Journée hystérique

Filed Under (Actualité, Géopolitique, Politique) by Jean-Philippe on 05-11-2008

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Mardi 4 novembre 2008, Barack Obama est élu président des États-Unis. Dans le délire parfois totalement irrationnel, de certains fefans du nouveau Messie, mes sentiments sont ambivalents.

De par nature, je suis opposé aux idées du parti démocrate. Protectionniste, adepte d’un certain interventionnisme et surtout, tiré vers la gauche par une aile favorable à l’état-providence, il est très clair pour le libertarien que je suis, ces positions seront toujours incompatibles avec mes idéaux.

Cependant, je n’étais pas beaucoup plus en accord avec les politiques menées par le président George W. Bush. N’étant pas un néo-conservateur, j’ai toujours eu du mal à me sentir proche du président sortant. Et c’est là l’erreur de beaucoup de personnes, surtout à l’extérieur des États-Unis, qui ignorent totalement, ou presque, ce qu’est le parti républicain (et le parti démocrate d’ailleurs).

À l’intérieur du parti républicain, il n’y a pas moins de six ou sept courants politiques principaux et parfois très différents. Ainsi, je suis un Reaganien… et si l’on compare Ronald Reagan avec George W. Bush, on y voit deux façons radicalement différentes de concevoir la politique. Et autant je considère Reagan comme le meilleur président d’après-guerre, je suis obligé d’admettre que Bush jr. fût l’un des pires, sinon le pire.

Et c’est d’ailleurs le problème de cette élection. Beaucoup d’étasuniens ont votés en opposition à l’administration Bush, sans même se rendre compte que Barack Obama a beaucoup plus souvent voté au Sénat en faveur des lois soutenues par l’actuelle administration, que John “Maverick” McCain ! En ce sens, Obama a été beaucoup plus souvent en accord avec Bush que le candidat républicain… Ce qui explique d’ailleurs en grande partie la méfiance des néo-conservateurs vis-à-vis de McCain.

Mais comme d’autres blogueurs de droite, je salue cette élection. Non pas pour les idées défendues par Obama, mais par le symbole qu’il représente. Il n’y a guère qu’aux États-Unis où l’on peut voir un homme issue d’une minorité ethnique, arriver au sommet de l’état.

Les anti-américains primaires, ceux qui ont toujours la parole facile pour cracher sur l’Oncle Sam, n’ont jamais compris que les États-Unis ont souvent été précurseurs en la matière. Kennedy, président catholique, élu dans un pays à forte majorité protestante et aujourd’hui Obama, métis, désormais président d’un pays majoritairement blanc. Hormis les États-Unis, où sont les autres exemples d’une telle ouverture ?

Mais plus que cela, Obama s’est toujours senti d’abord et avant-tout, Étasunien. Il n’a jamais tenté de se servir de sa couleur comme excuse ou comme prétexte. Et cela, il faut le saluer.

Maintenant, avec une majorité au Congrès, le parti démocrate va pouvoir mettre en place ses politiques… et là, c’est une toute autre histoire ! Bien des démocrates veulent s’en prendre aux emplois des Canadiens, convaincus que nous “volons” des jobs au bon peuple étasunien. En ce sens, les hystériques pro-Obama que l’on peut trouver de ce côté de la frontière, vont peut-être avoir un réveil difficile lorsque leur Messie viendra leur dire que l’ALÉNA sera renégociée.

Et pour l’Afghanistan ? Les fefans d’Obama vont aussi avoir un réveil difficile, sachant que leur bon président souhaite y renforcer la présence de l’armée des États-Unis. En clair, s’il y en a qui croient encore au retrait unilatéral de l’armée étasunienne d’Irak et d’Afghanistan, vont vite déchanter.

En attendant, et pour les quatre prochaines années, j’espère que le “Grand Old Party” prendra le temps de se sortir de l’attraction des néo-conservateurs et des pro-Bush. En ce sens, il faudra écarter Sarah Palin, issue du courant conservateur-social. Je souhaite que les Reaganiens reprennent la pôle du parti, histoire de faire un peu le ménage dans cette structure qui va nulle part.

Pour finir, cette superbe formule plus que jamais d’actualité, issue du discours d’investiture du président Reagan : « dans les temps de crise, le gouvernement n’est pas la solution à vos problèmes, le gouvernement est le problème ». Reagan, qui parvint à sortir son pays de la crise et à mettre fin à près de 40 ans de guerre-froide.

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