Le discours de John McCain

Filed Under (Actualité, Géopolitique, Politique) by Jean-Philippe on 07-11-2008

Tagged Under : , , , ,

Sans amertume, dignement, John McCain a livré un discours particulièrement émouvant suite à sa défaite, mardi dernier. Un discours salué unanimement par la classe politique étasunienne, mais qui, évidemment, n’a eu pratiquement aucun écho dans nos médias parti-pris, que cela soit au Canada ou ailleurs en Occident. Seule Denise Bombardier, en a fait rapidement mention dans sa chronique matinale, à la radio.

Cela fait des mois et des mois qu’il y en a que pour Barack Obama. On se demande même pourquoi les Étasuniens sont allés voter, puisque le monde entier avait déjà décidé à leur place… alors maintenant que le Sauveur à gagné, je voudrais juste laisser une (petite) place à John McCain. Car sans être un partisan du sénateur républicain, son discours force encore plus le respect que je pouvais avoir pour lui.

Une leçon d’humilité et de rassemblement…

Articles relatifs

Journée hystérique

Filed Under (Actualité, Géopolitique, Politique) by Jean-Philippe on 05-11-2008

Tagged Under : , , , , , , ,

Mardi 4 novembre 2008, Barack Obama est élu président des États-Unis. Dans le délire parfois totalement irrationnel, de certains fefans du nouveau Messie, mes sentiments sont ambivalents.

De par nature, je suis opposé aux idées du parti démocrate. Protectionniste, adepte d’un certain interventionnisme et surtout, tiré vers la gauche par une aile favorable à l’état-providence, il est très clair pour le libertarien que je suis, ces positions seront toujours incompatibles avec mes idéaux.

Cependant, je n’étais pas beaucoup plus en accord avec les politiques menées par le président George W. Bush. N’étant pas un néo-conservateur, j’ai toujours eu du mal à me sentir proche du président sortant. Et c’est là l’erreur de beaucoup de personnes, surtout à l’extérieur des États-Unis, qui ignorent totalement, ou presque, ce qu’est le parti républicain (et le parti démocrate d’ailleurs).

À l’intérieur du parti républicain, il n’y a pas moins de six ou sept courants politiques principaux et parfois très différents. Ainsi, je suis un Reaganien… et si l’on compare Ronald Reagan avec George W. Bush, on y voit deux façons radicalement différentes de concevoir la politique. Et autant je considère Reagan comme le meilleur président d’après-guerre, je suis obligé d’admettre que Bush jr. fût l’un des pires, sinon le pire.

Et c’est d’ailleurs le problème de cette élection. Beaucoup d’étasuniens ont votés en opposition à l’administration Bush, sans même se rendre compte que Barack Obama a beaucoup plus souvent voté au Sénat en faveur des lois soutenues par l’actuelle administration, que John “Maverick” McCain ! En ce sens, Obama a été beaucoup plus souvent en accord avec Bush que le candidat républicain… Ce qui explique d’ailleurs en grande partie la méfiance des néo-conservateurs vis-à-vis de McCain.

Mais comme d’autres blogueurs de droite, je salue cette élection. Non pas pour les idées défendues par Obama, mais par le symbole qu’il représente. Il n’y a guère qu’aux États-Unis où l’on peut voir un homme issue d’une minorité ethnique, arriver au sommet de l’état.

Les anti-américains primaires, ceux qui ont toujours la parole facile pour cracher sur l’Oncle Sam, n’ont jamais compris que les États-Unis ont souvent été précurseurs en la matière. Kennedy, président catholique, élu dans un pays à forte majorité protestante et aujourd’hui Obama, métis, désormais président d’un pays majoritairement blanc. Hormis les États-Unis, où sont les autres exemples d’une telle ouverture ?

Mais plus que cela, Obama s’est toujours senti d’abord et avant-tout, Étasunien. Il n’a jamais tenté de se servir de sa couleur comme excuse ou comme prétexte. Et cela, il faut le saluer.

Maintenant, avec une majorité au Congrès, le parti démocrate va pouvoir mettre en place ses politiques… et là, c’est une toute autre histoire ! Bien des démocrates veulent s’en prendre aux emplois des Canadiens, convaincus que nous “volons” des jobs au bon peuple étasunien. En ce sens, les hystériques pro-Obama que l’on peut trouver de ce côté de la frontière, vont peut-être avoir un réveil difficile lorsque leur Messie viendra leur dire que l’ALÉNA sera renégociée.

Et pour l’Afghanistan ? Les fefans d’Obama vont aussi avoir un réveil difficile, sachant que leur bon président souhaite y renforcer la présence de l’armée des États-Unis. En clair, s’il y en a qui croient encore au retrait unilatéral de l’armée étasunienne d’Irak et d’Afghanistan, vont vite déchanter.

En attendant, et pour les quatre prochaines années, j’espère que le “Grand Old Party” prendra le temps de se sortir de l’attraction des néo-conservateurs et des pro-Bush. En ce sens, il faudra écarter Sarah Palin, issue du courant conservateur-social. Je souhaite que les Reaganiens reprennent la pôle du parti, histoire de faire un peu le ménage dans cette structure qui va nulle part.

Pour finir, cette superbe formule plus que jamais d’actualité, issue du discours d’investiture du président Reagan : « dans les temps de crise, le gouvernement n’est pas la solution à vos problèmes, le gouvernement est le problème ». Reagan, qui parvint à sortir son pays de la crise et à mettre fin à près de 40 ans de guerre-froide.

Articles relatifs

“L’économie, l’Irak, le Congrès, trois atouts pour McCain”

Filed Under (Actualité, Géopolitique, Politique) by Jean-Philippe on 14-09-2008

Tagged Under : , , , , ,

Paru la semaine dernière dans le quotidien français “Le Figaro”, cette très bonne analyse qui traduit le décalage entre ce que pensent les médias occidentaux et le sentiment profond des Étasuniens. L’économie va bien (en tout cas beaucoup mieux qu’en Europe), la situation en Irak se stabilise et le Congrès, aux mains des Démocrates, bat des records d’impopularité !

Mais ça, on n’en parlera pas dans nos médias qui seront, comme en 2004, surpris dans le cas où les Étasuniens réélisent un Républicain à la Maison Blanche. Ils nous diront “ne pas comprendre” la réaction des Étasuniens, comme en 2004 !

C’est devenu un rituel. À chaque élection américaine, les analystes et une grande partie des médias se précipitent pour nous rappeler que la mauvaise situation de l’économie jouera un rôle fondamental dans le choix des électeurs. La fameuse phrase de Bill Clinton devenue un slogan «It’s the economy, stupid !», semble pourtant avoir plus d’effet sur ces Cassandre que sur les électeurs américains. Car ceux-ci ont préféré choisir un républicain en 2000, malgré la très belle période économique des années Clinton et, en 2004, ont décidé de réélire triomphalement le président sortant en dépit de la «situation catastrophique» dans laquelle se serait trouvée une Amérique en crise économique et empêtrée en Irak.

À l’origine de cette inadéquation se trouve une profonde méconnaissance des faits. Prenons donc cette économie américaine, objet de raillerie pour la gauche française qui lui prédit, depuis plus de vingt-cinq ans, une faillite imminente. Les derniers chiffres montrent que la croissance du deuxième trimestre a été de 3,3 % et, d’après l’OCDE, sur l’année, elle pourrait dépasser les 2 % et serait la plus forte de tous les pays membres du G7. Nous sommes donc loin de la récession tant annoncée et aussi très loin de la grave crise que les démocrates invoquent pour justifier le changement politique et économique.

Entre 2001 et 2008, l’économie américaine a connu, malgré les attentats du 11 Septembre, une croissance moyenne annuelle de 2,2 %. Sous le président Bush, l’économie a connu une expansion d’environ 19 % (à titre de comparaison, celle de la France n’a augmenté que de 14 % sur la même période).

Entre 2001 et 2007, le chômage aux États-Unis s’est situé, en moyenne, à 4,7 % (un taux auquel nos politiques n’osent même pas rêver). Aujourd’hui, il est de 5,7 % de la population active (il était de 5,4 % lors de la réélection de Clinton en 1996). En 2007, plus de 3 millions d’emplois ont été créés. Dans la zone euro, le taux de chômage a été de 8,3 % en moyenne pendant les mêmes années.

Plus intéressant encore, d’après l’étude annuelle du Census Bureau (l’organisme statistique officiel américain) qui vient d’être rendue publique, le revenu médian a connu en 2007 une troisième hausse consécutive dépassant les 50 000 dollars/an. Et toujours d’après la même étude, les inégalités baissent : le «quintile» composé des plus hauts revenus a baissé de 0,8 % tandis que le troisième et le quatrième «quintile» ont augmenté de 0,3 et, respectivement, 0,4 %.

Il est vrai que le déficit budgétaire s’est creusé : de 1,2 % du PIB en 2007, il passera à 2,9 % en 2008. Mais n’est-il pas toujours inférieur au taux autorisé par les traités européens ? La hausse est due aux dépenses militaires et aux baisses d’impôts de ce printemps : plus de 150 milliards de dollars qui ont provoqué mécaniquement un déficit budgétaire. Celui-ci sera néanmoins compensé par une plus forte croissance économique (c’est d’ailleurs le cas au deuxième trimestre).

Il est vrai que l’inflation est de 5,6 % sur les derniers mois, mais la situation économique plutôt bonne dans un contexte défavorable marqué par la crise du crédit immobilier, la faillite de plusieurs banques et organismes financiers se fait sentir aussi dans les sondages sur le bien-être des Américains : une étude de la Gallup Organization du 30 août dernier montre que seulement 9 % des Américains se déclarent mécontents de leur emploi et affirment avoir peur de le perdre dans les mois qui viennent. Dans un autre sondage du Harris Interactive pas moins de 94 % des Américains sont satisfaits de la vie qu’ils mènent. Et selon les spécialistes des instituts de sondage, la baisse du prix du pétrole devrait renforcer cette vague d’optimisme.

Le deuxième atout de John McCain est l’Irak. Ardent partisan de l’intervention américaine en 2003, il fait partie aussi de ceux qui ont le plus soutenu le renforcement des troupes sur place et n’a cessé d’affirmer que les soldats devraient rester jusqu’à la victoire finale. Or la situation sur le terrain a nettement changé ces derniers mois et il y a de très fortes chances de voir l’Amérique gagner la guerre.

N’en déplaise aux opposants de cette guerre, les faits sont têtus et les statistiques sans appel : depuis juin 2007, les attaques terroristes ont baissé de 60 %, les pertes dans les rangs des civils irakiens sont en baisse de 70 % depuis juillet 2007 ainsi que les pertes militaires américaines (moins 72 % sur la même période). Les violences interethniques ont connu une chute de 90 % en une année et les attaques quotidiennes contre les forces de la coalition ont été divisées par quatre à tel point que le général Petraeus, le commandant des forces de la coalition en Irak (jusqu’à la fin août), vient de déclarer que les soldats américains pourraient quitter Bagdad dans quelques mois.

L’économie n’est pas en reste. Plus de 30 000 entreprises étrangères ont investi en Irak ces trois dernières années, l’inflation est tombée de 65 % en 2007 à moins de 5 % en juillet 2008 et le budget de l’État a doublé en trois ans atteignant 41 milliards de dollars grâce au pétrole dont la production a dépassé celle d’avant-guerre. Les Chinois ont bien compris ces changements : ils viennent d’annoncer un investissement de 3 milliards de dollars en Irak.

Une dernière bonne nouvelle en provenance d’Irak est le transfert par les Américains de la région d’al-Anbar aux mains des autorités locales. Cette région, tristement connue pour les batailles de la ville de Faloudja, est devenue l’une des plus calmes et des plus sûres du pays. Les attaques ont baissé de 90 % en douze mois. D’ailleurs, d’après le rapport réalisé en juillet par le Jane’s Information Group, l’Irak est «seulement» à la 22e place des pays à risque dans un classement où il est largement «battu» par d’autres États comme la Somalie, le Burundi ou le Nigeria.

Enfin, à force de parler de l’impopularité du président Bush, on oublie celle du Congrès. Depuis novembre 2006 lorsqu’il a basculé de justesse dans le camp démocrate, le Congrès n’a cessé d’être rejeté par les Américains. Incapable de proposer la moindre réforme intéressante, le Congrès ne jouit d’une cote de popularité que de 14 %, tandis que celle de Bush atteint quand même les 34 %. McCain aurait tort de ne pas en profiter.

John McCain, auquel le président Bush vient d’apporter un soutien appuyé et cela malgré leurs divergences dans le passé, dispose de ces atouts. Toutefois, si le candidat républicain a toujours soutenu Bush dans le dossier irakien, pour ce qui est de l’économie, il s’est opposé aux baisses d’impôts adoptées par celui-ci. Il est revenu dessus pendant sa campagne et en a même proposé d’autres s’il était élu. Il a compris qu’on ne changeait pas une recette qui marche.

Nicolas Lecaussin.

Chargé de cours dans le cadre du master de sciences politiques de l’université de Marne-la-Vallée, auteur de «Cet État qui tue la France» (Plon, 2005) et de «L’Absolutisme efficace» (Plon, 2008).

Source de l’article : Le Figaro

Articles relatifs

Page 1 de 11
InspectorWordpress has prevented 0 attacks.