureux,
Va dire à mes amis
Que je me souviens d’eux.”

Contrairement au poème de Hélène Pâquet, dont on ne retrouve trace nulle part, la chanson “Un Canadien errant” a le mérite d’exister bel et bien (et le “Je me souviens” d’y être présent). Maintenant, difficile à dire si cette chanson est la véritable source d’inspiration de l’architecte du Parlement. Là non-plus, rien ne permet de le confirmer.

Edith Fowke, dans le “Penguin Book of Canadian Folk Songs”, évoque la révolte des Patriotes de 1837-1838, à la suite de laquelle, des Canadiens-Français furent emprisonnés, déportés ou pendus. Ceux qui échappèrent aux autorités britanniques furent contraint à l’exil aux États-Unis. Leur destinée aurait donc été une inspiration pour Antoine Gérin-Lajoie. À partir de 1842, les Canadiens-Français chantèrent “Un Canadien errant” de l’Acadie aux Territoires du Nord-Ouest.

L’inspiration historique

De son côté, Pierre-Georges Roy pense que “les mots [que la citation] contient sont une heureuse conception puisqu’ils disent clairement le passé, le présent et le futur de la seule province française de la Confédération canadienne”.

Ceci est à mettre en parallèle avec ce qu’aurait dit le juge Jetté, en 1890, évoquant les sentiments des Canadiens-Français lorsque le drapeau français réapparut sur le fleuve en 1855 : « Oui, je me souviens, ce sont nos gens ». Mais là aussi il faut rester prudent, car il n’existe à ce jour aucune preuve tangible de l’exactitude des termes employés par le juge.

Une devise liée au parlement

Jacques Rouillard, Professeur au département d’histoire et responsable du programme d’études québécoises de l’Université de Montréal, écrivait dans Le Devoir en 2005, un début d’explication.

(…) “le sens de la devise doit être interprété comme un texte introduisant à l’Hôtel du Parlement lui-même, que Taché conçoit comme un « témoin » de l’histoire du Québec, un lieu de mémoire destiné à illustrer de manière symbolique l’identité du Québec. L’ornementation générale de l’Hôtel du Parlement devient la clef pour saisir la signification de la divise.”

Par contre, Jacques Rouillard semble totalement s’égarer, lorsqu’il y voit « la reconnaissance envers la Grande-Bretagne pour nous avoir accordé la liberté politique ». Cette thèse a été largement écartée par Gaston Déchênes, qui a sans aucun doute, une plus grande expertise et connaissance sur le sujet.

Christian Gagnon, dans Le Devoir, répond d’ailleurs à Jacques Rouillard de belle façon : “Dans certains milieux canadiens-anglais, on ne manque pas une occasion de soutenir d’autres mensonges voulant que les Filles du Roy aient été des prostituées, les premiers colons de Nouvelle-France, d’anciens bagnards, Dollard-des-Ormeaux, un voleur de fourrures, et les Canadiens-français anti-conscriptionnistes, des lâches. Dans le cas du « Je me souviens », il serait apprécié que nos universitaires ne se fassent pas les courroies de transmission de cet autre exercice de désappropriation et de détournement de sens des symboles historiques nationaux de notre peuple, comme ce fut le cas pour l’hymne « Ô Canada », la feuille d’érable et le castor”.

Mais là où Rouillard à raison, c’est dans l’intention de créer un sanctuaire de la mémoire, de l’histoire et de l’identité d’un peuple. La présence des statues, que cela soit de Britanniques, de Français et d’Amérindiens (un cas unique sur des édifices parlementaires canadiens) sur le pourtour du Parlement, évoque une sorte de “Panthéon” des personnages ayant influencé le Canada-Français.

Pourquoi faire compliqué ?

Effectivement, pourquoi donc faudrait-il que cette devise soit incomplète ? Si cela avait été le cas, Taché aurait eu très largement le temps de l’évoquer, de l’écrire, ne serait-ce que dans les correspondances qu’il entretenait avec les autorités, au moment de la conception de son projet.

Encore là, Gaston Déchênes résume très bien ma pensée : “La devise « Je me souviens » invite tout simplement à… se souvenir notamment de ce que la décoration de la façade de l’Hôtel du Parlement évoque. En ce sens, la devise du Québec est ouverte et ne comporte pas de jugement de valeur (contrairement à l’autre devise où plusieurs ont vu les bienfaits de la Conquête [ndlr : les "fameuses" roses]).”

Voyons donc cette devise, surtout celle présente sur le Parlement, comme un témoin de l’histoire du Québec. À notre devoir de mémoire.


Sources utilisées pour cet article :

- André Pépin et son site sur les plaques d’immatriculation du Québec

- Gaston Deschênes, La devise “Je me souviens” sur le site de L’Agora.

- Jacques Rouillard, “Se souvenir de qui, de quoi ?”.

- “Un Canadien errant”, par L’encyclopédie canadienne.

- La chanson “Un Canadien errant” (paroles et fichier midi).

- “Je me souviens”, sur Wikipédia

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Filed Under (Culturel, Québec) by Jean-Philippe on 31-03-2007

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Le drapeau de la Ville de Montréal a été arboré pour la première fois au mois de mai 1939.Il reprend les principaux symboles héraldiques des armoiries : la croix héraldique de gueules sur fond blanc et aux quartiers, les quatre fleurs emblématiques. Les proportions du drapeau sont de deux longueurs sur une largeur.


Les armoiries de la Ville de Montréal ont été adoptées en 1833 par les conseillers municipaux de l’époque. En 1938, elles ont été modifiées pour prendre la forme que nous leur connaissons aujourd’hui. Jusqu’à 1981, les armoiries étaient utilisées pour identifier la Ville de Montréal. Le recours aux armoiries s’insère dans le programme d’identification visuelle de la Ville. La coutume veut que l’utilisation des armoiries revête un caractère d’exception.

D’argent à une croix de gueules ; cantonnée au premier d’une fleur de lys d’azur ; au deuxième d’une rose de gueules tigée, feuillée et pointée de sinople ; au troisième d’un chardon du même, fleuri de pourpre ; au quatrième d’un trèfle de sinople. Timbré d’un castor couché sur écot au naturel. L’écu entouré d’un rinceau de feuilles d’érable de sinople.


Forme de l’écu — À l’exemple du gouvernement du Québec, la Ville de Montréal, dont les origines s’identifient à celles de la province, a adopté la forme française pour les contours de l’écu.

Champ de l’écu — Le champ est d’argent pour rappeler celui de l’écu ancien qui était de la composition de M. Jacques Viger, premier maire de Montréal.

Croix héraldique — La croix héraldique rappelle la pensée et l’action chrétiennes qui ont présidé à la fondation ainsi qu’au développement de Ville-Marie.

Emblèmes nationaux — Le champ de l’écu est chargé de quatre meubles végétaux dont chacun rappelle l’origine ethnique de la population de Montréal au 19e siècle.

Ces emblèmes sont les suivants


La fleur de lys de la maison royale de Bourbon. Cet emblème représente au premier canton de l’écu l’élément français qui, le premier, a pris possession du sol montréalais.


La rose de la maison de Lancastre. Celle-ci est logée au deuxième canton et elle y symbolise l’élément d’origine anglaise.

Le chardon. Cet emblème représente, au troisième canton de l’écu, l’élément d’origine écossaise de notre population.

Le trèfle d’Irlande. Au quatrième canton de l’écu, le trèfle rappelle la présence de l’élément d’origine irlandaise qui s’est établi sur le sol montréalais.

La devise sur le listel — La devise “Concordia Salus” (Le salut par la concorde) est inscrite au listel que l’on voit au bas de l’écu. Cette disposition de la devise ainsi que du listel est la même que celle sur les armoiries du Québec.

Les feuilles d’érable — Comme les armoiries du Québec, celles de Montréal s’entourent d’un rinceau de feuilles d’érable. Ces feuilles sont de l’érable gris (acer saccharum) et elles symbolisent les relations de bonne entente qui lient entre eux les éléments divers de notre population montréalaise.

Le castor — Logé au-dessus de l’écu, le castor exprime le caractère industrieux des Montréalais qui ont oeuvré à la croissance de notre ville.

Source : portail officiel de la ville de Montréal.

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15 février

Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 15-02-2007

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Prison de Montréal

14 février 1839, 23h00

Le public et mes amis en particulier attendent peut-être une déclaration sincère de mes sentiments. À l’heure fatale qui doit nous séparer de terre, les opinions sont toujours regardées et reçues avec plus d’impartialité. L’homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurci beaucoup de ses actions pour se laisser voir en plein jour.

L’intérêt et les passions expirent avec son âme. Pour ma part, à la veille de rendre mon esprit à son créateur, je désire faire connaître ce que je ressens et ce que je pense. Je ne prendrais pas ce parti si je ne craignais qu’on ne représentât mes sentiments sous un faux jour. On sait que le mort ne parle plus et la même raison d’État qui me fait expier sur l’échafaud ma conduite politique pourrait bien forger des contes à mon sujet. J’ai le temps et le désir de prévenir de telles fabrications et je le fais d’une manière vraie et solennelle, à mon heure dernière, non pas sur l’échafaud environné d’une foule insatiable de sang et stupide, mais dans le silence et les réflexions du cachot.

Je meurs sans remords. Je ne désirais que le bien de mon pays dans l’insurrection et l’indépendance. Mes vues et mes actions étaient sincères et n’ont été entachées d’aucun (des) crimes qui déshonorent l’humanité et qui ne sont que trop communs dans l’effervescence des passions déchaînées.

Depuis 17 à 18 ans j’ai pris une part active dans presque toutes les mesures populaires, et toujours avec convictions et sincérités. Mes efforts ont été pour l’indépendance de mes compatriotes. Nous avons été malheureux jusqu’à ce jour. La mort a déjà décimé plusieurs de mes collaborateurs. Beaucoup gémissent dans les fers, un plus grand nombre sur la terre de l’exil, avec leurs propriétés détruites et leurs familles abandonnées sans ressources aux rigueurs d’un hiver canadien. Malgré tant d’infortune, mon coeur entretient encore son courage et des espérances pour l’avenir. Mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres. Un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l’assurent.

Voilà ce qui me remplit de joie lorsque tout est désolation et douleur autour de moi. Les plaies de mon pays se cicatriseront. Après les malheurs de l’anarchie d’une révolution sanglante, le paisible Canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint-Laurent. Tout concourt à ce but ; les exécutions même. Le sang et les larmes versés sur l’autel de la liberté arrosent aujourd’hui les racines de l’arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canadas.

Je laisse des enfants qui n’ont pour héritage que le souvenir de mes malheurs. Pauvres orphelins ; c’est vous que je plains. C’est vous que la main sanglante et arbitraire de la loi martiale frappe par ma mort. Vous n’aurez pas connu les douceurs et les avantages d’embrasser votre père aux jours d’allégresse, aux jours de fête. Quand votre raison vous permettra de réfléchir, vous verrez votre père qui a expié sur le gibet des actions qui ont immortalisé d’autres hommes plus heureux. Le crime de votre père est dans l’irréussite. Si le succès eût accompagné ses tentatives, on eût honoré ses actions d’une mention respectable. “Le crime fait la honte et non pas l’échafaud.” Des hommes d’un mérite supérieur au mien m’ont déjà battu la triste carrière qui me reste à courir de la prison obscure au gibet. Pauvres enfants ! Vous n’aurez plus qu’une mère tendre et désolée pour soutien (et) si ma mort et mes sacrifices vous réduisent à l’indigence, demandez quelques fois en mon nom, je ne fus pas insensible aux malheurs de l’infortune.

Quant à vous mes compatriotes ! Puisse mon exécution et celle de mes compagnons d’échafaud vous être utiles. Puissent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais. Je n’ai plus que quelques heures à vivre, mais j’ai voulu partager ce temps précieux entre mes devoirs religieux et ceux à mes compatriotes. Pour eux, je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants, de mon épouse, sans autre appui que mon industrie et pour eux je meurs en m’écriant : Vive la Liberté, Vive l’indépendance.

Chevalier de Lorimier Lettre conservée aux Archives nationales du Québec à Québec, série des Événements. Cette lettre est considérée comme le testament politique de Chevalier de Lorimier.

Montréal, Prison-Neuve, 15 février 1839, 5 heures a.m.

Lette à une amie Lettre écrite par de Lorimier, le jour de son exécution, à une dame qui lui avait demandé d’écrire dans son album quelques lignes qu’elle garderait comme souvenir.

Vous voulez, madame, que j’écrive un mot dans votre album. Que puis-je écrire, je vous le demande ? Vais-je abandonner mon âme à des sentiments de regret, à de tristes pensées ? Vous diriez que ces sentiments ne sont pas dignes d’un homme qui meurt pour la liberté de son pays. Vous dirai-je, pour vous attendrir, tout ce que j’ai souffert dans mon cachot depuis que je suis tombé dans les mains de mes cruels ennemis ?

Ce serait, comme je viens de le dire, peu digne de la position que j’occupe devant le monde. Vous m’avez visité dans ces noirs cachots où les rayons du soleil sont inconnus aux pauvres victimes de la tyrannie anglaise. Il n’est pas nécessaire de parler ni d’écrire, pour faire comprendre l’état le plus misérable auquel la nature humaine puisse être réduite.

Vous dirai-je tout le respect que j’ai pour vous, quand vous en avez eu tant de preuves ? Cependant ce serait honteux de ma part de ne pas me rendre à vos désirs. Permettez-moi alors, madame, de vous demander une faveur, c’est de garder une place pour moi dans vos pensées, après que l’heure terrible du sacrifice sera passée. Quand je serai parti, vous vivrez encore.

Dans quatre heures, je mourrai sur l’échafaud érigé par les ennemis de notre chère patrie. Oh ! quels mots enchanteurs je viens de prononcer ! — ” Ma patrie ! ” ma patrie ! à toi j’offre mon sang comme le plus grand et le dernier des sacrifices que je puisse faire pour te délivrer du joug odieux de tes traîtres ennemis. Puisse le Tout-Puissant agréer mon sanglant sacrifice ! Vous verrez des jours meilleurs.

Cette conviction intime et l’espoir que vous, madame, votre mari et tous mes amis, penserez quelquefois à moi, quand je ne serai plus, seront pour moi une source de consolation et de force dans les dernières tortures de l’agonie. La grande cause pour laquelle je suis à la veille de souffrir, triomphera.

Adieu, madame ! Soyez heureuse ainsi que votre mari, vous le méritez tous deux. C’est le voeu d’un homme qui dans quelques heures aura sacrifié sa vie au salut de sa malheureuse patrie et à la liberté qu’il préfère à la vie. Je vous dis encore une fois adieu, madame.

Votre malheureux mais sincère ami,

Chevalier de Lorimier

Source : Les Patriotes 1837-1838 de Laurent Oliver David

François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, fut l’un des grands chefs patriotes Canadiens français durant les révoltes de 1837-1838 au Bas-Canada ainsi qu’un intellectuel politisé, notaire de profession. Il fut pendu dans la prison au Pied-du-Courant de Montréal, le 15 février 1839.

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Fier Viking !

Filed Under (Histoire) by Jean-Philippe on 08-12-2006

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Le peuple Viking reste souvent méconnu de nos contemporains. La légende prend plus souvent le pas sur la réalité des événements. C’est normal tant les Vikings ont marqués leur époque.

Dans l’imaginaire populaire, le guerrier Viking est un barbare, assoiffé de sang, ne connaissant pas la peur et fier navigateur. Dans ce même imaginaire, le Viking est un grand gaillard portant le fameux casque à cornes, image représentée encore aujourd’hui jusque sur le logo de l’équipe de football de la NFL.


En fait, même si l’on peut difficilement nier les pillages multiples des Vikings, il faut aussi rétablir quelques vérités. Tout d’abord, le peuple Viking n’a jamais formé de nation, mais plutôt des “clans” qui se faisait même parfois la guerre entre-eux. Ainsi, l’on peu distinguer les Vikings Suédois qui sont surtout allés vers la Russie, les Vikings Danois et Norvégiens qui sont allés vers l’Europe occidentale et… l’Amérique.

Au-delà du côté “barbare”, les Vikings étaient de bons commerçants. Ils ont d’ailleurs construit la richesse de la ville de Kiev (en Ukraine actuelle), et ont permis l’unification de la Russie (d’ailleurs le terme “Russe” en finnois signifie “Suédois”).

Après, il est vrai, de multiples “raids” sur l’actuelle Normandie, sur Paris, sur la Flandre… les Vikings ont apporté la stabilité dans les zones occupées. Rollon, le premier “Jarl” de Normandie, permis même le retour de la vie monastique dans le duché.

Les Vikings sont de grand conquérants. Compte tenu de l’époque (avant l’an 1000), de la petitesse du peuple, il est surprenant de constater l’étendue des territoires conquis. Imaginez : la Russie occidentale, une partie de l’Ouest de la France, l’Irlande, l’Islande, le Groenland, l’Italie, la Sicile, Constantinople, l’Angleterre… Terre-Neuve et peut-être le Labrador, sans oublier les Croisades auxquels les Normands ont apporté une part active.

Les Normands furent les premiers et les seuls étrangers à avoir envahis l’Angleterre. D’ailleurs, la langue anglaise telle qu’on la connaît, fût considérablement influencée par le vocabulaire français (à 60%) et scandinave, suite à l’occupation Normande du royaume d’Angleterre.


Il faut aussi souligner leur grande capacité d’adaptation et même d’assimilation. Rapidement, les peuples Vikings se sont installés et se sont vite convertis au sédentarisme, tout en devenant une partie intégrante du peuple qu’il avait envahit.

Pour ce qui est du “fameux” casque Viking, il s’agit d’une légende qui ne repose sur aucune réalité. Le casque Normand, comme l’atteste, entre-autre, la tapisserie de Bayeux, est un casque dépourvu de cornes, mais étant assez caractéristique cependant à cause de la tige métallique qui protégeait le nez.


Je suis assez fier d’être un descendant du peuple de Rollon et de Guillaume le Conquérant. Je regrette tout de même que l’identité Normande ne soit pas aussi affirmée que l’identité celte de nos voisins Bretons. Les Vikings seraient-ils devenus trop sages, trop rapidement ?

L’identité Normande repose aussi sur son unité ! La Normandie est “une”, elle est unique !

Liens :

- Pour l’unité normande : le Mouvement Normand

- La page Wikipédia sur les Vikings

- Un autre descendant de Vikings : l’Antre de Kanwulf

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Jour du Souvenir

Filed Under (Actualité, Canada) by Jean-Philippe on 11-11-2006

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9 novembre 1989

Filed Under (Actualité, Géopolitique, Politique) by Jean-Philippe on 09-11-2006

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Il y a dix-sept ans, un pan du communisme s’effondrait…


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La petite histoire de la croix du Mont-Royal

Filed Under (Culturel, Histoire, Québec) by Jean-Philippe on 04-11-2006

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Érigée en 1924 à la suite d’une collecte de fonds organisée par la Société Saint Jean Baptiste, la Croix du Mont-Royal commémore le geste de Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve, d’avoir planté une croix en bois à cet endroit en 1643 afin de remercier Dieu d’avoir épargné Ville-Marie des inondations.

Composée de pièces métalliques, cette structure, qui a été complétée en septembre 1924, mesure 102 pieds de hauteur et 30 d’envergure. Le financement de ces travaux a été en parti recueilli par souscription populaire, c’est-à-dire la vente de timbres commémoratifs de la Croix du Mont-Royal par quelque 85 000 écoliers.


La Ville de Montréal a toujours assuré l’entretien de la croix bien que la Société Saint-Jean Baptiste en soit demeurée propriétaire jusqu’en juin 2004. Depuis cette date, la croix a officiellement été cédée à la Ville par donation.

L’éclairage de la Croix
Lors de sa première illumination en 1924, 240 ampoules de 50 watts ont été nécessaires pour éclairer la croix, c’est-à-dire 120 ampoules sur chaque face. Cependant, en 1959, un autre système d’électrification est mis en place nécessitant alors 249 ampoules incandescentes (une de moins sur un côté, à cause d’une échelle). En effet, jusqu’à cette époque, les changements d’ampoule s’effectuaient à la main.

Une trentaine d’années plus tard, c’est-à-dire depuis le début des années 1990, l’illumination de la croix est réalisée grâce à un système de fibres optiques : 32 projecteurs dirigent de la lumière vers des centaines de fibres optiques qui convergent à leur tour vers une sorte de demi-sphère reproduisant l’illusion de l’ampoule (156 de ces demi-sphères sont utilisées).

Les changements de couleur, utilisés lors d’événements marquants, sont ainsi obtenus par la mise en place de filtres de couleur (bleu, rouge et pourpre) devant chacun des 32 projecteurs. Jusqu’à présent, cette intervention nécessite toujours l’aide d’un technicien qui doit monter dans la croix pour placer les filtres.

Source : lemontroyal.ac.ca

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