Pauline la snob

Filed Under (Actualité, Humeur, Québec) by Jean-Philippe on 08-11-2008

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Snob, sans sens de la répartie, loin des problèmes des électeurs, hésitante et dont elle traîne comme des boulets certaines de ses décisions, lorsqu’elle était ministre… voilà comment est jugée Pauline Marois.

Non, ces affirmations ne viennent pas du PLQ ou encore de l’ADQ, mais plutôt d’un document interne du Parti Québécois, envoyé à la Presse par des “collaborateurs malveillants” (dixit Pauline Marois). Ce document intitulé “Plan de campagne - Élections 2008″, datant du 10 octobre, a été réalisé après une série de “focus groups”. Pour être honnête, croyez-vous vraiment qu’il fallait attendre un tel rapport, pour savoir que matante Pauline est une snob et qu’un certain nombre de ses décisions ont été néfastes pour le Québec ?

Pauline Marois, qui se présente comme une politicienne de gauche, proche des gens et du “petit peuple”, essayait de nous faire croire il y a quelques années, qu’elle habitait un petit chalet sans prétention, avec la petite échelle pour monter à l’étage, alors qu’elle vivait dans un grand château, réplique de Moulinsart (les amateurs de Tintin sauront de quoi je parle).

Évidemment, je ne lui reproche pas de vivre dans un château ! Ce que je lui reproche, c’est d’avoir volontairement tout fait pour nous le cacher et d’avoir fait passer son modeste chalet, comme étant sa résidence principale. Pauline était alors toute fière de le faire visiter aux médias, en prenant bien soin de faire passer son message : “Vous pouvez témoigner que ce n’est pas un palace ?”.

Pour rappel, voici l’extrait de l’émission d’Infoman, dans lequel il nous montre la véritable résidence de l’actuelle chef péquiste. Et comme chacun sait, Jean-René Dufort n’est pas spécialement un partisan des libéraux ou des adéquistes !

Mais matante Pauline ne fait pas que dans l’omission. Souvenons-nous bien que c’est Pauline Marois, à l’époque où elle était ministre, qui avait fait envoyer des centaines d’infirmières à la retraite, infirmières qui, aujourd’hui, manquent cruellement dans nos hôpitaux. C’est encore cette sacrée Pauline qui avait entrepris cette catastrophique réforme de l’éducation, réforme qui a été critiquée par tous, parents, élèves, professeurs, mais dont elle trouve encore le moyen de louanger ses vertus !

Pauline Marois, avec l’aide du parlement péquiste de l’époque, avait fait voter une pension de 80,000$ par année à vie, à l’ancien patron de la Société générale de financement (SGF), dont le président n’était nul autre que son mari, Claude Blanchet. Une pension à vie pour avoir dirigé une société d’état durant six ans ! Pension, bien évidemment, transférable à sa femme… comme les choses sont bien faites ! (Et je ne parle pas de sa prime de départ de 300,000$, en échange de sa démission).

Devrais-je parler de la Gaspésia et des 400 millions gaspillés par les péquistes ? Du métro de Laval, dont le budget était au départ de 185 millions de dollars et qui a coûté au final… 805 millions ! Dépassement épinglé dans un rapport du vérificateur général du Québec, qui concluait à un véritable fiasco avec un coût de 156 millions de dollars du kilomètre.

Devrais-je parler, plus anecdotiquement, des toilettes aménagées par la princesse Pauline au coût 300,000$ ? … Un détail, peut-être, mais révélateur quand il s’agit de mieux comprendre le personnage Marois. Gros château, beaux bijoux, toilettes de grand luxe… mais nous parle, la main sur le cœur, des bienfaits de la sociale-démocratie et de la redistribution des richesses.

Pauline Marois n’est rien qu’un autre avatar de ce que l’on appelle la “gauche caviar”. Cette gogauche prête à plonger la main dans le portefeuille de la classe moyenne, au nom de la “justice sociale”, mais qui vit dans le grand luxe en gaspillant l’argent des contribuables !

Pauline Marois, chef du PQ, qui voudrait nous faire croire qu’elle saurait gérer la crise financière et le Québec, alors qu’elle est incapable de bien gérer son parti, endetté de près d’un million de dollars ? En matière de gestion, on l’a déjà vue à l’œuvre, alors je ne vois pas pourquoi on devrait lui faire, encore, confiance !

Évidemment, lorsqu’on lui rappelle sa gestion et ses déboires, le seul argument qu’elle arrive à trouver, c’est de parler de “sexisme latent”. C’est tellement simple la vie pour matante Pauline !

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Retour sur la démission d’André Boisclair

Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 09-05-2007

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Nous nous y attendions tous, le chef péquiste a donc remis sa démission, tout en conservant son mandat de député.

Le problème, c’est que les militants et les dirigeants du PQ vont faire ce qu’ils réussissent le mieux : faire porter le blâme de la défaite sur les épaules de leur ancien chef, ce qui leur permettra de recommencer les mêmes erreurs.

Et l’on reparle de Gilles Duceppe. Gilles qui réfléchit, qui s’interroge, qui demande conseils auprès de sa garde rapprochée. Il est clair qu’il est intéressé par le poste de chef du PQ, mais est-il compétent ?


Alors que le scandale des commandites était encore bien frais dans les mémoires, que l’appui à la souveraineté approchait les 50%, Gilles Duceppe a été incapable de barrer la route aux Conservateurs, menés par un Albertain peu habile, pas vraiment charismatique, avec un fort accent anglais par-dessus le marché ! Vous pensez vraiment qu’il pourra redresser le Parti Québécois face à un Mario Dumont en pleine possession de ses moyens, alors qu’il a été incapable de s’occuper de Stephen Harper ?

Et revoilà les “belles-mères” du PQ… Bernard Landry, qui nous dit ce matin à la radio, que “la souveraineté n’est ni de droite, ni de gauche, elle est en avant”. Je suis totalement d’accord avec lui, mais il se fout un peu de nous. Bernard Landry est quand même le grand responsable de la dérive sociale-démocrate de son parti. Alors son “ni de droite, ni de gauche”, cela me fait doucement rire…

Évidemment, les illuminés du SPQ Libre, préfèrent gauchiser le discours du PQ et espèrent ainsi récupérer l’électorat de Québec Solidaire. Faut arrêter de rire là ! On parle de quoi ? 2 ou 3% des voix ? C’est ça le “pactole” de Québec Solidaire ? C’est comme ça que le PQ gagnera ses élections ?

Mario Dumont doit regarder tout ceci avec un certain amusement. Lui ce n’est pas 5% des électeurs qui le soutient, mais près d’un tiers ! Et pendant ce temps, quelques autres péquistes quitteront encore le navire pour rejoindre l’ADQ. À partir de là, même l’intégralité des voix de Québec Solidaire ne suffira pas au PQ.

Le Parti Québécois est un parti malade et totalement ingouvernable. Et quelle image piteuse de la souveraineté, présentent-ils aux Québécois ! Déjà bien incapables de se gérer seuls, dans leur propre parti, comment le pourraient-ils à la tête d’un pays libre ?

Je suis pourtant souverainiste, mais je pense que le PQ ne rend justement pas service à la cause. Boisclair en a fait les frais, et même s’il est en parti responsable, il ne faut pas oublier que les erreurs sont collectives…

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Étrange et imprévisible

Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 24-03-2007

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Si vous avez écouté la dernière émission du “Caribou Show”, vous avez pu m’entendre dire que le résultat de l’élection générale de lundi prochain était totalement imprévisible. Mais alors qu’il est impossible de savoir qui sera notre prochain premier ministre, force est de constater que des tendances idéologiques sont, au contraire, très claires.

Prenons d’abord les “tendances” dans les intentions de vote :

Avec 60% des intentions de vote (ADQ et PLQ), on sent nettement un rejet de la bureaucratie sociale-démocrate de la part des Québécois. Tout comme en Suède, modèle social-démocrate par excellence, le peuple se rend compte que le modèle devient incompatible avec la fin de la crise et la croissance économique. Autant le modèle social-démocrate séduit lorsque ça va mal et qu’il faut soutenir une aide sociale adéquate, autant cela devient un frein énorme lorsqu’il est temps de tirer la société vers le haut.


L’exemple le plus frappant, pour la première fois, la province du Nouveau-Brunswick fait beaucoup mieux que le Québec en matière de création d’emploi. La recette ? Baisse des taxes aux entreprises, réduction de la bureaucratie et donc, grosses économies budgétaires.

Et les Québécois le savent ! Bien des indicateurs économiques sont au vert, mais leur compte de taxe ne baisse pas alors que “l’état providence” devient un boulet pour la société qui continue de s’endetter. 120 milliards de dette publique pour le Québec, 200 milliards réels puisqu’il faut ajouter les dettes des municipalités et l’objectif du déficit zéro qui est encore loin d’être atteint ! Comment espérer retrouver un niveau de taxation raisonnable ?

Une large majorité des Québécois semblent donc rejeter le modèle social-démocrate, ce qui est confirmé par la très intéressante étude CROP/Radio-Canada (visible ici) :

- Instauration de cliniques et de services de santé privés :
55% assez ou très favorable
44% peu ou pas favorable

- Dégel des frais de scolarité :
49% assez ou très favorable
47% peu ou pas du tout favorable

- Réduction de la taille de l’état :
66% assez ou très favorable
30% peu ou pas favorable

- Remboursement de la dette :
88% assez ou très favorable
14% peu ou pas favorable

- Accorder une allocation de 100$/enfant d’âge préscolaire aux parents qui n’envoient pas leur enfant en garderie subventionnée :
56% d’accord
39% pas d’accord

… et enfin

- Êtes-vous en faveur ou opposé à un référendum sur la souveraineté du Québec ?
31% en faveur
64% opposé

Alors que l’issue du scrutin reste incertain, il semblerait que les Québécois savent assez bien ce qu’ils attendent de leur prochain gouvernement. Mais là où ça se corse, c’est en cas de victoire du Parti Québécois. Si le PQ l’emporte, ce sera par défaut, c’est d’une évidence incontestable… et en plus, le parti tentera d’appliquer une politique qui ira dans le sens opposé aux souhaits des Québécois !

Depuis quelques années, ce parti qui se devait d’être un rassemblement étendu de souverainistes de tous bords, devient de plus en plus un simple parti institutionnalisé “comme les autres”, juste ouvert aux idées dites “progressistes”. Pourtant, le PQ aurait dû être plus attentifs aux attentes de son électorat et surtout, aux signaux envoyés par ce dernier.

Ainsi, ni le glissement de son électorat de la ville de Québec vers le parti conservateur l’an passé, ni celui de son électorat traditionnel du Saguenay n’ont semblé les inquiéter ! Pire encore, alors qu’en région l’ADQ grappille des deux côtés : PLQ et PQ, le Parti Québécois poursuit son aberrant jusqu’au-boutisme !

Pourtant, la situation n’a rarement été aussi favorable au Parti Québécois : Charest est impopulaire, bilan gouvernemental assez décevant… et avec ça, le PQ fera, sans grande surprise, un moindre score qu’en 2003 ! Là non-plus, personne au PQ ne semble prendre conscience de la situation. À force de ne pas écouter leur électorat, le PQ devient de plus en plus un parti exclusif, alors qu’au contraire, il devrait être un parti inclusif. Je fais moi-même partie de ces souverainistes qui se sentent de moins en moins “chez-eux” au Parti Québécois… dommage.

De l’autre côté, ce n’est pas bien mieux. Jean Charest s’est fait grappiller une partie de son électorat francophone et Mario Dumont fait preuve d’amateurisme alors qu’il pose les bonnes questions en n’apportant pas les bonnes réponses.

Mais il y a encore des incertitudes. Quel sera le comportement des indécis généralement favorables au Parti Libéral ? Est-ce que l’électorat adéquiste ira jusqu’au bout de ses intentions ou ne sera pas tenté de voter pour leur parti d’origine ? Ne risquerons-nous pas d’avoir un déséquilibre dangereux entre le Québec des régions et le Québec de la métropole ?

Cette fin de campagne est aussi imprévisible que passionnante… j’ai rarement vu ça ! Lundi, nous serons nombreux à nous coucher bien tard, tant le résultat final risque d’être vraiment tardif…

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Les élections du 26 mars au Caribou Show !

Filed Under (Médias, Politique, Québec) by Jean-Philippe on 22-03-2007

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Chaque vendredi à 12h (heure de l’Est), le Caribou Show décortique l’actualité québécoise et canadienne avec une dose d’humour et de vitriol.

Et en ces temps de campagne électorale, nous avons le plaisir de passer en revue les faits marquants de cette veille de scrutin. Rappel des événements, analyses et critiques des camps libéraux, péquistes et adéquistes.

Je vous invite donc à nous retrouver demain vendredi, à la dernière émission du Caribou Show avant les élections de lundi prochain. Une émission que j’ai un grand plaisir de participer depuis un an et demi, en compagnie de Laurent Gigon et de Gilles.

Et une bonne nouvelle n’arrive jamais seule : nos émissions sont également disponibles en baladodiffusion !


N’hésitez pas à nous laisser vos remarques et commentaires ici-même, ou sur le site de Fréquence Caribou.

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Retour sur le débat des chefs

Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 14-03-2007

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Nous l’avons vu ces derniers jours, la campagne opposant le PLQ, le PQ et l’ADQ ne permet pas de dégager de vainqueur, ni même de perdants. Les sondages montrent des tendances, comme j’ai eu l’occasion d’en parler lundi dernier, mais les lignes ont tendance à toutes se rapprocher… À l’heure actuelle, il est impossible de pouvoir prédire ce qu’il va se passer.

C’est aussi pour cela que le “Débat des chefs” revêtait une importance toute particulière. Les trois chefs de partis se devaient de sortir du lot pour espérer prendre de l’avance.


C’est Mario Dumont, le chef de l’ADQ, qui ouvrit le débat… Son discours d’introduction fût remarquable ! Incisif, s’adressant directement à la caméra, il connaissait son discours par-cœur et n’a jamais eu recours à ses notes. À la fin, il interpella directement Jean Charest en le pointant même du doigt, en lui disant qu’il n’avait pas tenu ses promesses… Très habile, sachant que Jean Charest ne pouvait pas répondre. Mario Dumont a marqué de précieux points à ce moment-là.

Malgré tout, je sentais un certain trac, tout comme chez André Boisclair et Jean Charest qui a même bafouillé à deux reprises au moins. Mais à mesure que l’émission avançait, les chefs furent moins tendus.

Jean Charest

Le premier ministre sortant fût d’un calme désarmant… même peut-être un peu trop, à en croire certains commentateurs. Je dois dire, en mettant de côté le volet idéologique, que Jean Charest m’a toujours impressionné lors des joutes électorales. Malgré la pression qui pesait sur ses épaules, malgré le fait qu’il allait être LA cible durant ce débat, Jean Charest a toujours su rester maître de ses émotions et adopta une posture de chef d’état : au-dessus de la mêlée et des querelles partisane. Pourquoi pas !

Le seul moment où Jean Charest était sur le bord de perdre son calme, c’est lorsque Mario Dumont a sorti la note de service du ministère des Transports datant de 2004, dans laquelle on semblait s’inquiéter de la vétusté du viaduc de la Concorde à Laval. Il y avait des éclairs dans ses yeux, mais il ne s’est pas laisser démonter, en répondant assez bien à l’attaque du candidat adéquiste.

Qu’on le veuille ou non, Jean Charest impose le respect et un certain charisme. L’air de rien, cela s’est vu dans l’attitude d’André Boisclair. Alors que le chef péquiste s’entêtait à interrompre sans arrêt Mario Dumont, il fût beaucoup plus respectueux lorsqu’il dialoguait avec le premier ministre. Et les rares fois où André Boisclair tenta d’appliquer la même stratégie avec Jean Charest, le chef du PLQ le remis à sa place, lui répliquant même de manière cinglante : “Arrêtez d’interrompre tout le monde. C’est quoi votre problème ?”.

Jean Charest eu tout le loisir de parler de son bilan et de son programme de façon très habile. C’était celui qui avait le plus à perdre dans ce débat, il s’en est très bien sorti, sans toutefois beaucoup d’étincelles.

André Boisclair

André Boisclair devait absolument relancer sa campagne. Ses débuts à la tête du Parti Québécois furent catastrophiques et reste malmené dans les sondages. Il se devait de regrouper l’électorat souverainiste autour de sa personne afin de conserver un espoir de remporter l’élection.

André Boisclair fût bon. Il montra à tous qu’il connaissait les dossiers, en égrainant des chiffres précis à chacune de ses interventions. De plus, il démontra aussi qu’il maîtrisait les programmes de ses adversaires. André Boisclair fût, en ce sens, efficace.

Mais… Voulant peut-être trop en faire, André Boisclair fût vraiment très agaçant. Tel le petit caniche sans tête qui jappe pour japper, André Boisclair harcela ses adversaires, mais comme je l’expliquais plus haut, surtout Mario Dumont, empêchant ce dernier de s’exprimer et empêchant même parfois André Boisclair d’écouter les réponses à ses propres questions. Ce fût par moment assez pathétiques et les commentaires sont sans appels : cela a énervé les autres chefs de partis et également les spectateurs. Trop, c’est comme pas assez.

Mario Dumont

Comme on l’a vu, il a été excellent dans son introduction, mais également à deux ou trois reprises. Malgré tout, on a senti une nouvelle fois son amateurisme. Certes, l’arrogance de André Boisclair ne l’aida pas beaucoup, mais j’ai bien peur qui soit venu à ce débat comme à celui en 2003, “les mains dans les poches”.

Le “coup” de la soirée fût la présentation de la note de service du ministère des transports. Malgré tout ce que l’on peut entendre à ce sujet, ce fût un coup superbe ! N’importe quel candidat en possession d’un tel document à sa place aurait fait pareil, Jean Lapierre le premier qui a admis qu’une occasion pareille ne se rate pas.

Loin des indignations forcées qui sont de mises dans ce genre de circonstances, l’électeur moyen aura sans doute été touché par la prestation de Mario Dumot, même si le reste du débat ne fût pas vraiment extraordinaire en ce qui le concerne.

En conclusion

- Jean Charest a été le meilleur et mérite la note de B+

- André Boisclair démontra qu’il été bien en vie, mais son arrogance ne jouera pas en sa faveur : B-

- Mario Dumont marquera des points chez la classe moyenne, mais n’est pas parvenu à démontrer qu’il pouvait gouverner : B- également

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Sondages : le point avant le "Débat des chefs"

Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 12-03-2007

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Déjà lorsque j’étais en politique, je n’appréciais pas les sondages, surtout lorsqu’ils étaient favorables à mon camp. En effet, lorsqu’ils sont bons, c’est une source de démobilisation chez les partisans de circonstance, qui relâchent un peu leurs efforts en se disant que “c’est gagné”.

Par contre, ce qui est intéressant dans les sondages, c’est la vue d’ensemble sur une longue période, car ils décrivent une “tendance”. On constate alors, soit un effritement, soit une progression et nous donne des éléments de réflexion par rapport à des sujets plus porteurs que d’autres.

Que cela soit en France où j’exerçait mes “talents”, qu’au Québec, je remarque que c’est du pareil au même.

Antagoniste.net a bien compris cela est nous livre régulièrement un très intéressant graphique sur les progressions (ou les régressions) de chacun des principaux partis. Ce dernier graphique est assez parlant d’ailleurs (à voir en cliquant ici).

L’on voit, par exemple, que l’élection d’André Boisclair avait propulsé le PQ à 50% des intentions de vote, ce qui est énorme. Mais, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, le jeu chef péquiste n’a pas su exploiter cette popularité comme il aurait fallu. Certes, on se serait bien douté que le PQ ne pouvait pas rester à ce niveau, mais là, on parle d’un effondrement puisque le PQ est aujourd’hui donné à 29% ! Belle performance !


À l’inverse, depuis un peu plus de six mois, le PLQ reste (relativement) stable, avec une “tendance” à une faible progression. Le parti de Jean Charest étant parti de 25% en juin 2005, pour arriver aux alentours de 33% pour le dernier sondage CROP-La Presse.

Pour ce qui est de l’ADQ, la situation est assez particulière : après un long effritement, le parti de Mario Dumont s’envole, mais depuis très peu de temps. Aux alentours de 12% en octobre dernier, il “culmine” maintenant à 26%…

Voilà donc la tendance : le PQ s’effondre lentement, le PLQ limite la casse mais n’arrive pas à réellement progresser, tandis que l’ADQ semble rassembler les mécontents des deux autres partis. Le problème avec ça, c’est que l’ADQ capitalise sur l’échec des autres, ce qui n’est jamais très bon. Surtout que bien des électeurs seront tentés de “retourner au bercail” au moment du vote.

Pour les projections en sièges, en voici qui sont, bien entendu, à prendre avec beaucoup de réserve :

- PLQ : 63 sièges (76 en 2003)

- PQ : 46 sièges (45 en 2003)

- ADQ : 16 sièges (4 en 2003)

- QS et Verts : 0

Serré, serré… comme vous pouvez le constater. La majorité serait gagnée par le PLQ d’un seul siège… rien n’est joué donc.

C’est tout pour aujourd’hui… mercredi, je vous ferais une analyse du “Débat des chefs”, à moins que l’actualité m’oblige à intervenir avant.

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Mi-campagne mitigée

Filed Under (Politique, Québec) by Jean-Philippe on 10-03-2007

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À la veille du “Débat des chefs” qui opposera, mardi, les trois prétendants au poste de premier ministre du Québec, il est temps de faire un petit bilan de cette première moitié de campagne.

C’est, je dois le dire, assez décevant. En 2003, nous avions eu droit à une campagne sans grande saveur, avec un Bernard Landry, dictionnaire de citations latines sous le bras, qui n’a fait que tenir le peuple québécois à distance, avec son ton tellement professoral et… soporifique.

Mario Dumont, le “super-Mario” de l’époque, avait nettement percé dans les sondages quelques mois avant le scrutin, mais n’arrivait pas du tout à tenir ses troupes. Le programme adéquiste changeait en fonction des personnes qui en parlait dans son propre entourage, ce qui m’avait incité à parler “d’Auberge Espagnole” de la politique québécoise : vous y trouverez ce que vous y apporterez.


Le seul qui, à mon sens, avait été brillant et incisif, c’est Jean Charest qui avait mené une relativement bonne campagne, sans excès, mais efficace. Malgré le “soit-disant” bon bilan du gouvernement Landry, les Québécois souhaitaient du changement après deux mandats consécutifs du Parti Québécois.

Cette année, il n’y a que Bernard Landry qui est absent. Ayant laissé son siège de chef du PQ, c’est le jeune André Boislcair qui a pris sa place.

Malgré le “peu” de changement dans le paysage politique du Québec, les rôles sont un tantinets inversés. En 2003, c’est Bernard Landry qui était au front pour défendre son bilan et Jean Charest avait le beau rôle de chef de l’opposition. La petite phrase de Jacques Parizeau, le jour même du “Débat des chefs”, avait définitivement enfoncé le clou du cercueil de Bernard Landry, même s’il aurait sans aucun doute perdu malgré cela.

Aujourd’hui, c’est Jean Charest qui doit se défendre. Il doit justifier le fait qu’il n’a pas tenu ses promesses. En 2003, il se disait “prêt” à baisser les impôts, “prêt” à s’attaquer au problème de la santé, “prêt” à relancer l’économie québécoise, mais force et de constater que c’est un échec.

Malgré tout, André Boislcair nage dans l’incompétence. Malgré le scandale des commandites qui aait provoqué un grand sursaut souverainiste au Québec, malgré un gouvernement Charest impopulaire, malgré la ferveur qui avait accompagné son accession à la tête du Parti Québécois, André Boislcair déçoit et s’effondre dans les sondages. Pire même ! Si la tendance ce maintien (comme dirait l’autre), le PQ pourrait connaître sa pire déconfiture depuis sa création !


Alors qu’il y a moins d’un an, le PQ était donné largement gagnant, André Boisclair a multiplié les maladresses. Mais est-il le seul responsable ? Pas du tout ! Le Parti Québécois est un parti qui s’est éloigné de sa principale vocation en devenant un vulgaire suppôt social-démocrate, si cher à Bernard Landry, alors qu’au contraire, il s’agit d’être un mouvement populaire, transcendant les clivages politiques pour rassembler autant les souverainistes de droite que de gauche afin d’obtenir un pays !

Le seul qui aurait tendance à tirer son épingle du jeu est Mario Dumont… mais rien n’est joué encore. Déjà, Mario Dumont est reparti dans ses errements de 2003 et l’on se rend compte qu’il ne tient toujours pas son parti. Mais… la différence avec 2003, c’est qu’à la mi-campagne les intentions de vote s’étaient déjà effondrées, pas cette année !

Et là, voici le moment de mon coup de gueule ! J’entends, ici et là, des commentaires assez semblables : “Les politiques ne disent rien”, “ils pratiquent tous la langue de bois”, “ils ne nous parlent pas franchement”, “impossible de savoir ce qu’ils pensent vraiment”, etc.

Sur ce constat, je suis d’accord… Mais expliquez-moi maintenant, pourquoi tant de fiel est déversé sur ceux qui osent dire ce qu’ils pensent ? N’y a t-il pas une contradiction ?

Lorsqu’ils pratiquent la langue de bois ça ne vous plaît pas, mais s’ils s’ouvrent et n’hésitent pas à provoquer le débat voire la controverse, ça devient scandaleux !

Cela ne veut pas dire que je suis d’accord avec l’un ou l’autre, cela veut juste dire que pour avoir un débat, il faut des idées… des idées qui plaisent, des idées qui déplaisent, pas des phrases creuses et “préformatées” que l’on entend depuis déjà trop longtemps !

Vous n’êtes pas d’accord avec Jean-François Plante ? Vous avez le droit ! Dites-le ! Expliquez pourquoi vous n’êtes pas d’accord et vous obtiendrez peut-être un débat passionnant même !

Vous préférez peut-être que l’on parle de déficit zéro ? De déséquilibre fiscal ?… Oui, ce sont des débats importants également, mais la politique ce ne doit pas être “juste” des chiffres, des statistiques, cela doit être aussi un rêve, un espoir, l’évolution d’un mode de vie. Faire de la politique, c’est vouloir faire progresser nos sociétés, nos idéaux… on en est loin !

Évidemment, avec toutes ces levées de boucliers contre les politiciens qui osent dire ce qu’ils pensent, les autres vont craindre d’autant plus les dérapages et nous aurons droit, plus que jamais, à la langue de bois du politiquement correct et du politiquement acceptable.

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