oct 04
2008J’ai regardé, après coup, de larges extraits du débat des chefs de cette semaine. En fait, je voulais le regarder intégralement, mais pour être honnête avec vous, j’en ai été incapable ! Je me demande d’ailleurs comment, autant de téléspectateurs, ont pu tenir le coup devant leur télévision… Ça relève de la prouesse !
Mais mon point ne concerne pas la grande persévérance de l’électorat canadien, mais plutôt un mystère beaucoup plus incroyable, beaucoup plus profond que cela.
En écoutant Gilles Duceppe, Jack Layton, Stéphane Dion et comment s’appelle t-elle déjà ? Elizabeth May… Stephan Harper, notre premier ministre, est l’être le plus abject sur Terre (après George W. Bush s’entend). Stephan Harper “couche” avec les compagnies pétrolières, veut envoyer les jeunes Canadiens à la guerre, il est contre les politiques environnementales, il veut faire emprisonner des ados de 14 ans à vie, il est contre la culture et se moque du Québec…
Ça fait déjà beaucoup, mais, admettons deux minutes que tout ceci soit la pure vérité. Admettons…
Si tout ceci est la pure vérité, expliquez-moi donc pourquoi, ce gouvernement minoritaire (je le rappelle juste en passant), est le gouvernement minoritaire qui est resté le plus longtemps en place dans toute l’histoire du Canada ?
Lors de ce débat, il semblait régner un large consensus entre les partis d’opposition. Que cela soit le Bloc, le NPD et le PLC, tous s’accordaient sur le fait que Stephen Harper était un premier ministre néfaste pour le Canada. S’était d’ailleurs presque émouvant de voir autant d’harmonie entre les trois principales formations canadiennes…
Mais pourquoi attendre la campagne électorale pour déballer tout cela ? Si Harper est si néfaste, pourquoi le Bloc et le PLC principalement, ont voté pour le gouvernement à de multiples reprises pour éviter de le faire tomber ?
“Bloquer Harper” au moment des élections, mais le soutenir lorsqu’il est au pouvoir
“Il faut bloquer Harper” parait-il. Mais alors que le Bloc avait l’occasion de passer de la parole aux actes, à plusieurs occasions, Gilles Duceppe a soutenu les Conservateurs en votant avec eux.
Le pire dans tout ça, c’est que si nous sommes en élections, ce n’est pas grâce aux partis d’opposition, mais parce que Stephen Harper l’a demandé ! Expliquez donc la logique qui voudrait, que l’on fasse en sorte de maintenir un gouvernement en place, durant près de trois ans, sachant qu’il serait néfaste pour le pays ?
Car souvenez-vous en, lorsque les Libéraux annonçaient qu’ils allaient s’opposer au gouvernement lors d’un vote déterminant, le Bloc s’arrangeait pour l’appuyer et inversement. Rappelez-vous également de quelques mises en scène à la chambre des communes, où des députés de l’opposition “s’absentaient” juste avant un vote, afin d’éviter qu’il puisse y avoir assez de monde pour renverser le gouvernement, sans avoir besoin de le soutenir. C’est ça qu’ils appellent “démocratie” ? Cette farce de basse-politique, d’hypocrisie électorale qui permet de se fabriquer un semblant de vertu devant les électeurs, tout en servant leurs petits intérêts ?
Elizabeth May : premier prix de l’humour politique
Mais la palme de la grande comédie burlesque de cette campagne, revient sans hésitation à Elizabeth May. En effet, j’ai failli m’étrangler de rire ce matin en buvant mon café, lorsque j’ai découvert, sur le site du Parti Vert du Canada, un communiqué qui m’a mis instantanément de bonne humeur. Voyez plutôt :
Je suis certain que vous ne me croyez pas, alors je vous livre ici le lien vers le communiqué, sur le site officiel du Parti Vert du Canada : Elizabeth May remporte le débat en français.
Ça me rappelle les grandes heures de la Pravda et leur talent incroyable qu’ils avaient, de pouvoir transformer une mauvaise nouvelle en bonne nouvelle. Mais oui braves gens ! Vous l’ignorez, mais c’est Elizabeth May qui a été la plus efficace contre Harper. J’attends d’ailleurs le communiqué selon lequel Elizabeth May est en passe de remporter les élections… à suivre !
En résumé…
En conclusion, cette campagne se révèle intéressante, non pas au niveau du débat, mais plutôt au niveau de ce qu’il y a autour. Déjà, nous découvrons que Harper est un dangereux personnage, mais que l’opposition a fait en sorte de le maintenir au pouvoir durant plus de deux ans et demi !
Ensuite, nous savons maintenant que Harper veut la mort de la culture, parce qu’il a coupé treize programmes de subvention d’une valeur totale de 45 millions, mais qu’il est interdit de parler des augmentations du budget culturel des Conservateurs, de l’ordre de près de 200 millions de dollars. Faut pas en parler, c’est mal !
Maintenant, il faut réaliser une bonne fois pour toute que Elizabeth May est une chef politique redoutable et que si nous ne l’avons pas compris, c’est parce qu’elle est rendu à un niveau d’expression qui nous dépasse.

