Présidentielles françaises : un duel à trois ?

Filed Under (France, Politique) by Jean-Philippe on 22-04-2007

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À l’instar des élections générales que nous venons de vivre au Québec, l’élection présidentielle française risque de connaître une issue similaire. Évidemment, le mode de scrutin (majoritaire à deux tours), et bien entendu le fait qu’il n’y ait qu’un seul siège à pourvoir, limite tout de même les comparaisons.

Par contre, comme le dit très bien Laurent du blog Ze Canada, François Bayrou (chef de l’UDF, centre-droit), pourrait jouer les troubles-fêtes comme l’a fait Mario Dumont (chef de l’ADQ, centre-droit).


François Bayrou, le maître de l’indécision politique.

La question est de savoir à qui François Bayrou prendra le plus de votes. Est-ce à Ségolène Royal, depuis que le chef centriste s’est découvert une fibre socialisante sur son habit de démocrate-chrétien, ou à Nicolas Sarkozy avec lequel il partage une partie de l’électorat ?

Comme je le mentionnais hier, par l’entremise d’une citation de Philippe Tesson, François Bayrou représente l’indécision politique. J’avais découvert ce côté très fatiguant de sa personnalité, lorsque nous devions travaillé avec lui rue de Grenelle, à l’époque où il était ministre de l’Éducation nationale : de beaux discours, de belles envolées lyriques, mais qu’à t-il fait durant toutes ses années comme ministre ? Rien… ou pas grand chose. Ne souhaitant ni froisser ses nouveaux amis de l’UNEF-ID (étudiants trotskistes), et ses interlocuteurs naturels de l’UNI (droite universitaire).

Cependant, je pense qu’il est encore capable de créer la surprise de ce premier tour de scrutin, jouant le rôle de “candidat-refuge”, d’alternative aux deux autres formations politiques.

Et Jean-Marie Le Pen dans tout ça ?

Sans avoir de certitude, quelque chose me dit qu’il fera son score habituel, mais arrivera tout de même en quatrième position. Cette année, outre Nicolas Sarkozy qui pourrait faire revenir à lui une partie de l’électorat de la droite modérée perdue pour le FN jadis, le candidat frontiste devra également jouer serré avec Philippe de Villiers (MPF, droite nationale)… mais dans quelles proportions ?

La gauche n’a pas tiré les leçons du 21 avril 2002.

Aux présidentielles de 2002, la gauche a subit l’un des pires revers de son histoire en étant exclu du second tour. Incapable de s’unir, la gauche est en train de vivre ce que la droite à connu durant plus d’une décennie : éparpillement des voix, candidatures multiples, frustrations, guerres internes… il est bien loin de temps de “l’union de la gauche” et de son grand fédérateur : François Mitterrand.

Après le piteux échec de la “gauche plurielle” de Lionel Jospin, la gauche se cherche, mais ne se trouve pas. Pire, la gauche se présente cette année avec sept candidats différents, mais c’est surtout l’extrême-gauche qui part plus divisée que jamais.

La candidate socialiste, Ségolène Royal devra tout de même se méfier : son image de gauche-embourgeoisée risque de la desservir auprès l’électorat de la gauche socialiste et trotskiste. De plus, il est difficile de connaître l’impact qu’aura le vote des enseignants, traditionnellement à gauche, qui n’ont pas apprécié les sorties maladroite de Ségolène Royal à son endroit.

Ségolène Royal est un peu comme nos André Boisclair et Stéphane Dion, on ne sait pas exactement comment ils sont arrivés à la tête de leur parti respectifs, et la base militante est “obligée” de faire avec, par défaut, en attendant des jours meilleurs.

Mais les socialistes ne s’avouent pas vaincus. Déjà ils répandent des fausses rumeurs, invoquant un deuxième tour Sarkozy - Le Pen afin de ressouder leur électorat. De la basse besogne politicienne qui pourrait se retourner contre eux au final.

Trois hypothèses.

Hypothèse 1

Un duel traditionnel gauche-droite, Sarkozy-Royal. Un duel qui permettrait d’avoir l’heure juste sur le poids des grandes familles politiques françaises. Nicolas Sarkozy serait alors en bonne position pour le deuxième tour, ayant un électorat beaucoup moins fragmenté que Ségolène Royal.

Hypothèse 2

Un duel avec le “troisième homme”, François Bayrou. Mais au vu des sondages, plaçant Nicolas Sarkozy en avance, cela devrait donc être un duel Sarkozy-Bayrou… Droite contre centre-droit, du jamais vu depuis le temps du général de Gaulle. Nicolas Sarkozy devra alors tenter de récupérer une partie de l’électorat de centre-droit, tout en ménageant l’électorat frontiste. Mais connaissant Le Pen, il risque d’appeler à voter Bayrou, tout comme il avait appelé à contrer Chirac en 1995.

Hypothèse 3

Fin de partie : un duel Sarkozy-Le Pen. Le scénario 2002 se reproduit, un match gagné d’avance pour le candidat de la droite-modérée avec un score “chiraquien”.

Réponse dans quelques heures.

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