déc 10
2007Une question d’attitude
Filed Under (Actualité, Humeur, Québec) by Jean-Philippe on 10-12-2007
Tagged Under : Canada, Immigration, Intégration, Québec
C’est au tour du journal La Presse, d’évoquer le problème d’intégration des Français, dans la Belle Province. Sous la plûme de Isabelle Hachey, l’on retrouve les traditionnels questionnements et doutes de certains immigrants

Des immigrants Français, en six ans, j’en ai vu, j’en ai rencontré… lors des réunions d’immigrer.com, durant les tournages de l’émission « Le Nouveau Monde» , à la job, etc. J’ai pu voir qu’il y avait des catégories, pas forcément très définies (et c’est tant mieux), mais bien réelles de Français. D’ailleurs, j’ai assez vite fait le ménage dans mes connaissances à mesure que je découvrais l’état d’esprit de certains… n’ayant pas la patience de Mère Thérésa pour remettre quelques illuminés dans le droit chemin.
Avant d’immigrer, je lisais beaucoup les ouvrages de Michel Déon, un écrivain extraordinaire, qui a beaucoup voyagé et qui s’est installé en Grèce, puis en Irlande. Mais quel est le rapport me diriez-vous ?
Et bien j’avais retenu cette phrase de Déon : «Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter» … En lisant cette phrase, avant même d’immigrer, je me disais qu’elle symbolisait toute l’intégration et que je me devais de ne jamais l’oublier pour réussir à aimer le Québec.
Certes, je l’aimais déjà le Québec, mais l’on sait jamais comment l’on va réagir devant l’adversité. Aurais-je autant aimé le Québec si je n’avais pas trouvé d’emploi ? Aurais-je aimé le Québec si je m’étais senti exclu ? Des questions auxquelles je ne pourrais jamais répondre. Par contre, je me suis toujours dit que si j’apprenais à manger québécois, à boire québécois, à entendre chanter québécois, cela ne pourra que m’aider à me sentir ici chez moi, tout en apprenant de ma patrie d’adoption et en ayant conscience de ce qui s’est passé avant mon arrivée.
Or, certains Français ne veulent pas « manger» , « boire» et « entendre chanter» le Québec. Ils ne veulent pas parce qu’ils prennent de haut cette culture. Parce qu’ils se sentiraient régresser s’ils adoptaient les mœurs et les coutumes du pays. Et ne me dites pas que cela n’est pas vrai, j’en ai rencontré pas mal de ce genre d’individus. Ils nous parlent de l’accent québécois, en le trouvant « marrant» , mais que jamais ils ne laisseraient leurs enfants l’adopter… un peu comme les Parisiens snobinards qui regardent de haut le patois Cht’i, ou l’accent marseillais. Ces mêmes petits tarés, qui se permettent de sous-titrer un paysan picard, au journal télévisé d’un réseau publique (véridique).
Je parle de l’accent, je pourrais parler du monde du travail, où le « tout frais débarqué» va s’exclamer devant son patron que sa méthode de travail est incorrecte, que lui « sait» comment s’y prendre, parce qu’il sort de telle ou telle école parisienne.
Franchement, ça vous intéresserait, vous, de côtoyer ce genre de trou d’cul ? … Moi, même cinq minutes, c’est au-dessus de mes forces.
Et l’on revient encore et toujours aux mêmes constatations : tout le monde n’est pas fait pour immigrer. Chaque immigrant, et quelque soit le pays dans lequel il s’installe, connaît son lot de problèmes. Car nos sociétés de confort, la facilité des moyens de communication, nous font oublier que le déracinement n’est jamais facile pour un individu, ce n’est pas quelque chose de naturel ou d’évident.
Mais c’est d’abord et avant tout, une question d’attitude !!!
Les quelques frustrés qui polluent l’Internet de leurs délires d’inadaptés sociaux, disent régulièrement qu’ils passent pour des maudits français… Évidemment ! Ils tiennent à garder les Québécois à distance en créant, eux-mêmes, une frontière avec leurs interlocuteurs. Eux-mêmes parlent de « eux» (les Québécois), et de « nous» (les Français)…
En plus de six ans, personnellement, je ne me suis jamais fait traiter de maudit français. Et pourtant, maintenant que je pense bien connaître le Québec, je ne me retiens pas pour dire ce que j’aime pas ici… pour dénoncer la sociale-démocratie, la culture du déficit, etc. Mais, la grosse différence, c’est que mes phrases comportent toujours le fameux « nous» … je m’inclus dans cette société, non pas parce que j’aimerais en faire partie, mais parce que j’en fais partie ! Je vis ici, je paye mes impôts ici, je travaille ici… et que même s’il y a des problèmes que je dénonce, jamais je prendrais les Québécois pour des crétins, car cela serait comme m’en prendre à moi-même et que le mieux et encore d’essayer d’améliorer les choses, modestement, à mon niveau.
Lorsque vous lisez les inepties de ces quelques Français, avez-vous vraiment l’impression qu’ils font des efforts pour faire partie de cette société ? … Des efforts tangibles et durables j’entends, pas des affaires du genre : « j’ai essayé au début, mais après trois mois j’ai laissé tomber» .
Et c’est dans l’attitude face à l’adversité que mes fameuses « catégories de Français» ressortent.
Il y en a qui vont facilement baisser les bras. Et c’est vrai que loin de sa famille, de ses anciens amis, ce n’est pas facile, mais cela aurait été pareil dans un autre pays… Oui, l’immigration n’est pas facile. Mais certains, au lieu de montrer de la persévérance, du « chien» , du courage quoi… vont se laisser glisser tranquillement… Et, à force de chercher un salut, vont parfois tomber sur le site immigrer-contact (et autres déversoirs de haine) et vont se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls à vivre difficilement une immigration. La bonne affaire ! On le sait que ce n’est pas facile !
… et là, ils retrouvent des discours de haine, d’auto-exclusion et cela les rassurent. Ben oui ! … Ils découvrent qu’ils n’ont pas à se remettre en question !… Ils découvrent que tout est de la faute de la DGQ, des Québécois… bref, des « autres» . Eux, ils sont Français, donc ils sont « au-dessus» de la masse.
Un grand ouf de soulagement pour ces quelques égarés et la spirale de la descente aux enfers commence… Ils se crinquent ensemble, tellement heureux de voir qu’ils ne sont pas seuls.
D’autres, la majorité en fait, ont bien conscience des difficultés de l’immigration et vont se retrousser les manches, même s’ils vont chercher de l’aide autour d’eux, aupès d’autres immigrants, auprès des services gouvernementaux… Cette démarche positive sera très souvent salutaire et leur désir d’intégration fera le reste.
Ben oui ! L’immigration n’est pas facile et des Français s’attendent à ce que cela soit des vacances juste parce que les Québécois sont chaleureux, et qu’ils parlent la même langue ! Ainsi, ils omettent les 250 ans d’histoire distincte, l’environnement nord-américain, le giron canadien… des détails vous pensez ?
Cela prend du temps pour s’intégrer et c’est vrai que cela prend des efforts… mais bien honnêtement, depuis quelques temps maintenant, je me sens avant tout Québécois… Québécois d’origine française, Québécois qui ne le sera JAMAIS à 100%, mais Québécois quand même. C’est ce que je ressens au fond de moi et je sais bien que je vais rencontrer des Québécois qui ne le verront pas forcément de cette manière, c’est normal… mais quelle importance ? L’importance c’est ce que je sens, ce que je pense, ce que je vis et non pas se qu’en disent les autres.
Oui, tout s’est bien passé pour moi… J’ai été chanceux ?… Pas sûr. Disons que je voulais ardemment faire partie de cette société et que j’ai toujours eu une attitude positive, même face à l’adversité. C’est ma personnalité… peut-être fais-je partie de ces individus qui sont fais pour l’immigration. Peut-être… seul l’avenir le dira. Parait-il qu’un immigrant connaît une « crise» vers les 10/12 ans de présence à l’étranger.
Mouais… mais pour moi l’étranger, c’est dès que je quitte le Québec !
Pour lire les articles de la Presse :
- « On est vraiment des étrangers, ici»
- « Le Al-Jaziri de la communauté française»
- Une ligne téléphonique pour Français en détresse
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Tes propos font beaucoup trop de sens, malheureusement c’est pas le genre de chose qui sera diffusé dans les médias du Québec. On aime beaucoup trop ça se dire qu’on est moins bon que les autres…
Bravo! Bravo! Bravo!
J’ai vécu 2 ans à Montréal et je viens de revenir (samedi) papiers d’immigration permanente en poche.
L’article que tu viens d’écrire est un reflet de ma pensée!
Merci !
Cette analyse c’est du baume au coeur.
Je vis ici depuis 1970 par CHOIX. Jamais je ne me suis sentie exclue. Sans doute est-ce parce que mon esprit est ouvert, ma curiosité intacte (en dépit de mon âge…) et que je respecte la société qui m’accueille sans m’interdire de dénoncer ce qui ne va pas mais en louant aussi ce qui va bien. Certains français viennent ici en conquérants, en Mr/Mme «Je sais tout». Au fond ce ne sont que des personnes frustrées qui ont des phobies sociales et qui préfèrent rejeter leurs échecs sur les «autres» au lieu d’essayer de comprendre pourquoi ils/elles sont des «loosers» car c’est bien de «loosers» qu’il s’agit. Quand on n’est pas bien quelque part et qu’on ne fait rien (à part de cracher du venin) pour changer ce mal-être, c’est un signe de faiblesse, non?
Si on dit «qu’il n’est bon bec que de Paris» et que «mon dieu, comment peut-on être Persan?» et bien «Air-Transat, genoux dans le front» fait de bons «bargains» sur les allers simples vers la douce France. Libérez-vous! Délivrez-nous!
Signé:
Une franco-québécoise de nouvelle souche «self accommodée raisonnablement»
mdr….je pensais qu’il l’avait quitte depuis longtemps le Quebec, l’autre….
Bref…j’adhere on ne peut plus a cet article une fois de plus….d’autant mieux que si j’ai du en partir, du Quebec, faute de pouvoir y travailler, je me prepare a y revenir d’ici 3 ans…c’est dire si je l’aime ce pays….
Et pour aller dans ton sens…j’ai les memes ass hole icitte a Saigon, jamais contents, tjrs a se plaindre ou a critiquer autrui…effarant non? Terrible constat….IL SONT PARTOUT ces putains de francais!!!!! Alors avant qu’ils s’adaptent….c’est pas gagne!!!
Bel article Jean-Philippe ! Tu as su dire avec ton talent habituel ce que je pense depuis un bon moment.
Comme l’a très bien dit Cez, on en voit dans tous les pays de ces racailles. J’ai vécu cinq ans en Californie et des gens comme lui, il y en avait un bon paquet. J’ai vécu deux ans à Londres, j’en voyais aussi. J’ai passé quelques mois à Vancouver, et il n’a fallu que quelques jours pour rencontrer des Français râleurs. Il y a absolument aucune surprise ici. Disons juste qu’il est un des rares à pousser le ridicule jusqu’à s’exposer dans les médias.
Voici presque 15 ans que je vis au Québec et, malgré les défauts de la province, je m’y plaît énormément. J’ai une blonde, deux beaux enfants, des petits Québécois, une maison et un petit chalet dans le nord. Je suis heureux ici, mes enfants aussi.
Je n’ai que peu de mots pour décrire le choc incroyable que j’ai subit en lisant l’article dans la Presse.
La France! Même certains de nos cousins français, nos frères et soeurs de la francophonie meurtrie, qui immigrent ici ne se sentent pas acceptés. Avec les résumés de la Comission B-T, y’a de quoi filer un complexe aux québécois (batârd, on es-tu capable de recevoir convenablement du monde, icitte?).
J’ai fait un tour sur les sites cités dans l’article : deuxième choc! Incroyable! Aucun des immigrants déçus des autres communautés culturelles n’avait étés aussi mesquins et hypocrites envers le Québec que les quelques français en question.
J’ai lu, relu, et malgré ma bonne volonté, je n’ai pas pu leur donner raison. Sommes-nous des inférieurs? Sommes-nous des êtres indignes de ces français venus nous annoncer la Bonne Nouvelle? D’un point de vue québécois (le NOUS inclus ici toutes les personnes intégrés dans la société québécoise), c’est fichtrement insultant. Presque autant que de sous-titrer des films québécois pour la France.
J’ai plus suivi les présidentielles françaises que les provinciales ou les futures élections américaines. Grâce à internet, j’ai accès au monde entier et à sa culture. Et après on viens me dire que je n’ai pas de culture?
Quelles sont les raisons de leur départ de la « civilisation» ? Il y a autant de problèmes en France qu’au Québec, même si ce ne sont pas les mêmes…
Pour finir ce texte (décousu, mais venant du fond du coeur), je trouve extrêmement désolant de voir que certains expatriés français fassent un si mauvaise presse au Québec et que notre province, malgré ce que certaines personnes peuvent penser, en est une d’acceuil et cela depuis les premiers pas de Christophe Colomb sur son territoire.
Raphaël Côté, (première visite sur ce site)
étudiant de 18 ans qui voulait aller faire des études en France mais qui n’est plus sûr de peur de se faire traiter de « maudit québécois» … (mais nooon, ce n’est pas vrai: j’ai ENVIE de découvrir une culture!)
Ils parlent de toi sur Bistro-Québec !
Ah ah ah ah ! Merci Raspail ! … un bon moment de rigolade !
Magasinier ???? Où diable a t-il été pêcher ça ???? … De ma vie, je n’ai jamais été magasinier !
Même chose du côté des gardiens de centre d’achat ! … Il est complètement dans le champ ce type !
Tu vois Raspail, c’est une parfaite illustration du gars qui, pour appuyer ses « arguments» , va tenter de rabaisser l’autre. Je passe de planificateur à magasinier, ben oui, parce que magasinier, ça permet de dénigrer le gars ET sa profession. Car en admettant même que je sois magasinier, quel est le rapport avec le débat ??? Y’aurait-il que cet argument qui puisse étayer sa « thèse» ?
Attends un peu, il va nous faire bientôt la comparaison des salaires, de celui qui a le plus gros char, la plus grosse maison… Tu vois un peu le niveau du genre « pipi caca» , « mon père y’est plus fort que le tien» … etc.
Que rajouter de plus ? … Il ne fait qu’apporter un exemple concret à ce que j’expliquais plus haut : l’attitude est importante.
Merci encore Raspail ! J’aurai pu passer à côté de ça et j’aurai vraiment râté quelque chose !
)
Je me suis posé la même question: tu n’as jamais parlé d’une job de magasinier. Et là-dessus je suis totalement d’accord avec toi, c’est une manière de s’en prendre à la personne sur deux niveaux: ce qu’il est et ce qu’il fait.
Ceci est ma première visite, je ne connais pas ce Yann T. (bien qu’avec ce que je viens de lire je n’en aie pas très envie), mais j’avais envie de mettre mon petit grain de sel.
Je suis québécoise. J’ai un oncle français marié à une québécoise et qui a deux enfants et qui, je le crois bien, est parfaitement adapté. J’ai un ami dont les parents sont français…et je n’aurais jamais deviné sans qu’il ne me le dise!
L’an prochain, j’irai étudier en France. Un de mes meilleurs amis est français et est prêt à m’accueillir. S’il vient faire de même, il trouvera ici un bel accueil. Parce que jamais il ne parlerait de «maudits québécois» et qu’il ne me vient même pas à l’esprit de traiter un français de «maudit».
Je crois pronfondément que l’imbécilité ne tient pas de l’origine du passeport. Il y a des «maudits» partout, dans tous les pays. Et certaines personnes, mystérieusement (ou non?), semblent plus aptes à en croiser. Lorsque j’en croise un, je change de trottoir. Aussi simple que ça.
Je crois aussi qu’en émigrant, on QUITTE notre pays de naissance. C’est une décision qui se prend avec beaucoup de réflexion. Car il y a toujours moyen de se renseigner pour connaître tous les côtés de la médaille. C’est un choix, il faut l’assumer et je crois bien que la majorité le font. Sinon, il faut rectifier le tir, sans pour autant crier à tous vents notre rancoeur.
Merci d’avoir écrit cette note, c’est bien de voir des gens «défendre» la partie non-«maudite» des français comme des québécois.
Bonjour.
Je suis assez d’accord avec ton article sur l’attitude à avoir avec les autres, qu’ils soient Québécois si tu vas au Québec, ou autre si tu vas dans un autre pays.
Pour mes études, j’ai passé deux ans à Boston. Et que croyez-vous que j’ai rencontré? Les mêmes personnes que tu décris! Quelques Français jamais contents, imbus de leurs petites personnes. Des Yan T., ça pullule partout dans le monde, ça n’a donc absolument rien à voir avec le Québec.
Après ça, il y en a pour s’étonner de la réputation pitoyable des Français dans le monde. Et ça s’est vérifié dans tous les pays que j’ai visité!
J’ai été sur le site de ce type. Bien honnêtement, c’est pas brillant, aussi bien sur la forme que sur le fond. Je pense qu’il y a des journalistes qui s’ennuient et qui prennent n’importe quel sujet. Yann T. n’est pas un sujet à cause des difficultés que vivent les immigrants (comme si cela été spécifique au Canada!), il est un sujet à cause de sa propre personne, de sa haine et de sa fermeture d’esprit.
Qu’il retourne en France, ce fameux pays où les immigrants sont tellement mieux accueillis qu’au Canada!
Enfin, je suis bien contente d’avoir trouvé ton site. C’est bien agréable de savoir qu’il y a des Français qui nous représentent bien au pays de Céline Dion!
Merci Christelle.
Ça ne me surprend pas. Cez en parlait plus haut, des chiâleux dans ce genre, y’en a partout.
Merci pour cet article. J’ai recu tout un choc en lisant quelques articles sur bienvenue-au-quebec.com et cela rassure de constater que beaucoup de Francais(es) parviennent à être heureux ici.
Vive la France.
Eric, un Québécois
[...] n’est malheureusement pas pour tout le monde. Et dans la plupart des cas, c’est souvent une question d’attitude, et une question d’adaptation au choc culturel bien réel que chaque immigrant, qu’il [...]